DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 8 mai 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 08 mai 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné avec attention la situation nationale. Les souffrances vécues, avec dignité, par les Sénégalais, tous âges confondus, traduisent, sans aucun doute, un moment historique dans l'évolution de notre pays. Le coût de la vie est devenu insupportable. Le secteur de l'emploi a presque atteint le niveau du blocage, du fait, essentiellement, de la fermeture d'usines et d'entreprises, sous le double effet d'une fiscalité trop lourde et d'un déficit quasi linéaire en matière d'électricité. Ce climat délétère provoqué par la prolongation du mandat de Me Abdoulaye Wade, à travers des élections frauduleuses qui ont accéléré l'anémie déjà avancée de la démocratie sénégalaise, a produit cette atmosphère pesante, avec une lutte à peine feutrée qui s'est engagée dans les allées du pouvoir et qui tend à contrer ou à soutenir les velléités d'installation d'un duvaliérisme sahélien.

Ce projet porte son corollaire fait de ruse, de manœuvres et de mensonges d'Etat, dans le seul but de favoriser sa réalisation, tout en annihilant les obstacles de nature à l'inhiber. Qui ne se souvient pas des déclarations selon lesquelles le Président ivoirien aurait remis 5 milliards de f CFA, à l'opposition démocratique, il y a quelque temps, lorsque l'université était en ébullition, pour des revendications corporatistes justifiées ? Plus récemment, des laudateurs zélés avaient pernicieusement suggéré la piste de l'opposition, lors de l'attentat contre le Ministère de l'Elevage. L'enquête et les recherches de la police ont abouti à l'identification des vrais auteurs de cet attentat.

Le Bureau politique de l'AFP estime que le pouvoir en place devrait plutôt s'évertuer à décrypter les signaux de désespoir émis par les populations, sur toute l'étendue du territoire national. Le malaise est là, massif et sans ambiguïté possible. Qu'il s'agisse de Matam, Tambacounda, Ouakam, Kolda, ou de Mandat Douane, dans le département de Vélingara, la révolte des populations traduit le ras-le-bol général, face à un gouvernement qui pense que la politique est une fin en soi et que les dossiers prioritaires peuvent toujours attendre, quand le discours peut prendre le dessus sur le quotidien concret.

Tous ces évènements douloureux et dangereux pour la paix civile, reflètent l'éventail pluriel des attentes populaires qui vont de l'Etat de droit à l'équité, de la justice à l'accès à l'eau potable, d'une gestion foncière transparente à une prise en charge responsable des priorités de la jeunesse sénégalaise, qui se rend bien compte que les promesses ne nourrissent jamais personne. L'émigration clandestine, qui était au ralenti pendant l'hiver européen, connaît déjà une recrudescence manifeste, avec l'amélioration des conditions atmosphériques plus favorables à l'aventure atlantique. Et le drame, c'est qu'on ne perçoit guère, de la part du pouvoir en place, la moindre volonté sérieuse de traiter ce mal à la racine, en créant un environnement susceptible de permettre aux millions de jeunes sénégalais désespérés de se fixer dans leur terroir, avec des opportunités palpables.

Même la Fonction publique sénégalaise est aujourd'hui sens dessus dessous, dans des pans importants comme le secteur de l'Education. Ainsi, l'année scolaire est dangereusement menacée, de par la volonté du gouvernement de poursuivre le bras de fer, sans issue, avec les syndicats de l'enseignement. Le Bureau politique de l'AFP engage le régime de Me Wade à négocier sérieusement avec l'Intersyndicale et le CUSEMS, pour éviter une année blanche ou un enseignement au rabais.

Cette mal gouvernance omniprésente continue de provoquer des dégâts multiples et multiformes dans l'économie nationale et dans la société sénégalaise, sans oublier les brèches importantes sur la table des valeurs. Depuis l'indépendance, c'est bien sous l'actuel régime que le président de la République gère, lui-même, le dossier du domaine maritime. C'est bien sous ce pouvoir en place que l'Etat rémunère curieusement des services non faits, notamment dans le nettoiement de Dakar. Qu'en est-il de l'usine de traitement des ordures, pompeusement annoncée, avec le contrat Alcyon ? Le problème est toujours là, avec, notamment, ces millions de sachets en plastique qui envahissent les villes et les villages, avec les nuisances qui en résultent. Ces sachets en plastique attendent d'être substitués par une matière biodégradable, comme c'est déjà le cas dans d'autres pays.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a exprimé sa vive indignation face à l'agression et à la politique de désinformation systématique dont le Parti fait vainement l'objet, de la part du pouvoir en place et sous toutes formes.
Le Bureau politique engage les responsables et les militants à exécuter la feuille de route pour les douze mois à venir, tout en maintenant haut l'étendard de l'AFP, qui ne saurait se délester de la morale, ni de l'éthique. Et c'est la raison pour laquelle, l'AFP et son Secrétaire Général ne fouleront pas les terrains fangeux, pour engager une polémique avec des mythomanes connus et au passé douteux, dont certains constituent, bien souvent, un cas clinique et s'emploient à donner des gages aux tenants du pouvoir actuel.


Fait à Dakar, le 8 mai 2007 

Le Bureau politique de l'AFP