DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 02 juillet 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 02 juillet 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du parti.

Le Bureau politique de l'AFP, au cours de sa réunion hebdomadaire, a examiné, avec toute l'attention nécessaire, les données objectives qui caractérisent la situation qui prévaut au Sénégal, en ce début de la saison d'hivernage, à la fin d'une année scolaire qui a connu de graves dysfonctionnements et au moment où de plus en plus les questions politiques ont tendance à passer au devant de la scène, au détriment d'une prise en charge responsable des réalités économiques et des urgences sociales.

C'est que, pour l'AFP, le régime de Maître Abdoulaye Wade ne peut ni ne doit pouvoir continuer de tromper les populations autour de comportements faits d'effets d'annonces sans lendemain, de scandales étouffés dans divers secteurs de l'économie du pays, de querelles incessantes sur des idées ou des schémas de succession à la tête de l'Etat, alors que l'existence d'un CRAES inutile et le retour inopportun d'un Sénat que rien ne justifie jettent le trouble et la confusion dans l'espace des institutions de la République.

Dans l'analyse de cette situation, le Bureau politique de l'AFP a tenu à mettre l'accent sur des actes posés par le pouvoir, durant les semaines écoulées et qui portent un grave préjudice à notre pays. Il s'agit notamment du dossier de la plateforme de Diamniadio, qui était porteuse d'un élan réel d'espoir pour les populations des régions de Dakar et de Thiès, du dossier encore nébuleux de la concession du terminal de conteneurs au Port Autonome de Dakar, du développement des crimes de sang, avec les assassinats répétés de jeunes Sénégalais et de la présence, sur le territoire national, de criminels transnationaux de la drogue, fléau que confirment des prises répétées et avec des quantités faramineuses, ce qui a tendance à vouloir faire du Sénégal une plateforme de choix dans ce domaine de la délinquance transfrontalière.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP n'a pas manqué, face à l'augmentation des effets de la pauvreté qui sévit dans les villes et dans les campagnes, de mettre un accent particulier sur l'absence totale d'appui de la part du régime de Maître Abdoulaye Wade en faveur du monde rural. Manque de revenus et d'emplois, routes dégradées, vols de bétail, chômage et déchets scolaires s'ajoutent à l'émigration clandestine.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP, convaincu que la victoire du peuple sur les forces de la régression sera celle de toutes les couches sociales de la nation, a pris les dispositions nécessaires pour contribuer puissamment à la consolidation de la lutte résolument entreprise et mettre fin au régime de Maître Abdoulaye Wade, en s'appuyant sur les valeurs sénégalaises du diom, de la kersa et du takku liguèye.

La génération dite du concret et ses parrains viennent encore de se signaler par une cascade de forfaitures dont l'affaire de la plateforme de Diamniadio n'est pas la moindre. Au lieu de fournir au peuple sénégalais des explications claires, le gouvernement de Me Wade se livre à des développements vaseux qui ne sauraient faire oublier une réalité têtue : l'Etat du Sénégal a été arrimé à des préoccupations et à des intérêts privés. En renonçant avec tact mais fermeté à financer le projet, les Américains n'ont fait que tirer les conséquences de pratiques aux antipodes de la transparence corroborées par cette nouvelle nébuleuse de "zone économique intégrée spéciale", en appliquant les dispositions pertinentes de l'AGOA. La Dubaï mania en vogue livrera un jour ses secrets, quelles que soient les manœuvres en cours pour mettre fin à la continuité de la République et au caractère impersonnel des lois et règlements de notre pays.

En plus, les nouvelles dérives auxquelles les Sénégalais assistent, stupéfaits, révèlent ladite génération du concret telle qu'elle est, c'est-à-dire, un groupement qui prospère dans la concussion. Naturellement, le traitement de la demande sociale dans notre pays en pâtit, parce que les dossiers liés à l'emploi, à l'inflation, à la santé, à l'éducation, au logement et à l'environnement sont relégués au second plan, le tout enrobé dans un verbiage où la mauvaise foi et la volonté de manipulation sont permanentes.

Et les actes de corruption doivent cesser ainsi que l'irresponsabilité.

Si le pouvoir assimile l'émigration clandestine à une nouvelle traite négrière, il lui appartient d'ouvrir aux jeunes des perspectives réelles qui les amènent à renoncer à la dramatique aventure atlantique. Si l'hôpital Le Dantec agonise en voyant ses services fonctionner au ralenti, voire fermer, la solution logique n'est pas de le "remplacer", mais de le réhabiliter, tout en construisant ailleurs d'autres hôpitaux, pour améliorer la couverture sanitaire de notre pays au service des populations, en dehors, de toute préoccupation affairiste autour du foncier. Si la flambée des prix continue de plus belle, elle ne sera pas stoppée par des déclarations populistes, mais par des mesures réalistes et appropriées, en concertation avec tous les acteurs concernés et en agissant sur la structure des prix.

Le Bureau politique de l'AFP considère que Me Wade et ses courtisans sont obligés de renoncer à la fuite en avant et de se pencher sur les vrais problèmes qui préoccupent les Sénégalais, ne serait-ce que pour préserver la cohésion sociale et la stabilité de notre pays.

Trop c'est trop ! Et le pouvoir du régime pseudo libéral doit s'en souvenir.


Fait à Dakar, le 02 juillet 2007 

Le Bureau politique de l'AFP