COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mercredi 3 mars 2010

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mercredi 03 mars 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale, toujours parasitée par le schéma illogique et illégitime que Me Wade, ivre d'un pouvoir dont il ne connait ni la nature ni les limites, tente désespérément d'imposer aux Sénégalais. Dans un monologue qui ressemble souvent à un délire incohérent, Me Wade ne révèle qu'une constante : son incapacité à appréhender le réel et à se départir de son obsession d'organiser une dévolution monarchique du pouvoir. Caché dans sa coquille, il reste sourd aux mouvements de l'histoire, aux aspirations vraies d'un peuple, dont la patience a des limites et qui continue de subir un discours arrogant, empreint d'un mépris profond pour les Sénégalais.

Dans un tel contexte, comment s'étonner que M. Pape Diop, Président du Sénat, nommé par un décret présidentiel, et qui s'est retrouvé, du jour au lendemain, dans les habits trop amples pour lui, de deuxième personnage de l'Etat, adopte un langage ordurier, tiré des bas-fonds de l'indignité, très loin de la rigueur morale inhérente aux traditions et aux exigences de la République ? Le problème qui est posé est simple. Il s'agit de constater, comme le soleil de midi, les comportements inquiétants d'un homme sensé respecter et faire respecter la Constitution, dans son esprit comme dans sa lettre et qui se révèle chaque jour incapable d'accomplir ses missions, en préservant le précieux acquis de la cohésion nationale. Et en République, celui qui incarne une institution devrait sacrifier à l'obligation morale de transparence, notamment en matière de bulletin de santé, quand M. Abdoulaye Wade se contente d'annoncer qu'il a la force physique et la forme d'un jeune homme de 28 ans, selon sa propre expression.

Le Bureau politique estime que, malgré la pudeur que charrie ce sujet, nul ne saurait se soustraire à une telle exigence, du fait des conséquences liées à l'intérêt général. Le problème n'est donc ni privé, ni personnel. Les dérives verbales proches de l'hystérie ne sauraient occulter ces évidences. En tout état de cause, Dieu le Tout-Puissant n'a délégué à aucun mortel ses pouvoirs, fût-il un mégalomane qui rêve dangereusement d'Absolu.

Ces considérations amènent le Bureau politique de l'AFP à exiger de Me Wade à se décider plutôt à prendre en charge les aspirations non négociables des populations qui ne peuvent plus continuer à subir indéfiniment les lubies d'un régime animé par des hommes embourbés dans la mal gouvernance, l'affairisme débordant et la corruption systémique dont les conséquences ont un impact direct sur la vie quotidienne, notamment l'insupportable coût de la vie. Ces données que nul n'ignore dans le Sénégal d'aujourd'hui, constituent le moteur qui chauffe à feu continu le front social, baromètre sans complaisance d'un malaise et d'un ras-le-bol généralisés qui n'épargnent aucun segment de la population, y compris celui des thuriféraires impénitents qui ont vendu leur âme au diable, au propre comme au figuré.

Qu'il s'agisse des travailleurs de la Fonction publique comme du secteur privé, des manifestations et des grèves sont organisées au quotidien, sur toute l'étendue du territoire national. La plupart sont dues aux tergiversations et au manque de rigueur d'un gouvernement qui a baissé les bras, à force de tirer indéfiniment sur la corde raide, qui ne lui permet plus de se livrer à sa guise à la ruse, au mensonge d'Etat et à la diversion. Le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité aux travailleurs de Dakar Dem-Dikk victimes de l'opacité congénitale de cette entreprise, à ceux des secteurs de la Santé, de l'Education et des grands corps de l'Etat qui mènent un combat juste pour défendre leurs droits.

En ce qui concerne les espaces fonciers dont la restitution à l'Etat est prévue dans le cadre des mesures de retrait des Forces françaises présentes au Sénégal, l'AFP lance un appel pressant pour que les intérêts des populations en proie aux inondations et au déficit de logements soient pris en compte, au lieu de penser à un palais pour le prince.

En plus des aspects sociaux qui préoccupent les Sénégalais, le Bureau politique de l'AFP exprime sa vive préoccupation quant à la volonté réelle du gouvernement de Me Wade de conduire un processus électoral transparent, qui respecte le choix souverain des Sénégalais dans le cadre d'un système électoral pensé par tous les acteurs concernés. Cet objectif ne peut être atteint sans une large concertation organisée par une commission cellulaire présidée par une personnalité indépendante et consensuelle. C'est dans cet esprit que doit être audité le fichier frauduleux que les tenants du pouvoir continuent de manipuler, pour l'adapter à la nature des prochaines échéances électorales. Le Bureau politique de l'AFP engage Me Wade lui-même à donner sans délai une suite à sa déclaration du 31 décembre 2009 relative à l'audit du fichier électoral, avec la coopération des Experts de l'Union européenne.

Sans ces exigences minimales, le réveil risque d'être brutal pour des apprentis autocrates incapables de tirer des leçons d'une histoire pourtant récente et dont les prolongements rythmeront fatalement notre futur immédiat. Le Bureau politique invite les responsables et les militants du Parti à tous les niveaux, à se joindre aux démocrates et aux patriotes, pour donner, en temps utile, leur contribution au défrichage du champ où les sujets de l'Histoire prendront en main leur propre destin.

 


Fait à Dakar, le 3 mars 2010 

Le Bureau politique de l'AFP