COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 6 janvier 2009

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le Mardi 06 janvier 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à une analyse de la situation nationale en ce début d’année 2009 où tous les clignotants restent rouges, malgré un discours officiel qui se veut rassurant, voire anesthésiant. Le message que Me Wade a adressé à la Nation le 31 décembre 2008 est une banale excroissance de la stratégie connue du camouflage, ce qui a conduit à une analyse tronquée, ponctuée d’interprétations arbitraires, avec des omissions pour le moins inattendues.  

Au moment où l’homme qui a tourné le dos au 19 mars 2000 se livrait à son exercice, bouillonnaient dans sa tête les évènements tragiques de Kédougou, la crise profonde que traverse l’Ecole sénégalaise, les cris de détresse de tous les citoyens victimes de son pouvoir personnel qui a remis en cause les libertés, l’Etat de droit et la dévolution transparente du pouvoir, en n’hésitant pas à recourir illégalement à la violence d’Etat pour protéger des intérêts privés. C’est pour ces mêmes raisons que la vie de milliers de pèlerins a été mise en danger par le gouvernement de Me Wade qui, par son laxisme criminel, a failli, à chaque rotation, imposer à la Nation une nouvelle catastrophe, en recourant à des avions dont l’âge et l’état défient toutes les normes de sécurité.

En ce qui concerne les dossiers évoqués superficiellement par Me Wade, lors de son message à la Nation, l’approche est révélatrice des méthodes du régime en place, qui est incapable de se départir de la ruse, même lors des moments solennels. En convoquant abusivement la conjoncture mondiale difficile, Me Wade fait semblant de se tromper de dates et de chiffres, parce que l’effondrement de l’économie nationale est antérieur à tous les facteurs exogènes, comme le prix du baril et la crise financière internationale. En plus, il est curieux que l’adresse à la Nation ait fait l’impasse sur la chute spectaculaire du prix du baril qui, au 31 décembre 2008, était passé en dessous de 40 dollars. Au-delà des considérations vagues sur des lieux communs, les Sénégalais en attendent des retombées directes dans leur vie quotidienne, d’autant plus que les cours mondiaux des céréales ont baissé. Si l’erreur est humaine, elle a plusieurs visages et noms qui ne se limitent pas à ceux d’un ex-ministre du Budget. En l’occurrence, l’humilité commandait un gros plan sur Me Wade lui-même, principal responsable de l’anémie des finances publiques parasitées par des manquements, dont les prétendus dépassements budgétaires. 

Le véritable problème c’est que non seulement Me Wade n’aime pas l’orthodoxie budgétaire, mais ses priorités n’ont rien à voir avec ceux du peuple sénégalais. Il n’est donc pas étonnant que les dossiers tour à tour évoqués soient plombés par ce désordre  et cette opacité. La baisse du prix de l’électricité distribuée par la SENELEC ne sera pas proportionnelle à celle des produits pétroliers parce que cette entreprise connaît une gestion nébuleuse et un déficit chronique dont le financement est imposé aux populations, aux entreprises et aux artisans. 

Quant au monde rural, il est à croire que sa gestion est imprégnée de la persévérance diabolicum, quand on veut mettre sur le crédit d’une GOANA virtuelle 370.000 tonnes de riz et 726.037 tonnes d’arachide, chiffres dont la fiabilité est fort douteuse, du reste. Il convient de classer dans le même registre le plan REVA, déjà conjugué au passé ce qui pouvait amener à espérer qu’une partie du cauchemar était dépassée. Par ailleurs, le prix dérisoire, 165 f le kilo, est passé sous silence. En plus, les grands dossiers des secteurs sociaux aussi stratégiques que l’éducation, l’emploi et la santé ne sont pas traités avec la profondeur et le sérieux requis. Par exemple, le problème de la santé au Sénégal ne se résume pas à l’assainissement de la gestion hospitalière.

Perseverare diabolicum avons-nous entendu ? Et pourtant nous avons eu droit à un délire débordant, avec des cascades de projets loufoques, eu égard à la conjoncture connue et à l’attractivité quasi-nulle du Sénégal sous Me Wade : 400 entreprises annoncées pour les prochaines cinq années, vague sortie d’une vague de 10.000  voitures, sous le coup d’on ne sait quelle baguette magique, le plus grand «port de la côte Atlantique», après la fabrication au Sénégal d’avions gros porteurs et l’ouverture de l’Aéroport international Blaise Diagne qui a eu lieu depuis 2005 ! Sans parler de la centrale thermonucléaire qui est imminente, prévue quelque part dans le Sud, peut-être dans le Nord-Est. Et au moment où nous contemplons notre corniche, «la plus belle d’Afrique», les routes de l’intérieur sont dans un état de délabrement avancé, freinant ainsi la valorisation des produits des régions périphériques et réduisant à néant les efforts titanesques des populations pour s’en sortir.  

C’est la raison pour laquelle celles-ci se sentent concernées au plus haut point par le dossier des élections locales que le régime en place entend manipuler, comme les mascarades successives de 2007. Le tripatouillage scandaleux du Code électoral, avec la complexité d’une soi-disant   Assemblée nationale, est un pas de plus vers la domestication de notre démocratie. Les aveux d’un expert membre de la mouvance présidentielle n’ont rien apporté, que l’opposition patriotique n’ait déjà dit, qu’il s’agisse du fichier piégé, de l’absence de biométrie, des bureaux fictifs ou des votes multiples. A bon droit, le Bureau politique de l’AFP a toujours parlé des cartes dites numérisées. 

Bref, le message de Me Wade à la Nation a confirmé l’impéritie, l’impuissance et l’échec multiforme d’un régime qui n’a plus qu’un souci essentiel : adapter ses choix fantasques, ses errements et ses réflexes dictatoriaux à l’ère du temps, pour tenter de gérer la colère du peuple et l’opinion internationale. Les outils du pouvoir en place restent les mêmes : violence multiforme, désinformation, promesses mirobolantes, corruption. Mais les Sénégalais ont compris aujourd’hui que leur destin est entre leurs mains. Il ne reste plus qu’à payer le prix de la libération qui sera proportionnel à l’aveuglement des tenants du pouvoir. L’histoire se répétera, car ses poubelles accueilleront de nouveaux ex-apprentis dictateurs.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, Le Bureau politique de l’AFP a apprécié la rencontre AFP-APR du vendredi 2 janvier 2009, qui se situe positivement dans le cadre de l’élargissement de l’opposition patriotique à toutes les forces qui s’opposent à la politique de ruine nationale de Me Wade. Le Bureau politique de l’AFP apprécie également à sa juste valeur l’apport de l’opposition parlementaire et d’autres patriotes qui ont décidé de coller aux intérêts du peuple.

C’est dans ce contexte que le Bureau politique de l’AFP a engagé les responsables et les militants, à quelque niveau qu’ils se situent à respecter le calendrier de renouvellement des instances de base, en direction du Congrès du Parti, qui sera un grand moment de rassemblement et de réformes, pour hisser l’AFP à la hauteur des ambitions des Sénégalais, pour un Sénégal dirigé autrement et mieux.   


Fait à Dakar, le 6 janvier 2009

Le Bureau politique de l'AFP