DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 4 septembre 2007

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le mardi 4 septembre 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général de l'AFP, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a passé en revue les graves problèmes de l'heure qui ne semblent guère intéresser le gouvernement de Me Wade, pour qui vacances riment avec insouciance. Pendant que les populations, toutes couches confondues, sont confrontées avec d'innombrables difficultés, le pouvoir actuel continue son exercice impossible, en tentant de manipuler l'opinion et de travestir le réel. Les prétendus grands travaux du Chef de l'Etat, avec leurs bizarreries concentrées dans Dakar, n'arrivent pas à occulter la demande d'infrastructures dans le pays, la mauvaise qualité des routes, le manque de pistes de production et toutes les conséquences économiques et sociales qui se résument à travers une constante massive : l'appauvrissement de notre pays et de ses populations.

Touché de plein fouet par les errements récurrents du pouvoir actuel, le monde rural se débat dans la disette, voire des poches inquiétantes de famine, sans pour autant que le gouvernement de Me Wade ne daigne lui porter assistance, en urgence. Victime d'un condensé de choix désastreux, les paysans sénégalais connaîtront encore une baisse de la production, c'est-à-dire une nouvelle dégradation de leurs conditions de vie et une diminution de leurs revenus. L'objectif d'une production d'un million de tonnes de maïs, ainsi que le Plan REVA ne sont que l'expression d'une duperie de plus, destinée à entretenir un espoir, dont la mort a été programmée dès le 19 mars 2000.

C'est ce monde rural qui subit, comme les populations urbaines et périurbaines une flambée des prix sans précédent dans l'histoire du Sénégal indépendant. A la veille du mois béni du Ramadan, les problèmes sociaux seront encore plus sensibles. En outre, la prochaine rentrée scolaire et universitaire est d'ores et déjà placée sous le signe de la tension avec, notamment, les moyens mal répartis de l'Education nationale et l'asphyxie financière de l'UCAD, dont les effectifs pléthoriques rendent les conditions d'études de plus en plus difficiles. Quant à nos hôpitaux et autres structures sanitaires le dénuement quasi général frise la démission, au moment où les personnels sont démotivés par les promesses non tenues, dans un contexte où le paludisme, la tuberculose et le choléra connaissent une recrudescence préoccupante. Hélas, pour le ministre de la Santé, il n'y a rien de nouveau sous les cieux, à partir du moment où il a dégagé sa responsabilité. Non seulement les hôpitaux de Fatick et de Ziguinchor qui devaient ouvrir leurs portes depuis longtemps restent fermés, mais la boulimie foncière ambiante fait peser des menaces sérieuses sur l'hôpital Le Dantec. Pour d'autres hôpitaux comme Abass Ndao la mauvaise gestion est un nouveau facteur asphyxiant. Il est inutile de rappeler les recrutements de complaisance çà et là, sur des bases politiciennes, qui grèvent les budgets et imposent des personnels non qualifiés.

La demande sociale relative au logement est actualisée, en cette période d'hivernage par les inondations qui frappent plusieurs localités à travers le pays. Kaffrine est en train de payer un lourd tribut, en déplorant déjà un mort. L'extension du Plan Jaxaay aux autres régions du pays n'est qu'un leurre, dans la mesure où ledit plan a été un échec total, qui porte les stigmates de la mal gouvernance et de l'opacité.

C'est cette même opacité qui caractérise la gestion, pourtant simple de l'acquisition de bateaux, pour assurer la liaison maritime Dakar-Ziguinchor. Le Willis, bateau inadapté s'il en fut, a interrompu ses rotations et, cinq ans après la tragédie du Joola, le gouvernement de Me Wade est toujours incapable de régler le dossier du désenclavement de la partie sud de notre pays. La solution farfelue qui a consisté à affréter des Ndiaga Ndiaye et des bus Tata a connu un échec cuisant, dès l'amorce de l'exécution de ce projet. On se rappelle l'histoire des ânes que le ministère de l'Environnement avait affectés à plusieurs localités du pays, pour enlever, disait-on, les ordures ménagères.

C'est ce tableau général peu reluisant, sur fond de misère endémique, qui pousse des milliers de jeunes à affronter la mer avec des moyens dérisoires, pour se livrer à l'émigration clandestine, vers d'autres horizons réputés plus cléments. Cette jeunesse fuit son pays, parce qu'elle se rend compte de l'inexistence de toute perspective d'amélioration de son sort, face à un gouvernement illégitime, conséquence directe d'élections frauduleuses. Et le régime de l'alternance porte l'entière responsabilité des décès, par noyade, de ces Sénégalais.

A cet égard, le rapport que vient de publier la CENA de Me Wade est une succession d'aveux distillés dans un salmigondis de circonlocutions faussement prudentes. En effet, comment peut-on considérer comme des vétilles, la confection de la carte électorale, la rétention organisée des cartes d'électeurs et les procès-verbaux non sécurisés, qui ont été au cœur du dispositif de fraudes de l'Etat Pds ? Cette nouvelle attitude de la CENA conforte le Bureau politique de l'AFP dans son exigence d'une CENI, pour mettre définitivement hors d'état de nuire les fraudeurs du ministère de l'Intérieur et tous leurs complices.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a fait des recommandations pertinentes aux organisateurs du Séminaire consacré aux missions des Commissaires politiques, dans le cadre de la vente des cartes du parti, sous la présidence du Secrétaire Général, Moustapha Niasse. L'AFP poursuivra l'exécution méthodique de son programme d'activités, malgré les cris d'orfraie des mercenaires et autres intrigants impénitents, qui tentent vainement de ternir l'image de l'homme d'Etat Moustapha Niasse, dont la grande ambition pour le Sénégal est plus que jamais d'actualité. Le combat de l'AFP est sous-tendu, comme tous les combats justes, par la vérité, mère de tous les progrès.


Fait à Dakar, le 4 septembre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP