DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 04 mars 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 04 mars 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire du camarade Louis DACOSTA, qui, sa vie durant, a porté haut l'étendard de nos valeurs, dans la dignité et dans la fidélité, tout en faisant montre, au cœur des nombreuses épreuves qu'il a traversées, d'un courage granitique. Homme d'honneur, Louis DACOSTA nous a légué l'exemple d'une vie bien remplie, jalonnée de faits et de choix toujours empreints d'une profonde générosité qui cohabitait avec l'homme de refus qu'il a toujours été. A sa veuve éplorée, à ses enfants et à toute sa famille, le Bureau politique de l'AFP présente ses condoléances attristées, en élevant une prière fervente pour que Dieu le couvre de Sa Miséricorde infinie.

Le Bureau politique a ensuite procédé à des échanges approfondis sur les derniers développements de la situation nationale, où le fossé se creuse entre le temps du régime de Me Wade et celui du peuple sénégalais éprouvé par une paupérisation accélérée, consécutive à l'incapacité du régime actuel à répertorier et à traiter les urgences avec méthode et efficacité. La récente démolition nocturne du stade Assane Diouf résume, à elle seule, tous les maux du Sénégal. Tout y est : l'opacité dans le choix des projets et des entreprises, le montant et la destination des fonds collectés, la relation plus qu'hypothétique avec l'intérêt général, particulièrement, celui des populations environnantes. Et la prétendue enquête annoncée par Me Wade n'est qu'une expression de plus d'un style de gouvernance sous-tendu par la ruse et le ponce-pilatisme.

Au-delà des infrastructures qui sont les cibles de la boulimie foncière ambiante, le Bureau politique de l'AFP évalue dans leur gravité les conséquences de cette avalanche de forfaitures sur l'avenir du Sénégal et le legs négatif par rapport aux générations futures.

Dans le même sillage, la préparation du prochain Sommet de l'OCI porte l'empreinte de cette impéritie, de cette nébulosité et du gaspillage ambiants. Il n'est pas besoin d'aller chercher loin pour identifier les responsables du retard des travaux destinés officiellement à l'hébergement de nos hôtes. Les milliards qui seront engloutis pour, entre autres, louer des bateaux-hôtels expriment une insouciance indécente, eu égard aux nombreuses difficultés qui asphyxient les populations, toutes couches confondues. L'ébullition du front social n'est que la traduction, encore floue du profond mécontentement qui habite les Sénégalais, à l'exclusion de la nouvelle caste de prédateurs qui ont tendance à confondre leur embonpoint émergent avec un Sénégal émergent, qui n'existe que dans leurs constructions irresponsables.

Dans les Universités, comme dans les hôpitaux publics, sans oublier une nébuleuse telle que Dakar Dem Dikk, les actes de résistance se multiplient, marquant ainsi la cristallisation d'un écheveau que seule la lucidité pourra démêler, à condition qu'elle ne soit pas tardive. En reconnaissant enfin la tragédie encore silencieuse qui ronge le monde rural, le gouvernement de Me Wade nous rappelle les fameux bons impayés, dont l'existence a été niée pendant des années, de trop nombreuses années.

A ce stade, le Bureau politique de l'AFP estime qu'au-delà des enjeux économiques et sociaux, c'est la stabilité de notre pays et la paix civile qui sont gravement menacées, du fait de l'incurie des tenants du pouvoir, obstinés dans leur refus de se départir de leur arrogance suicidaire et de leur culte du parti-Etat. Le gazon bleu posé à quelques encablures de l'aéroport Léopold Sédar Senghor est non seulement la manifestation de troubles du comportement, mais également l'illustration de la déchéance de la République, sous l'ère des pseudo-libéraux qui mettent abusivement dans l'escarcelle de leur formation politique les produits de l'argent public. C'est intolérable, même si cela s'arrêtait au niveau des symboles.

C'est dans ce contexte qu'un Ministre de l'Intérieur partisan, qui traîne un lourd passif de mascarade électorale intégrale organise des élections locales déjà marquées du sceau de la fraude, avec la nouvelle manipulation du fichier électoral, au moyen des nombreux transferts délictueux d'électeurs qui n'ont rien à voir avec les localités où ils prétendent effectuer leurs votes multiples, en leur qualité de mercenaires voltigeurs. C'est pourquoi, le Bureau politique de l'AFP tient Me Abdoulaye Wade lui-même et ses fraudeurs appointés, pour responsables directs de tout incident consécutif à une nouvelle violation de la loi électorale. Quant à la CENA, le Bureau politique l'invite à user de la loi pour briser ses chaînes et exercer, dans leur plénitude, ses importantes prérogatives qui, à la vérité, en font un co-gestionnaire approprié du processus électoral.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a procédé à une évaluation d'étape des négociations à la base, pour l'élaboration des listes de candidatures, dans le cadre de la Coalition And Siggil Senegaal. Le Bureau politique invite les responsables et les militants de l'AFP à continuer à faire preuve d'ouverture, mais en tenant compte des réalités du terrain et tout cela dans la clarté.


Fait à Dakar, le 04 mars 2008 

Le Bureau politique de l'AFP