COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 15 juillet 2008

 


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 15 juillet 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique s'est penché sur la situation du Sénégal qui ne cesse de se détériorer, avec de graves conséquences sur la vie des citoyens. Ce constat s'impose aussi bien sur le traitement des questions internes que sur les dossiers à caractère international. C'est ainsi que les dérives continuent de plus belle, à travers le tripatouillage débridé de notre Charte fondamentale et l'immixtion du parti-Etat dans l'affaire des sévices subis par deux journalistes. S'y ajoute l'incompétence inouïe dans la gestion des pénuries et la spirale inflationniste, sans oublier le mélodrame du faux-lion, sur le dossier de l'ASECNA.

L'amendement illégal de l'article 27 de la Constitution sans passer par la voie référendaire, suffirait, à lui seul, pour illustrer la volonté des tenants du pouvoir de tourner définitivement le dos à la morale républicaine, à la morale tout court, aux fins de perpétuer un régime dont la nocivité, à tous égards, n'est plus à démontrer. Cette attitude exprime clairement l'option suicidaire de Me Wade, qui consiste à mener, au pas de charge, une régression démocratique incompatible avec des règles transparentes d'une dévolution du pouvoir, qui respecte les choix du peuple souverain.

En voulant être souverain à la place du peuple, Me Wade construit fébrilement le puzzle éphémère dont tous les éléments, sans exception, sont teintés de violence, qu'il s'agisse d'agressions frontales contre les libertés, de la misère aggravée par la mal gouvernance ou du verbe toujours plus haut qui tente en permanence d'étouffer la vérité, sans exclure le harcèlement de ceux-là mêmes qui, courageusement, comme Abdou Latif Coulibaly et Madiambal Diagne, s'emploient à l'élucider. C'est ainsi que, dans l'affaire Kambel Dieng et Kara Thioune, le cynisme du gouvernement est apparu au grand jour, quand deux de ses membres ont joué la partition bien connue qui consiste d'une part à faire semblant de respecter l'Etat de droit, d'autre part, à ignorer, dans les faits, la séparation des pouvoirs en prononçant le verdict à la place des juges. Le communiqué scandaleux du Ministère de l'Intérieur rappelle la période la plus sombre des dictatures du Tiers-Monde dans les années 70, notamment en Amérique latine où des manifestants pacifiques fauchés par la mitraille devenaient miraculeusement, le lendemain, à la une des quotidiens gouvernementaux, des agresseurs qui justifient une légitime défense.

En portant un regard serein sur l'état de la Nation, le Bureau politique de l'AFP tient Me Wade et ses affidés pour responsables des conséquences de l'impasse périlleuse dans laquelle ils ont mis le Sénégal et ses populations qui ruminent leurs frustrations. Aujourd'hui la coupe est pleine ! Et une simple lueur de conscience aurait permis à Me Abdoulaye Wade de se rappeler ses propres mots plus que jamais actuels en ce meeting d'un après-midi du 26 janvier 2000, lui qui disait alors : "il y a beaucoup de nuages, il va pleuvoir".   Et le Bureau politique de l'AFP estime qu'il sera difficile de trouver l'énorme parapluie dont les tenants du pouvoir auront besoin.

Le peuple continue de s'interroger sur la spirale inflationniste infernale et les pénuries qui se poursuivent. Là aussi, le mensonge d'Etat est toujours de rigueur. Pour pouvoir continuer la gabegie, il ne suffit plus d'invoquer le prix du baril. Quant à la pénurie de riz, les commerçants constituent les boucs émissaires tout désignés, alors que le gouvernement est incapable d'assurer régulièrement et en temps utile la subvention destinée à stabiliser les prix. En plus, la distribution du pain va bientôt connaître une perturbation, du fait du dilatoire interminable du régime de Me Wade, qui opte pour la politique de l'autruche, face au prix de revient du pain.

Mais, emmêlé dans ses intrigues pour réaliser son projet monarchique, le régime actuel a oublié la gestion du quotidien des Sénégalais qui, en plus de l'inflation, des pénuries et de la misère, vivent dans l'insécurité permanente provoquée par un banditisme d'un type nouveau qui ne se limite pas seulement à l'espace transfrontalier et qui a gagné l'hinterland. Par ailleurs, en ce début d'hivernage, les populations sont livrées à elles mêmes, face à de multiples dangers que le Ministère de l'Intérieur devrait s'employer à conjurer, à travers la Direction de la Protection Civile. Il s'agit des noyades, des conséquences des inondations, des poteaux et câbles électriques défectueux, des paratonnerres inexistants là où c'est nécessaire.

Sur le plan international, les mêmes maux sont suscités et portés par le pouvoir actuel qui, au lieu de s'employer à consolider et fructifier les acquis, ouvre partout des fronts qui coûtent cher à notre pays. Après la BCEAO, l'UEMOA et la FAO, le dossier de l'ASECNA empoisonne les relations du Sénégal avec les 17 autres Etats membres. Le besoin de liquidités qui a amené le gouvernement du Sénégal à s'approprier abusivement des redevances appartenant à une organisation internationale risque de coûter très cher à notre pays et à ses populations. C'est pourquoi le Bureau politique de l'AFP engage le gouvernement de Me Wade à mettre immédiatement fin à un bras de fer insensé et inutile dont l'issue est fatalement préjudiciable aux intérêts du Sénégal.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations au Secrétaire général de l'AFP, M. Moustapha Niasse qui a présidé, avec beaucoup de hauteur, l'Assemblée générale de la Coordination régionale de Ziguinchor, le 13 juillet 2008. Le Bureau politique adresse les mêmes félicitations au camarade Sylvain Boyer, Secrétaire général de la Coordination régionale, aux responsables et militants des départements, de Bignona, d'Oussouye et de Ziguinchor. Le Bureau politique s'est également félicité du succès éclatant de la marche des Femmes du Front Siggil Senegaal du 9 juillet 2008, à laquelle ont massivement participé les camarades du MOUNFEP, conduites par leur Présidente Mme Mata Sy Diallo.


Fait à Dakar, le 15 juillet 2008 

Le Bureau politique de l'AFP