DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 5 février 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale, qui continue à se détériorer au fil des semaines sans que le pouvoir en place daigne prendre l'exacte mesure de la crise qui n'épargne aucun secteur de la vie nationale. Aujourd'hui, l'agriculture, la santé, l'éducation, l'emploi des jeunes le logement et la flambée des prix sont les dossiers urgents qui affectent directement la vie des Sénégalais, alors que le gouvernement de Me Wade n'a visiblement aucune idée de ce qu'il convient de faire, pour trouver des solutions concrètes.

La paupérisation accélérée des couches les plus démunies concerne tout d'abord le monde rural, qui constitue l'écrasante majorité que les tenants du pouvoir continuent d'ignorer, dans un silence à la limite d'un mépris, que seule l'insouciance laisse habiter chez des personnes censées être à même de prendre en charge les préoccupations des populations. Incapables de faire écho aux impératifs du secteur, les pseudo-libéraux semblent attendre l'apparition des premières victimes de la faim pour prendre les mesures appropriées, dans le cadre d'un programme d'aide planifié et transparent.

La même insouciance prévaut dans le système éducatif qui, dans le contexte de la mondialisation comporte des enjeux stratégiques relatifs, notamment, à la formation des ressources humaines à même de mener le combat pour un développement concerté et équilibré. Le délabrement continu de l'enseignement au Sénégal est illustré par des grèves récurrentes, comme celle de l'Intersyndicale qui s'apprête à observer un débrayage de six jours. Les réformes précipitées et mal conçues ajoutent au climat délétère, notamment dans les Centres Universitaires Régionaux, qui en font les frais. Au même moment, la déperdition scolaire s'aggrave, alors qu'aucune politique sérieuse n'est consacrée aux écoles de formation.

A ces problèmes sociaux, il faut ajouter les maux qui frappent le système démocratique sénégalais, au moment où, Me Abdoulaye Wade prétend maladroitement jouer les bons offices au Kenya. Il est évident que, loin d'obéir à des stratégies de développement, le nouveau découpage territorial est une nouvelle illustration du réflexe viscéralement politicien du pouvoir actuel qui, depuis avril 2000, a, pour principal objectif, la confiscation de la souveraineté des Sénégalais. Les fraudeurs zélés du Ministère de l'Intérieur se sont empressés d'annoncer l'annulation de 545.000 cartes d'électeurs, comme conséquence immédiate de leurs propres choix. Quand on se rappelle la rétention délictueuse et modulée des cartes d'électeurs, lors de la mascarade de février 2007 qui a naturellement engendré des Institutions illégitimes, on est fondé à se demander si l'Etat PDS n'est pas en train d'asseoir les bases de nouvelles forfaitures.

Déjà, l'évaluation des chiffres relatifs à la fausse révision exceptionnelle des listes électorales laisse apparaître au grand jour des bizarreries qui en disent long sur la culture de fraude qui habite ceux qui ont en charge l'organisation des prochaines élections locales. Par exemple, dans la région de Kaolack, les chiffres concernant les localités suivantes sont assez éloquents : il s'agit des communes de Kaolack, de Ndoffane, de Kahone, de Gandiaye, des arrondissements de Sibassor, de Ndiedieng et de Koumbal. Dans toutes ces localités réunies, il y a eu à peine 11 nouveaux inscrits, alors que le nombre de modifications s'élève à 647. Le plus curieux, c'est que quelque 85% de ces modifications redéploient les demandeurs dans une même localité, à savoir Malicounda. La première conclusion qui s'impose, c'est le détournement du principe de révision des listes électorales, au service d'une nouvelle manipulation du fichier et de la carte électorale, aux fins de les adapter à la nature des élections locales et aux intérêts du parti-Etat.

Le Bureau politique de l'AFP dénonce avec la dernière énergie les prémices d'une nouvelle mascarade qui se prépare, pour une réédition de la fraude électronique à grande échelle. Une fois de plus, il plaide pour la création d'une Commission Nationale Indépendante (CENI) et en appelle à la résistance conjuguée des populations directement concernées et à tous les démocrates de notre pays, pour faire face avec détermination à la volonté affichée du pouvoir de confisquer la souveraineté des citoyens.

C'est ce même esprit qui sous-tend le projet de Maître Abdoulaye Wade lui-même et de son gouvernement, qui rêvent d'arracher, à la communauté chrétienne du Sénégal, plusieurs hectares du cimetière Saint Lazare de Béthanie à Dakar, ce qui constitue une première au Sénégal. Pour l'AFP, un tel projet doit être combattu avec vigueur par tous les croyants de notre pays, chrétiens et musulmans confondus, parce qu'il s'agit là d'une agression contre la mémoire de nos morts et contre la dignité de leurs familles. Personne ne pouvait imaginer que la boulimie foncière qui habite le pouvoir actuel allait s'étendre jusqu'aux lieux de sépulture de nos morts.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adopté le calendrier d'installation des comités électoraux locaux, sur toute l'étendue du territoire national. Par ailleurs, la prochaine Assemblée générale régionale se tiendra à Kolda le 16 février 2008, sous la présidence du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse. Ces deux types d'activités illustrent la volonté de l'AFP de mobiliser toutes les bases du Parti, pour coller aux préoccupations des populations, tout en organisant, avec méthode et vigilance, la surveillance du processus électoral, dans toutes ses phases.


Fait à Dakar, le 5 février 2008 

Le Bureau politique de l'AFP