DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 8 janvier 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 08 janvier 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire de Serigne Saliou Mbacké, Khalife général des Mourides, qui a marqué son éminente mission, du sceau de la piété, de la sagesse, de la générosité et du renoncement aux sollicitations terrestres, pour se consacrer exclusivement à la fructification et à la diffusion des enseignements que Cheikh Ahmadou Bamba avait tirés de la Charia et de la Sunna du Prophète Mohamed (PSL).

En cette circonstance douloureuse, le Bureau politique de l'AFP présente ses condoléances émues à la famille du Saint homme, au nouveau Khalife général, Serigne Bara Fadilou Mbacké, aux adeptes de la confrérie mouride et à tous les croyants sénégalais. Par la même occasion, le Bureau politique formule des prières pour que l'héritage de l'illustre disparu continue d'irradier dans notre pays, dans la paix des cœurs, la stabilité et le progrès.

Par ailleurs, à l'occasion du Nouvel An, le Bureau politique présente ses meilleurs vœux, à tous les Sénégalais en espérant qu'en 2008, Me Abdoulaye Wade et son régime acquièrent assez de lucidité pour tirer les conséquences de leur échec multiforme et épargner à notre pays les aventures que le réflexe totalitaire a provoquées un peu partout dans le Tiers-Monde, notamment en Afrique.

Dans cet esprit, des succédanés comme les gesticulations désordonnées et opportunistes autour des Accords de Partenariat Economique, constituent un fonds de commerce dérisoire, au regard de l'immense désastre consécutif à la malgouvernance, à l'essoufflement des principaux moteurs de l'économie nationale et à la demande sociale toujours en attente, qui a dangereusement accru le mécontentement populaire. D'autant que le dossier des APE est un volet figurant dans un ensemble d'autres volets qui sont au centre de négociations internationales entreprises depuis 2003 dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Par ailleurs, la fuite en avant qui consiste à plomber le pays dans des travaux concentrés à Dakar, en convoquant le prétexte d'un Sommet de chefs d'Etat, est un choix aux antipodes des exigences de l'aménagement du territoire et d'un développement équilibré et concerté. Sur ce dossier également, la volonté anesthésiante du régime de Me Wade est manifeste, quand il appelle, de manière démagogique, à la mobilisation des Sénégalais, au lieu de préparer avec sérieux et méthode les dossiers relatifs aux travaux proprement dits du Sommet de l'OCI, sans considération du débat en cours sur les incertitudes évoquées quant à la date de ce sommet et aux conditions dans lesquelles il se tiendrait au Sénégal.

C'est que ce Sommet risque de se tenir dans un contexte où les problèmes économiques et sociaux de notre pays sont aggravés par une régression démocratique continue, voulue et organisée pernicieusement par le régime de Me Wade, qui prétend promouvoir dans ce Sénégal du troisième millénaire, la pensée unique incompatible avec l'esprit et la lettre de notre Constitution.

Après les mascarades électorales de 2007 qui ont engendré des Institutions illégitimes, voilà que les tenants du pouvoir tentent d'organiser des élections de représentativité des organisations de travailleurs, dans des conditions opaques qui en disent long sur leur culture profonde de fraude.

C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP appelle les responsables du Parti et tous les démocrates du pays à une vigilance extrême pour contraindre le pouvoir en place, à respecter la souveraineté populaire, en organisant des élections locales, régulières et transparentes.

S'agissant des prochaines élections locales, prévues en mai 2008, le Bureau politique dénonce avec la dernière énergie, l'approche délictueuse qui consiste à empêcher les citoyens de s'inscrire sur les listes électorales, en bloquant la délivrance des cartes d'identité dites numérisées, indispensables pour la participation effective des citoyens au scrutin.

Pour le Bureau politique de l'AFP, les difficultés que subit le Sénégal dans la vie quotidienne de ses populations ne trouveront de solutions concertées qu'avec la fin de la mal gouvernance et de la gestion erratique du pays. C'est la raison pour laquelle, la tenue des Assises nationales est un choix salutaire pour notre pays.


Fait à Dakar, le 8 janvier 2008 

Le Bureau politique de l'AFP