Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 8 juin 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 8 juin 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est incliné devant la mémoire des victimes des feux de brousse du département de Kaffrine. Cette tragédie s'est déroulée dans un contexte marqué par le désarroi total du monde rural qui n'a pas fini de souffrir le martyre que lui a imposé un pouvoir aux choix désastreux. Le Bureau politique a également projeté un regard panoramique sur l'état de notre pays, caractérisé par une tension permanente et les agissements du PDS, qui continuent d'être le principal facteur de troubles à l'ordre public.

Le fossé entre le peuple et les tenants du pouvoir actuel se creuse davantage, mais ceux-ci poursuivent avec insouciance leur rêve de jouissance et leur volonté de puissance, dans l'arrogance et l'insouciance caractéristiques des fins de règne. Les préoccupations des Sénégalais, qui se manifestent parfois dans des actes marqués par le désespoir, deviennent prétention et suscitent agacement aux yeux de l'Etat-PDS. Quand il daigne évoquer les aspirations du peuple qui l'a élu, le régime de Me Abdoulaye Wade donne dans le dilatoire ou conjugue tout au futur.

C'est le cas du dossier toujours massif de la tragédie du bateau " Le Joola " où, quatre ans après le drame, les pupilles de la nation attendent encore le respect des promesses de l'Etat. En plus, le Gouvernement a recours à la diversion en s'adonnant à la polémique avec une association de victimes dont il avait contribué à la création, pour contrer un collectif jugé à l'époque trop rebelle.

Aujourd'hui en plus des victimes du Joola et des autres laissés pour compte de l'incompétence au pouvoir, des urgences sociales se manifestent dans des secteurs sensibles, comme la Santé et l'Education. La lutte que mènent les syndicats de l'enseignement moyen secondaire n'a jusqu'ici suscité aucune réponse responsable de la part du Gouvernement, qui a choisi de jouer le pourrissement, en hypothéquant dangereusement l'organisation des compositions et des examens, dans des conditions conformes aux normes pédagogiques et académiques.

Par ailleurs, la SENELEC, objet d'une politique gabégique sans précédent prend eau de toutes parts et impose plus que jamais de nombreux délestages qui continuent de mettre en danger la sécurité des populations, de perturber l'activité économique et de freiner l'investissement. En plus, la politique de mobilité urbaine a abouti aujourd'hui à une immobilité lourde de conséquences pour notre pays. Le Bureau politique dénonce à nouveau le calvaire insoutenable que les choix illogiques du pouvoir actuel inflige aux citoyens et aux étrangers vivant parmi nous, qui s'interrogent encore sur le but réel poursuivi, avec la démolition simultanée des infrastructures stratégiques de Dakar.

Les préoccupations électoralistes du Gouvernement de Me Wade plombent la gestion de tous les projets, y compris ceux qui concernent les populations des régions périphériques, comme Ziguinchor et Matam. La route Linguère-Matam risque de demeurer encore un mirage, malgré la double pose de premières pierres effectuée successivement par le Ministre de l'Equipement et par le Président de la République. En effet, les engins fièrement montrés devant les caméras de la télévision de l'Etat-PDS ont disparu. Si le financement du tronçon Linguère-Boulel, (120 kms), a été assuré par la BADEA, la contrepartie de l'Etat du Sénégal n'est pas disponible à ce jour. Il en est de même pour le tronçon Boulel-Matam, (110 kms) que le Fonds koweitien devrait financer. Pendant ce temps, la route du Dièry est dans un état de dégradation avancé, faute d'entretien depuis cinq ans.

C'est dans ce contexte de malgouvernance permanente que le processus électoral à la Wade se déroule sous nos yeux, sans code électoral approprié et consensuel, après le sabotage par le pouvoir des travaux de la Commission ad hoc. Les Sénégalais de l'extérieur n'échappent pas à ces manœuvres, eux qui déroulent une série de plaintes relatives aux inscriptions nébuleuses sur les listes électorales. Des agents des Représentations consulaires ont prétendu représenter le PDS dans les commissions d'inscription, dont les travaux ne dureront pas, selon les prévisions du Gouvernement, plus de 45 jours. A ces délais trop brefs, il faut ajouter les critères absurdes qui imposent aux émigrés la présentation d'une carte d'identité nationale ou d'un extrait de naissance, alors que les pièces maîtresses, pour un Sénégalais de l'extérieur, sont bien le passeport et la carte de séjour. Tout semble indiquer que le Gouvernement organise, là aussi, le blocage des inscriptions, comme il l'a fait pour le monde rural où, à ce stade, le crime est presque parfait. Ces nouvelles mesures discriminatoires confortent le Bureau politique de l'AFP dans sa démarcation totale de la gestion d'un processus électoral frappé d'opacité et marqué par une volonté obstinée de fraudes massives, qui mènent droit à une parodie d'élections.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicita