Communiqué de la réunion du Bureau politique de L'AFP 

Jeudi 4 octobre 2006

 


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le mercredi 4 octobre 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu tout d'abord à adresser ses vives félicitations au Secrétaire Général du parti, M. Moustapha Niasse, qui est en train de participer, aux premières loges, aux manifestations et cérémonies commémorant le Centième Anniversaire de la Naissance du Président Léopold Sédar Senghor. Il s'agit, notamment, du Colloque de Caen et de Verson, en Normandie, le 5 octobre, sur la vie et l'œuvre du Président Senghor. Déjà, existait la Place Senghor. La Sculpture Senghor va être inaugurée. Le lundi 9 octobre prochain, M. Moustapha Niasse assistera également, en présence des autorités françaises, à l'inauguration de la Passerelle Léopold Sédar Senghor, sur la Seine, à Paris.

Abordant la situation nationale, le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur certains dossiers de l'heure qui reflètent les menaces qui pèsent sur l'avenir immédiat de notre pays. La rentrée scolaire et universitaire, l'émigration clandestine, la Casamance et la régression démocratique en cours ont particulièrement retenu l'attention des membres du Bureau politique.

En ce qui concerne le système éducatif sénégalais, la réalité est loin des chiffres fièrement brandis par les tenants du pouvoir, qui s'efforcent, comme d'habitude, de masquer les difficultés, à des fins électoralistes. De plus en plus, la nature et l'ampleur des obstacles que connaît l'Ecole sénégalaise, mettent à nu la manipulation qui se cache derrière les 40 % du budget alloués à l'Education. Les enseignants du secondaire et les corps dits émergents attendent toujours du Gouvernement qu'il mette fin à une discrimination inacceptable, notamment sur le point relatif à l'indemnité de logement. A l'Université Cheikh Anta Diop également, les violences qui ont accompagné les codifications ne sont que la conséquence de sureffectifs et d'insuffisances d'infrastructures, pour accueillir correctement les étudiants. Ces mêmes carences sont observées dans le ratio enseignants-enseignés, ce qui provoque la faiblesse de l'encadrement et le taux d'échecs trop élevé.

Le Bureau politique de l'AFP dénonce le pilotage à vue qui frappe de plein fouet la jeunesse sénégalaise. En plus des étudiants et des élèves, les émigrés clandestins constituent l'expression d'un drame qui n'est que la conséquence d'une politique de l'emploi inexistante, dans un contexte de marasme. C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP condamne avec la dernière énergie les violences physiques exercées par les autorités sénégalaises sur les rapatriés d'Espagne, qui ont déjà subi une violence morale, avec des déchirures psychologiques incommensurables.

A ce jour, aucune mesure concrète dans le sens de l'aménagement du territoire n'a été prise par les tenants du pouvoir, qui continuent de se réfugier dans le verbe, les promesses et les projets pharaoniques sans lendemain. Les régions, plus particulièrement celles qui sont périphériques, continuent de payer un lourd tribut à ce manque de vision et cette incompétence caractérisée. Quatre ans après le naufrage du Joola, la Casamance et Ziguinchor attendent encore les navires répondant à tous les critères de capacité en passagers et en fret, dans des conditions de sécurité conformes aux normes internationales.

Malgré ces échecs graves doublés des crises minières, énergétiques et rurales, le gouvernement de Maître Wade fait semblant de plastronner en baptisant le Sénégal meurtri " meilleur pays d'Afrique ". Le comble c'est le processus électoral plombé par la volonté du pouvoir actuel de se maintenir à tout prix, en ignorant la volonté des Sénégalais. Aujourd'hui, avec le manque de transparence, la vitrine démocratique n'est pas seulement embuée. Elle est sur le point de voler en éclats. Après l'avalanche de décisions unilatérales prises par son gouvernement, Maître Wade lui-même clame urbi e orbi qu'il lui appartient d'imposer le système électoral susceptible de protéger les intérêts de son camp. Des dossiers aussi massus que ceux du fichier électoral et du Code électoral sont toujours pendants, à moins de cinq mois des élections générales. Par ailleurs, la RTS est plus que jamais accaparée par les tenants du pouvoir et l'Organe de régulation des médias n'est toujours pas opérationnel, ni au plan des moyens financiers et logistiques, ni au plan des pouvoirs. En plus la procédure de désignation de ses membres est sujette à caution.

Le Bureau politique de l'AFP engage l'ensemble des forces politiques et des démocrates à demeurer vigilants, pour sauver la démocratie sénégalaise et la stabilité de notre pays.

 


Fait à Dakar, le 4 octobre 2006 

Le Bureau politique de l'AFP