COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mercredi 6 juillet 2011

Le projet de réforme constitutionnelle, initié par le Président Abdoulaye WADE et qui voulait consacrer l’installation définitive de notre pays dans un système monarcho- républicain, ainsi que les urgences de toutes sortes qui talonnent les Sénégalais, préoccupent les membres de L’Alliance des Forces de Progrès.

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès constate que les événements des 23 et 27 juin 2011 sont riches en «leçons de choses» : c’est le temps des bouleversements, des interrogations, des remises en cause où chaque Sénégalais sent, éprouve, sait que la machine sociale se détraque. Autant les événements du 23 juin ont eu comme motif la volonté farouche du peuple de combattre l’arbitraire, la dictature, autant ceux du 27 juin ont traduit le ras-le-bol des populations devant les délestages récurrents. Le Bureau politique de l’AFP note que le gouvernement du Sénégal - particulièrement le ministère de l’Energie - porte l’entière responsabilité de ce qui est arrivé.

Malgré tout, le Bureau politique affirme avec force que les biens publics comme privés sont sacrés.

S’agissant toujours des événements du 27 juin, il est regrettable que certaines autorités de l’Etat aient cru devoir faire appel à des Forces de sécurité non nationales. Le Bureau politique rappelle que le Sénégal a toujours mis en avant la nécessité, pour tout Etat responsable d’avoir, avec tous les Etats et les partenaires au développement dont il partage les mêmes idéaux de démocratie, de liberté et de paix, des relations de concorde partagée et de respect mutuel. Le Bureau politique reste convaincu que les problèmes intérieurs du Sénégal ne peuvent avoir de solution que nationale.

Il est vrai que, après douze ans de «gouvernance sopi» ponctuée par des atteintes croissantes à l’intégrité des personnes, au fonctionnement régulier de la Justice et au droit d’expression, la généralisation de ce qui fait mal a amplifié le réveil des populations sénégalaises. Il ne fait aucun doute que la journée de mobilisation du peuple, le 23 juin 2011, est la traduction historique des capacités de réaction des Sénégalais pour refuser l’inacceptable et de s’organiser pour récupérer la souveraineté nationale, lorsque les dérives anti républicaines menacent, gravement, les institutions qui tiennent les équilibres de l’Etat et les bases du salut de la nation.

Le Bureau politique de l’AFP loue l’effort consenti par l’ensemble du Peuple sénégalais pour se réapproprier voire réactiver les symboles de la tradition démocratique, en faisant face à l’arrogance, à l’irresponsabilité et à la suffisance des membres d’un régime en train de faire les derniers plis de son linceul. Le Bureau politique salue la mobilisation exceptionnelle des jeunes et des femmes du Sénégal, ainsi que celle des dirigeants des partis politiques, de la société civile, des travailleurs et des paysans, des intellectuels, dans cette croisade nationale et frontale contre la mal-gouvernance et les violations répétées de la Constitution.

Le Bureau politique de l’AFP exhorte tous les défenseurs de la démocratie et de l’Etat de droit à barrer la route aux fossoyeurs de la démocratie. L’AFP estime que lorsqu’un gouvernement est incapable d’établir l’autorité sans arbitraire, qu’il s’illusionne sur la capacité de riposte et d’initiative des Sénégalais, qu’un Président de la République agit sans consulter, décide sans expliquer et tranche sans avoir fait l’effort de parvenir à un accord, la volonté de dialogue doit être une préoccupation lointaine car, avec WADE, il faut toujours protester et réclamer, dès lors qu’il décide seul.

L’Alliance des Forces de Progrès considère que le Président WADE a introduit dans ses relations avec l’opposition non seulement une hostilité personnelle, mais un désaccord profond sur la manière de voir l’avenir de la société sénégalaise et de gérer la communauté nationale. C’est pourquoi, l’Alliance des Forces de Progrès entend mobiliser tous ses membres dans une posture d’affrontement sans concession, en prenant conscience des risques et en assumant ses responsabilités. En tout état de cause, l’AFP entend demeurer, comme elle l’a toujours fait, en première ligne dans le combat pour les libertés.

Le Bureau politique invite toutes les Forces vives à faire preuve de vigilance et de détermination sans faille pour pousser Abdoulaye WADE à respecter notre Charte fondamentale, la Constitution, qui régit l’équilibre et le fonctionnement de tous les ordres de pouvoir en reconnaissant, dès à présent, qu’il ne peut être candidat à l’élection présidentielle de 2012.

La vérité est en marche !

 

Fait à Dakar, le 6 juillet 2011 

Le Bureau politique de l'AFP