DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 6 novembre 2007

 

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le mardi 06 novembre 2007, sous la présidence de M. Coumba Ndoffène Bouna Diouf, Secrétaire National chargé des Syndicats et des Comités d’Entreprises, en l’absence du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, autour de l’ordre du jour suivant :

  1. Situation nationale ;
  2. Vie du parti.

Le Bureau politique a examiné la situation critique du pays, conséquence de la mal gouvernance maintes fois dénoncée, et qui a conduit le chef de l’Etat, dans un discours à la Nation, à annoncer des mesures sans que tous les  contours des problèmes auxquels les Sénégalais sont confrontés soient cernés et clairement exposés, appelant le peuple sénégalais à une solidarité en faveur des populations les plus défavorisées, confrontées qu’elles sont à la cherté de la vie.

N’est-ce pas Maître Abdoulaye Wade qui déclarait, à qui voulait le croire, que des ressources financières immenses étaient disponibles et qu’il n’attendait que des projets lui soient soumis pour les financer ?

Le Bureau politique de l’AFP, pour avoir maintes fois tiré la sonnette d’alarme dans ses communiqués et déclarations, estime que cette situation du pays n’est pas surprenante.

Le Secrétaire général de l’AFP, M. Moustapha Niasse, lors de son allocution du 16 juin 2007, avait attiré l’attention des Sénégalais sur les conséquences désastreuses que faisait courir cette manière bien cavalière de gérer l’économie. Le Secrétaire général avait surtout regretté :

  1. un déficit budgétaire de plus en plus important ;
  2. une inflation galopante du coût des dépenses de consommation courante (transport, logement, frais médicaux, alimentation) ;
  3. une dette intérieure  de plusieurs centaines de milliards de francs CFA supportée pour l’essentiel par le système bancaire ;
  4. un affairisme et une corruption sans précédent pour le Sénégal.

Cette situation n’est pas non plus surprenante pour l’opposition, regroupée au sein du «Front Siggil Senegaal » dont l’AFP est membre, qui a invité à des assises nationales pour le diagnostic des maux du Sénégal, afin de leur prescrire la thérapie qui sied.

Emmuré qu’il a toujours été dans un Sénégal virtuel, Maitre Wade, après avoir fait sourde oreille à l’appel à la concertation la plus large possible, vient de se rendre compte de la situation réelle du pays : une situation explosive aux plans économique, financier, social et moral.

Ce réveil brutal a conduit le chef de l’Etat à prendre des décisions sans analyse concertée avec ses collaborateurs ; attitude d’ailleurs maladroitement confirmée par son Premier ministre, dans sa déclaration devant la presse : « Le Président de la République a travaillé toute la nuit, a arrêté des décisions qu’il m’a demandé, en Conseil des ministres, de mettre en application ». Cet aveu d’impuissance du Premier ministre traduit le malaise de l’administration républicaine, dont les principes et règles sont totalement ignorés par le chef de l’Etat.

Le Bureau politique félicite les centrales syndicales pour leur vigilance et leur constance dans la défense du pouvoir d’achat des travailleurs en particulier et des populations défavorisées en général.

Le Bureau politique de l’AFP est convaincu que des solutions existent, dans la concertation la plus large possible avec tous les acteurs économiques et politiques du pays, dans la responsabilisation des compétences dont dispose le Sénégal pour aider, dans un désintéressement total, le pays à sortir du marasme dans lequel l’a plongé le régime libéral. Au reste, le Secrétaire général de l’AFP, dans l’interview accordée à deux organes de la place, a abondé dans le même sens. C’est pourquoi le Bureau politique de l’AFP loue son sens patriotique et le félicite pour cette position courageuse qui illustre, encore, son sens élevé de l’Etat et des responsabilités.

Dans la perspective de cette concertation, le Bureau politique de l’AFP exige l’instauration d’un climat de confiance entre les différents acteurs, de franchise du gouvernement dans ses déclarations en évitant de bercer d’illusions et de chimères les populations qui aspirent à un mieux être. Le Bureau politique estime que, si rien n’est fait dans ce sens, la situation continuera à s’empirer.

Le Bureau politique de l’AFP pense que, dans cette recherche de solutions à la situation du pays, le chef de l’Etat, subséquemment à ses intentions annoncées de réduction de la taille du gouvernement et de certains salaires inconcevablement augmentés, doit envisager d’autres mesures telles que : renoncer à l’achat d’un nouvel avion présidentiel à 60 milliards et d’un Challenger à 35 milliards ; réduire le nombre de représentations diplomatiques du Sénégal ; mettre un terme au fonctionnement du CRAES ; supprimer le Sénat et les agences qui font doublon avec des départements ministériels techniques ; surseoir à la construction de l’aéroport et utiliser les Fonds jusqu’alors collectés dans le cadre de la solidarité avec les populations les plus défavorisées et, en conséquence de tout cela, revoir le projet de budget soumis à l’examen du parlement.

Examinant le second point de son ordre du jour, le Bureau politique, après avoir approuvé le programme d’activités du Mouvement National des Femmes de l’Espoir et du Progrès (MOUNFEP), du Mouvement National des Jeunes du Progrès et des Alliances, a exhorté les structures du parti à se mobiliser pour la mise en œuvre de ces programmes, avec comme objectif  l’éveil des consciences et l’éducation des populations.

Enfin, le Bureau politique de l’AFP tient à féliciter la camarade Mata Sy Diallo pour avoir rappelé les valeurs de dignité et d’honneur qui fondent son engagement politique.


Fait à Dakar, le 6 novembre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP