COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 4 octobre 2010

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 04 octobre 2010, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur National, en l’absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

1. – situation nationale ;
2. – vie du Parti.


Le Bureau politique de l’AFP a examiné avec attention la situation nationale qui inspire angoisse et interrogations multiples. Le Sénégal d’aujourd’hui ressemble à un bateau ivre qui, à force de tanguer au milieu des écueils, s’enfonce dans la turbulence des flots, face à l’impuissance d’un capitaine et d’un équipage totalement désemparés. Parés de tous les attributs extérieurs de leurs fonctions, dix ans après, ils semblent toujours éblouis par les ors dont ils ont toujours rêvé, sans jamais y croire. Paralysés par leurs besoins toujours accrus de richesses terrestres, ils continuent, à partir de leurs positions de pouvoir, de s’adonner à leur jeu singulier, l’accaparement du bien public au profit d’un clan qui a irrémédiablement perdu prise avec la réalité.

La liste ahurissante des attributaires des semences initialement destinées aux paysans montre éloquemment la nature d’un régime dont les principaux hommes qui l’animent ont rompu définitivement avec la morale républicaine, la morale tout court. Cette nouvelle forfaiture au détriment du monde rural et de l’économie nationale est le prolongement des abus qui ont présidé à la mise en branle tapageuse de la GOANA, qui a entraîné la confiscation des terres des vrais paysans, au profit d’une nouvelle caste dont la voracité est inédite.

Ce développement de la corruption se déroule sur fonds d’émeutes touchant des localités inattendues, révélant ainsi un ras-le-bol général qui s’exprime de plus en plus vigoureusement sur toute l’étendue du territoire national. Les délestages interminables et les pénuries récentes de gaz auraient conduit n’importe quel homme d’Etat authentique à rendre son tablier, pour incompétence caractérisée, avec la corruption comme facteur aggravant.

Alors que tous les observateurs s’accordaient pour s’étonner des compétences trop étendues sur les frêles épaules de Wade fils, voilà que le père lui confie le secteur de l’énergie, dont il a contribué au naufrage, étant entendu que son nez n’est jamais loin, partout où ça sent le soufre. La stratégie est désormais bien rôdée : ne jamais rendre compte, et conquérir toujours de nouveaux territoires. Qu’importent les scandales de l’ANOCI, les prêts importants et inquiétants contractés dans des conditions non élucidées !

Pendant ce temps, les dossiers prioritaires concernant directement les populations sont royalement ignorés. La santé des Sénégalais est à l’image des hôpitaux du pays qui exhibent le vieillissement de leurs équipements, l’obsolescence des plateaux médicaux, le manque de moyens d’intervention de pointe, tels que le scanner et l’imagerie médicale en général. A cela s’ajoutent la raréfaction des cliniques et services spécialisés, l’insuffisance de laboratoires d’analyses médicales.

Au lieu de s’évertuer à corriger ces déficits criards, le gouvernement de Me Wade s’emploie plutôt à remettre en question les acquis, en refusant de régler le dossier lancinant de l’endettement chronique de l’Etat vis-à-vis des hôpitaux et en promouvant le recrutement complaisant de personnels pléthoriques et non formés, pour satisfaire une clientèle partisane. En plus, les évacuations sanitaires sur l’Europe se multiplient, grevant davantage les équilibres d’un Trésor public déjà exsangue, à cause du gaspillage inouï, dont d’interminables voyages inutiles et coûteux.

Mais, dans ce secteur de la santé, l’énigme principale demeure les chantiers des hôpitaux de Fatick, Ziguinchor et Kolda suspendus de fait, depuis dix ans, avec l’arrivée des prédateurs qui n’hésitent pas à exercer partout leur funeste art, même dans ce dossier ultra sensible où le moindre manquement peut coûter des vies humaines.

Abordant le second point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a engagé les responsables et militants à assurer, dans les meilleurs délais possibles, une bonne diffusion de la circulaire n° 27 du Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, qui explique, entre autres, les procédures relatives au renouvellement des instances du Parti, avant le Congrès du 15 janvier 2011. Le Bureau politique engage tous les militants à s’en tenir à la lettre et à l’esprit de cette circulaire pour assurer une bonne tenue de ce rendez-vous capital pour les forces de progrès dans un contexte où le renforcement du camp des patriotes est une priorité vitale.


Fait à Dakar, le 4 octobre 2010 

Le Bureau politique de l'AFP