COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 7 septembre 2009

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le lundi 7 Septembre 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général.

Le Bureau politique a consacré ses travaux à deux dossiers essentiels, directement liés à la situation nationale : les inondations survenues dans le courant des mois de juillet et août dans la banlieue de Dakar et dans certaines villes du pays, d'une part et, d'autre part l'alourdissement des difficultés vécues par les Sénégalais, en raison des coupures répétées dans la distribution du courant électrique, avec les conséquences déplorables qui en résultent sur la vie des familles, le fonctionnement des hôpitaux et des centres de santé et la sécurité des citoyens.
Sur le dossier des inondations, la conclusion à retenir est que le phénomène ne peut, en aucun cas, être considéré comme surprenant, dès lors que depuis plus de dix années, les populations qui occupent les zones concernées, sont victimes du même phénomène.

Il y a quatre années, Maître Abdoulaye Wade avait décidé de reporter sine die les élections législatives au motif que les 7 milliards de FCFA qui avaient été inscrits au budget pour couvrir les frais entraînés par ce scrutin devaient aller, en priorité, vers une solution définitive de ce problème. En outre, il fit voter des crédits spéciaux de 52 milliards FCFA affectés à un plan Jaxaay, consistant, dans sa substance, à construire des maisons, en nombre suffisant, pour accueillir, dans les meilleures conditions et à des prix accessibles, les familles qui devaient être déplacées des zones inondées , pour être mises à l'abri. Au total, c'est 82 milliards de FCFA qui constituaient le budget final global annoncé par les pouvoirs publics pour éradiquer tout risque d'inondation qui viendrait menacer la sécurité des populations de la ville de Dakar et de certaines autres villes de l'intérieur du pays.

Si, à l'occasion de la saison des pluies de l'année 2009, les populations de la banlieue de Dakar et celles de Ziguinchor, Saint Louis, Kaolack, Diourbel, Vélingara, Rufisque, Touba , Kolda, Matam et Nioro, parmi d'autres subissent, plus profondément que jamais, les effets des dégâts causés par les inondations, l'on ne peut trouver d'autres explications que l'incompétence avérée des autorités publiques à la tête desquelles se trouvent Me Abdoulaye Wade et son régime ainsi que le non respect des engagements pris, auprès des populations ,année après année, dont , en particulier, l'utilisation, à bon escient, des 82 milliards censés avoir été affectés à un tel programme.

Malgré tout, le phénomène des inondations au Sénégal peut être résolu, par l'intelligence des décisions à prendre, la compétence, le sérieux et le savoir faire des services et des hommes chargés de ce dossier et par un constant souci de vérité dans le dialogue à engager avec les populations.

Il s'agit, en réalité, de s'attacher, avec pertinence et avec lucidité, à conduire une étude approfondie du phénomène des inondations, dans leur nature écologique, dans leur origine, dans leur déroulement et dans leurs effets désastreux sur l'économie nationale et sur les conditions de vie des populations. Au fond, c'est une question de générosité de la part de ceux qui gouvernent un pays envers les populations de ce même pays. Il s'agit, aussi, de rechercher les solutions les plus appropriées, au plan technique et opérationnel d'une part, et d'autre part sur la question des ressources à mobiliser, aussi bien à partir du budget national qu'en coopération avec les partenaires au développement, en mettant en œuvre, immédiatement, les mécanismes qui existent déjà au niveau des institutions comme l'Union européenne, l'USAID et le Programme des Nations Unies pour le Développement( PNUD), toutes dotées de moyens adéquats et rapidement mobilisables, à la seule condition que les fonds alloués soient gérés dans la transparence la plus totale, hors de portée de tous risques de corruption et de détournement desdits fonds. Ce qui impliquera, naturellement, un contrôle quotidien de l'utilisation de ces fonds par les organismes donateurs.

Il s'agit, en effet, comme préalable à toute démarche utile dans le sens des objectifs visés, que les pouvoirs publics prennent conscience de ce qu'à l'instar d'autres pays frappés par le même phénomène, toute solution est possible à partir d'une volonté politique confirmée qui mette en priorité la sécurité et les droits des populations, et tout cela bien loin des considérations de politique politicienne et des comportements de propagande fondée sur des contre vérités, des banalités, des promesses sans lendemain et une absence totale de conviction vers l'intérêt public.

Sous l'éclairage de cette analyse, le Bureau politique de l'AFP s'associe sans réserve à l'élan de solidarité nationale suscitée chez les patriotes et les démocrates de ce pays par le spectacle désolant créé par les inondations, avec des familles entières qui pataugent dans la boue et vivent au milieu des eaux, avec des possibilités réduites de s'installer ailleurs, tellement sont dérisoires les alternatives qui leur sont présentées, avec des semblants de relogement faits à la hâte, sans aucune assistance qui soit à la hauteur des urgences et des besoins. L'on sait que ce secteur est déjà envahi par des pratiques de trafic, de combine et de surenchère, les rares maisons promises aux victimes des inondations étant parfois, affectées à des individus ne vivant pas dans ces zones et qui les revendent à des prix faramineux.

C'est pourquoi le Bureau politique de l'AFP engage vivement Me Abdoulaye Wade et son régime à prendre ce dossier à bras le corps, sans faux-fuyants et sans hésitation, en évitant de s'arrêter à la simple annonce de crédits spéciaux pour 2 milliards de FCFA, montant nettement insuffisant pour faire face au phénomène, et sans oublier de prévoir dans le programme à mettre en œuvre les autres villes de l'intérieur du pays frappées par les inondations.

Il faut aussi souligner que pendant la longue période où le prix du baril de pétrole, après une hausse regrettée par tous les consommateurs, avaient évolué vers une baisse drastique d'au moins deux tiers des prix précédents, les Sénégalais avaient continué de payer les mêmes montants fort élevés pour acquérir des produits pétroliers, d'une part, et , d'autre part ,pour payer des factures d'électricité qui ont atteint, présentement, le double de leurs montants antérieurs. Qu'est devenu le renoncement annoncé, il y a quelques mois, à la hausse de 8 % , à la suite des manifestations organisées par les Imams de la banlieue ?

Le Bureau politique de l'AFP a également étudié, en profondeur, la question des coupures répétées, intempestives et désastreuses de l'électricité , actes qui marquent l'espace de la distribution du courant dans les familles, les usines, les entreprises, les ateliers, les hôpitaux et centres de santé, les écoles de formation et d'autres secteurs qui jouent un rôle vital dans l'économie sénégalaise.

Il y a lieu de rappeler que Me Abdoulaye Wade avait pris l'engagement ferme qu'à la date impérative du 15 Octobre 2006, il n'y aurait plus de délestage au Sénégal. C'était au 1er semestre de la même année. Evidemment, comme beaucoup d'autres des promesses qui avaient été faites concernant d'autres secteurs de la vie des Sénégalais, près de trois années plus tard, les dégâts persistent du fait de la quasi généralisation des délestages. En septembre 2009, voilà que les prix des produits pétroliers viennent de subir une hausse subite sans précédent, en l'absence de toute explication envers les populations. Les conséquences de cette hausse sur les populations seront incalculables.

Cette catastrophe des prix de l'énergie, ajoutée à la quasi non disponibilité de l'électricité dont les populations ont si grandement besoin, a provoqué, en ce mois de septembre 2009, un désarroi et un bouleversement que les Sénégalais n'ont jamais connus dans leur vie de tous les jours, surtout en cette période très sensible du Ramadan où tout semble manquer.

Pour ce qui concerne les délestages, et puisqu'il s'agit d'approvisionner la SENELEC en produits pétroliers de qualité contrôlée et en quantité suffisante, selon une planification rationnelle des besoins mensuels en gasoil et en fuel, Me Abdoulaye Wade et son régime ont l'obligation de prendre les dispositions nécessaires pour que les contrats de fourniture de ces produits soient négociés et passés avec des partenaires fiables, sans antécédents véreux, conformément au code des marchés en vigueur au Sénégal, et dans le plein respect des principes de l'éthique républicaine.

Aucun autre raisonnement ne saurait convaincre les Sénégalais d'une quelconque bonne volonté de Me Abdoulaye Wade et de son régime allant vers un règlement définitif et économiquement cohérent de la question de la fourniture de l'énergie au Sénégal, facteur premier et incontournable de développement et de modernité.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP, dans la dernière partie de sa réunion, a évoqué la situation politique intérieure, en termes de respect des règles de base de la démocratie participative et, aussi, de protection des libertés individuelles et collectives. La parution récente du dernier ouvrage de M. Abdou Latif Coulibaly, Contes et Mécomptes de l'ANOCI et le traitement que semblent vouloir lui réserver certains milieux du pouvoir ou d'alliés au pouvoir en place, illustrent bien la détérioration des espaces de liberté au Sénégal. Ce que les Sénégalais attendent des pouvoirs en place, c'est bien des réponses claires aux questions graves que pose l'ouvrage de M. Abdou Latif Coulibaly. Le débat public citoyen requiert, en effet, objectivité, souci de transparence, loyauté et reconnaissance vis-à-vis de tous les citoyens qui luttent pour le triomphe de la vérité et pour l'observation des principes de bonne gestion du bien public, combat dans lequel s'est engagé, avec courage et détermination, M. Abdou Latif Coulibaly, journaliste d'investigations et citoyen patriote. Il est du devoir de tous les Sénégalais qui se sont mis au service de la démocratie, pour aujourd'hui et demain, dans notre pays, de lui apporter soutien et encouragements ainsi qu'à tous ceux qui, à des niveaux et avec des moyens divers, ont pris la décision de servir l'intérêt général et de défendre les droits du peuple face à l'arbitraire, à la corruption, à la dépréciation des mœurs et des comportements publics, afin que le Sénégal retrouve, dans les délais les plus courts, le lustre qui était le sien, en Afrique et dans le monde.


Fait à Dakar, le 7 septembre 2009 

Le Bureau politique de l'AFP