COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 03 février 2009

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le Mardi 03 février 2009, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l’absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale toujours caractérisée par une crise exacerbée, qui étale ses tentacules dans les domaines économique, social, politique, moral et culturel. Le Sénégal est devenu l’otage d’un pouvoir autoritaire au bout du rouleau, désespérément accroché à un projet monarchique qui préside à toutes ses priorités et tous ses choix.

C’est ainsi qu’au milieu du deuil qui a frappé le peuple sénégalais, avec la disparition du Maodo des Maodos, le Président Mamadou Dia, le régime en place a sorti de son chapeau, tel un magicien en mal d’inspiration, une affaire montée de toutes pièces, dans un style grossier qui reflète fidèlement la mentalité et les réflexes brutaux de ceux qui nous gouvernent et qui ne savent guère se hisser au-dessus des marécages fangeux. Le Bureau politique de l’AFP condamne avec la dernière énergie le réflexe dictatorial du gouvernement de Me Wade qui s’illustre chaque jour dans les actes posés.

Il en est de même de l’arrestation arbitraire de M. Ousseynou Faye, architecte et membre de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal. Ce citoyen a eu pour seul tort de revendiquer ses droits, dans le cadre d’un processus électoral parasité par quelques délinquants notoires qui, à toutes les étapes font du zèle en violant honteusement la loi électorale, pour organiser la fraude en faveur du parti-Etat, le PDS et ses satellites gavés par les sacrifices inhumains imposés aux Sénégalais. Le Bureau politique dénonce les intimidations dont certains camarades ont fait l’objet. Par exemple Babacar Ngaraf Mbaye, comme le journaliste El Malick Seck, est une victime de plus de la régression démocratique en cours.

Par ailleurs, les populations meurtries de Kédougou continuent de payer au prix fort l’expression des revendications légitimes qu’ils ont formulées lors d’une marche, pour dénoncer des contrats nébuleux préjudiciables à l’intérêt général.

Le régime en place ne s’encombre même plus d’une couche superficielle de vernis démocratique. C’est la raison pour laquelle les députés Moustapha Cissé Lô et Mbaye Ndiaye ont été extirpés de l’Assemblée nationale, sans que les responsables directs ou indirects de cette forfaiture soient capables d’avancer le moindre argument juridique sérieux. C’est dans la même veine qu’il faut classer le piétinement du calendrier électoral, les tripatouillages de la Constitution et du Code électoral, dans un pays où, à diverses reprises, le chef de l’Etat lui-même a donné le la pour la condamnation, le non-lieu ou l’élargissement d’un justiciable. 

C’est bien dans ce contexte que les listes de candidats relatives aux élections locales ont fait l’objet de manipulations, dans l’illégalité totale, avec la complicité de certains éléments de l’Administration territoriale, sollicités directement par les tricheurs qui trônent au sommet de l’Etat. Les mascarades de 2007 ne seront plus tolérées. En ce qui concerne la fiabilité du fichier, par exemple, la prétendue biométrie est un leurre qui a coûté des dizaines de milliards au contribuable sénégalais. Les sommes colossales englouties, ont-elles été perdues pour tout le monde ?  En tout état de cause, le Bureau politique de l’AFP engage l’ensemble des camarades du Parti et de la Coalition de l’opposition démocratique à redoubler de vigilance, en faisant preuve d’une fermeté et d’une détermination sans faille, pour organiser la riposte appropriée face aux délinquants, à quelque niveau qu’ils se situent.

Toutes ces dérives occupent l’essentiel des énergies des tenants du pouvoir, alors que l’économie nationale continue d’aller à vau-l’eau et que les pénuries comme celles du gaz se poursuivent. Les finances publiques frappées de plein fouet par la mal gouvernance et le gaspillage effréné auquel se livre le gouvernement de Me Wade n’arrivent pas à surmonter leur anémie. La dette intérieure que Me Wade s’était engagé à éponger continue de plomber l’avenir de nombre d’entreprises qui sont sur le point de mettre la clef sous le paillasson.

On comprend donc aisément l’absence quasi-totale de financement de la campagne de commercialisation agricole par les banques, qui ne font plus confiance à l’Etat. Plus que jamais, le régime en place installe les paysans sénégalais dans un processus intolérable de paupérisation, alors qu’ils fournissent des efforts surhumains pour assurer la production dans des conditions difficiles, sans aucune assistance de la part des pouvoirs publics. Vouloir, dans ce contexte, accuser le Conseil national de Concertation des Ruraux (CNCR) de subversion, relève du procès en sorcellerie et de la diversion. Les paysans sénégalais ont bien identifié leurs bourreaux qui veulent les soumettre au régime des bons impayés.

Le Bureau politique de l’AFP exprime sa solidarité avec leurs combats futurs et avec ceux des enseignants, des étudiants, des élèves, des travailleurs de la Santé et de la Justice qui sont déterminés à s’opposer aux politiques meurtrières d’un pouvoir incapable de satisfaire, dans la clarté et la transparence, des revendications légitimes. Vouloir en rajouter en instituant une redevance sur l’utilisation du réseau de télécommunications (Rutel) relève et du manque de générosité et de l’incompétence.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a entendu différents comptes rendus relatifs aux travaux de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal d’une part et d’autre part, aux Assises nationales. Le Bureau politique adresse ses vives félicitations à l’ensemble des camarades qui ont représenté le Parti dans les commissions thématiques, les plénières et les différentes instances des Assises nationales, dont le déroulement confirme, assurément, la pertinence d’une initiative qui est allée à la rencontre du peuple et de ses aspirations.

Le Sénégal vaincra !


Fait à Dakar, le 03 février 2009

Le Bureau politique de l'AFP