Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Vendredi, 07 avril 2006


Le Bureau politique de l'Aliance des Forces de Progrès s'est réuni le vendredi 07 avril 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.


Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale marquée cette semaine par la célébration du 46è anniversaire de l'accession de notre pays à la souveraineté internationale. Les cérémonies et le rituel déroulés à l'occasion de cet événement sont un miroir grossissant des tares du régime de Me Abdoulaye Wade, qui a fini de convaincre les Sénégalais et tous les observateurs objectifs de son incompétence et de son incapacité dramatique à prendre en charge les priorités les plus criardes de notre pays.

L'allocution servie par le Président de la République, le soir du 3 avril 2006, apparaît comme un mauvais devoir d'étudiant qui évoque successivement quelques mots-clés, pour mieux organiser l'esquive et l'impasse sur les attentes de l'écrasante majorité des Sénégalais. Un des paradoxes- et pas des moindres- est assurément l'évocation du panafricanisme et du bon voisinage, alors que les tenants du pouvoir sont les uniques destructeurs de la cohésion et de l'unité nationales. L'allusion appuyée au Président Senghor tombe également comme un cheveu dans la soupe car, avec Maître Wade, le rayonnement de notre pays est conjugué au passé et le monde rural fait l'objet d'un mépris total.

D'ailleurs, aucun Sénégalais n'échappe à ce mépris et à cette arrogance puisque, pour Me Wade, il est normal que nous en soyons, docilement, en 2006, à l'ère de la bougie, car nos compatriotes croiraient en lui. Le monde irréel dans lequel baigne Me Wade ne lui permet guère de mesurer l'ampleur et la profondeur du mécontentement populaire dû à la déception provoquée par l'affairisme, la corruption et l'enrichissement illicite, qui s'étalent au grand jour. Dans son allocution du 3 avril, Me Wade déroule sa conception étriquée de la bonne gouvernance qui, pour lui, se limite à une administration au service des usagers. Et non seulement nous en sommes loin, mais une opacité totale entoure la gestion des deniers publics, comme le révèlent la privatisation de la Sonacos et la surprenante faillite des Ics.

En outre, les problèmes liés au fonctionnement de la justice, tels que le soulignent les magistrats, les greffiers et les avocats, constituent une entrave sérieuse à l'environnement des affaires et aux investissements dont l'afflux n'existe que dans l'imaginaire de Me Wade. Les coupures d'électricité et d'eau aggravent la situation, tout en augmentant la prévalence des maladies hydriques au sein de populations déshéritées, pour qui le liquide précieux est inaccessible. Les paysans, les femmes, les jeunes, les personnes du troisième âge et les travailleurs paient un lourd tribut à ces errements qui ouvrent des perspectives de plus en plus sombres. Plus de six ans après le 19 mars 2000, le Président de la République en est encore au stade d'idées et de projets, comme si le temps s'était figé. C'est la raison pour laquelle le système éducatif, par exemple, continue d'envoyer des signaux de détresse, face aux problèmes qui ne trouvent pas de solution.

La diplomatie sénégalaise n'échappe pas aux turpitudes des tenants du pouvoir qui, à l'occasion de la fête nationale du 4 avril, ont étalé leur incompétence et leur indélicatesse. La téranga sénégalaise, hier comme aujourd'hui, ne saurait être modulée en fonction de pétrodollars attendus. Le Bureau politique de l'Afp condamne le traitement discriminatoire dont certains chefs d'Etat ont été victimes. De même, il ne saurait accepter que la dignité de notre pays soit mise en mal par un hôte qui n'a pas hésité à remettre en cause des dispositions de notre Charte fondamentale, et ce devant la représentation parlementaire. L'idée extravagante de présidence à vie, qui n'a certainement pas surgi ex nihilo, est à mettre en rapport avec un processus électoral opaque, conduit depuis plusieurs années en fonction des intérêts des tenants du pouvoir, qui refusent obstinément de respecter la souveraineté du peuple.

Le Bureau politique de l'Afp tient à faire savoir à Me Wade et à son clan que leur coup de force programmé est voué inéluctablement à l'échec, car il s'inscrit à contre-courant du mouvement historique qui, partout dans le monde, porte aujourd'hui la démocratie. La fin lamentable du dictateur libérien et de son régime devrait faire réfléchir plus d'un.

Le Bureau politique de l'Afp invite les responsables et militants du parti à participer massivement à la résistance qui s'articule autour du plan d'actions de la Coalition Populaire pour l'Alternative (C.P.A.), qui a conçu pour notre pays un programme national de redressement, dans la perspective d'un développement concerté. Les harcèlements fascisants contre le camarade Amath Dansokho et l'Opposition démocratique resteront vains face à la détermination des patriotes et des démocrates, qui ne sauraient accepter la mise à mort de notre démocratie, encore moins par des médiocres ayant érigé la violence et les contre-valeurs en système de gouvernement.




 

Fait à Dakar, le vendredi 07 avril 2006

Le Bureau politique de l' AFP