COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mercredi 07 décembre 2009

 

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le lundi 07 décembre 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant : 

Situation nationale ;

Vie du Parti.

Le Bureau politique de l’AFP a déploré  la situation inquiétante que subit le monde rural. La misère aggravée des paysans est le fait d’une politique sans vision, mise en œuvre depuis une dizaine d’années par le régime de Me Abdoulaye Wade, qui avait proclamé, dès le début de sa prise du pouvoir, sa détermination à faire disparaître définitivement la filière arachidière de l’économie sénégalaise.

Au surplus, la privatisation erratique de la SONACOS, opérée dans une totale opacité et au profit nébuleux d’intérêts étrangers alliés à des complicités locales, conduit le Sénégal, présentement, à un état d’importateur de produits oléagineux pendant que les usines qui produisaient de l’huile à partir de l’arachide sont réduites à devenir des épaves industrielles marquées par le chômage des ouvriers qui les faisaient fonctionner.  

Des politiques de faux-semblants comme la prétendue GOANA ou la nouvelle syndicalisation rurale n’y changeront rien parce qu’il s’agit de palliatifs sonores à effets d’annonce, dans le seul but de faire patienter les populations, sans aucune garantie de leur apporter le moindre soutien dans leurs efforts réguliers tendant à produire de quoi vivre, au-delà de la production de revenus marchands pour entretenir leurs familles, éduquer leurs enfants, se soigner, se déplacer et s’épanouir dans un Sénégal véritablement engagé dans la voie du développement. Depuis plusieurs semaines, alors que le prix officiel du kilo d’arachide a été fixé à 165 francs, les marchés hebdomadaires voient, sur l’ensemble du Bassin arachidier et dans la région de Kolda, des paysans désemparés vendant leurs productions à 100 francs le kilo, perdant ainsi une part importante de ce qui leur est dû après une saison de labeurs, d’efforts et d’espérance.

Pendant ce temps, les actes anti démocratiques se multiplient et se ressemblent, étant posés par un régime en décadence accélérée, qui confond les apparences et la réalité, la démocratie et le populisme sans lendemain. La CENA, qui est l’organe de régulation et de contrôle des élections et dont le statut et le fonctionnement sont gérés, de manière objective, par une loi de la République, se trouve être la nouvelle cible   des appétits de pouvoirs personnels et de dictature du régime en place. Le Président de cette Institution, nommé pour un mandat de six années, ne pouvait quitter ce poste qu’à la suite de sa propre démission ou de sa disparition. Malgré la rigueur et la clarté de la loi, et en violation flagrante de cette loi, le Chef de l’Etat a exigé que le Président de la CENA rende sa démission, au motif qu’il serait contre la personne de Me Abdoulaye Wade et qu’il combattrait le parti de celui-ci, le parti démocratique sénégalais et ses alliés. Ainsi, sans aucun doute, le remplacement du Président de la CENA se fera avec une personne qui devra donner toutes les garanties de docilité partiale et de manque de rigueur, dans le but de pouvoir accepter toutes les compromissions devant permettre à Me Abdoulaye Wade et à son régime de piloter, dans les coulisses et selon leur propre volonté, toutes consultations électorales à venir au Sénégal.  

Le Bureau politique de l’AFP estime que le combat engagé par les démocrates de notre pays doit se poursuivre à l’intérieur comme à l’extérieur, dans un esprit de solidarité qui sera mesuré à l’aune des urgences qui nous interpellent tous.  

Le Sénégal est en danger, plus qu’il ne l’a jamais été. Les scandales financiers succèdent à des injustices flagrantes commises contre le peuple, contre ses intérêts, contre ses droits, contre ses priorités, contre l’éthique républicaine et contre les valeurs de notre pays.  

La mobilisation de toutes les énergies devient un impératif catégorique, en commençant par l’unité sans équivoque de l’opposition regroupée dans la Coalition Bennoo Siggil Senegaal car les changements qui s’annoncent seront nourris à la source républicaine de la Charte de bonne gouvernance issue des Assises nationales, des recommandations qu’elles ont élaborées et des propositions pertinentes formulées par les populations du Sénégal regroupées dans 35 comités départementaux et de la Diaspora et par les commissions thématiques qui ont figuré parmi les principales composantes de ces Assises historiques. 

Le Bureau politique de l’AFP confirme, sous l’éclairage de toutes ces considérations, l’engagement du parti et de ses militants au service du Sénégal de demain qui se construit dès à présent  et d’où seront éradiqués les comportements destructeurs de ceux qui gouvernent aujourd’hui notre pays.

 


Fait à Dakar, le 07 décembre 2009 

Le Bureau politique de l'AFP