COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 3 janvier 2011

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 3 janvier 2011, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

A – situation nationale ;
B – vie du Parti.

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale et les perspectives, à la lumière du bilan de l’année 2010 effectué par les uns et les autres, avec des variantes qui plongent dans un océan de contrevérités, quand on écoute M. Wade dérouler avec aplomb son Sénégal virtuel, quasi-paradisiaque.

Il lui aura fallu dix minutes, dix longues minutes pour essayer de nous convaincre que le 3è Festival Mondial des Arts Nègres a été un succès. Autrement dit, nous n’avons pas observé le même Festival avec une débauche de gaspillage, de couacs qui ont traduit un manque de vision, de savoir-faire et d’ouverture. Les enquêteurs de demain se chargeront d’éclairer notre lanterne sur ces nouvelles dépenses extravagantes et opaques des deniers publics.

Le Festival Mondial des Arts Nègres des Wade est un contre argument de plus qui démolit la convocation opportuniste des facteurs exogènes liés à la crise mondiale, pour expliquer l’état lamentable dans lequel ils ont plongé notre pays et ses habitants. Quand l’indigence inédite du discours se mêle au tissu de contrevérités, cela donne des affirmations grossières du genre «nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire». En plus, qui profite des 15 F CFA de subvention alloués au kilo de l’arachide, si les paysans bradent leurs récoltes entre 80 et 115 F CFA. La menace brandie par Wade contre les intermédiaires véreux relève donc d’une mise en scène de mauvais goût, dans le prolongement du Syndicat national des Agriculteurs et Eleveurs du Sénégal, qui est l’expression de la volonté manifeste de caporalisation du monde rural.

C’est ce Sénégal dont les paysans sont appauvris qui atteindrait l’émergence, avec un tissu industriel délabré, à l’image des ICS et de la SENELEC dont le pillage a été effectué par des affidés du régime en place. Au plan social, l’éducation et la santé poursuivent leur douloureuse agonie, que ne saurait guère occulter la valse des chiffres officiels. Les Sénégalais sont surtout anéantis par la vie chère, les inondations, les surtaxes qui frappent notamment les hydrocarbures et le problème du logement qui a ouvert une nouvelle niche de corruption, avec la double escroquerie du plan Jaaxaay, une des voies innombrables vers l’enrichissement sans cause et prétexte historique pour bouleverser frauduleusement le calendrier électoral.

A propos du dossier des élections, malgré le discours anesthésiant, le Bureau politique engage les responsables et les militants de l’AFP, à tous les niveaux, à redoubler de vigilance et à organiser, avec les autres forces démocratiques, la lutte contre la fraude. L’étape de la révision des listes électorales qui commence en ce mois de janvier est crucial, car la mobilisation méthodique doit être de rigueur pour surveiller les activités des Commissions administratives et favoriser l’inscription massive des électeurs, notamment des jeunes qui sont ou seront en âge de voter le 26 février 2012. Pour un Sénégal stable, Wade a intérêt à organiser des élections transparentes et sincères en renvoyant les fraudeurs zélés du Ministère de l’Intérieur et en traitant en profondeur le douloureux conflit de Casamance qui est un des révélateurs de l’inquiétant isolement diplomatique du Sénégal.


Fait à Dakar, le 3 janvier 2011 

Le Bureau politique de l'AFP