COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 01 avril 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 01 avril 2008, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à une analyse approfondie de la situation nationale caractérisée par un raidissement suicidaire du régime agonisant de Me Abdoulaye Wade, dans un contexte où les populations meurtries crient leur ras-le-bol et affirment haut et fort leur volonté d'en découdre avec une camarilla de prédateurs qui ont définitivement tourné le dos aux impératifs de la République, de la démocratie et des valeurs.

Pris dans la nasse de leur impéritie, de leur manque criard de lucidité, les tenants du pouvoir continuent de s'adonner à leurs jeux favoris, à savoir le mensonge d'Etat, la manipulation et la violence aveugle. Après l'annonce du tramway, de l'Aéroport de Ndiass pour 2005, de la Centrale nucléaire d'Oussouye, du train à grand écartement, de l'Université du Futur, voilà que la réalité crue s'impose aux Sénégalais, qui constatent avec amertume l'incapacité totale du gouvernement de Me Wade à se mettre au service de l'intérêt général.

Les 10 milliards de F CFA promis au monde rural qui crie famine ne sont pas seulement un aveu d'échec. Ce saupoudrage programmé traduit un cynisme certain, au moment où des montants autrement plus importants sont engloutis dans un gaspillage sans fin, où la corruption est souvent, hélas, aux premières loges. En plus, face à la flambée des prix qui empoisonne le quotidien des Sénégalais, le Ministre du Commerce annonce les solutions pour 2015, c'est-à-dire, un horizon assez lointain où Me Wade et ses affidés auront été chassés du pouvoir. Le quotidien des Sénégalais, pendant ce temps, est ponctué de pénuries, de privations de toutes sortes, avec la raréfaction, voire l'absence de possibilités immédiates de sortir de la misère extrême.

Quant à l'école sénégalaise, elle est empêtrée dans des difficultés structurelles qui ont pour noms effectifs pléthoriques, insuffisance du nombre d'enseignants et des équipements, précarité des corps dits émergents, absences de perspectives pour les élèves et les étudiants qui s'interrogent avec une inquiétude grandissante sur leur avenir. Le pouvoir actuel doit prendre à bras le corps la crise0, pour éviter l'effondrement durable de notre système éducatif menacé, encore une fois, par une année blanche. Par ailleurs, malgré le slogan tragique "Barca ou Barsakh", le gouvernement est incapable de concevoir une école qui donne sa place au savoir-faire, en créant un environnement propice à l'investissement et à même de favoriser la création massive d'emplois. Sous ce rapport, les contrats négociés avec l'Espagne dévoilent déjà l'incurie qui a présidé à la sélection des candidates et à leur acheminement sur le site de leur travail.

En outre, aucune politique sportive cohérente n'a été conçue pour la jeunesse sénégalaise. Au lieu de construire les infrastructures dont les jeunes ont besoin pour leur épanouissement, Me Wade et son équipe ont déjà démoli deux stades à Dakar, pour faire place à des investissements, dans l'opacité totale. Cette boulimie foncière est accompagnée de spéculations scandaleuses qui n'épargnent même pas l'enceinte du CICES, qui a fait l'objet, dans un quotidien de la place, d'une annonce relative à un terrain de 150 m2 à vendre, au prix de 150.000 frs le m2.

C'est dans ce contexte de mal gouvernance et de mécontentement populaire généralisé que Me Wade vient de s'adonner à une de ces occupations favorites, à savoir, un énième remaniement ministériel. La pléthore de ministres d'Etat, ajoutée à la taille toujours monstrueuse du gouvernement, constitue un véritable pied de nez à l'endroit des Sénégalais. En plus, le Ministère de l'Intérieur qui est chargé de l'organisation des Elections, vient d'être confié à un autre membre du parti-Etat, dont l'acte délictueux lors de la mascarade électorale de février 2007, est encore frais dans les mémoires.

Le Bureau politique de l'AFP condamne avec la dernière énergie la fascisation du régime de Me Wade qui foule les libertés fondamentales au pied. Le Bureau politique condamne tout particulièrement les arrestations arbitraires, la brutalité policière inutile et le viol de la permanence du Parti de l'Indépendance et du Travail (PIT). Il invite les tenants du pouvoir illégitime à apprendre en urgence à décrypter, pendant qu'il est encore temps, les signes du mouvement historique irréversible qui se déroule sous nos yeux.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique a effectué les derniers réglages autour de l'Assemblée générale de la Coordination régionale de l'AFP, qui se tiendra à Ziguinchor, le samedi 19 avril 2008, sous la présidence effective du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse. Par ailleurs, le Bureau politique a fait le point sur la vente des cartes du Parti, activité structurante en direction du prochain Congrès.

 


Fait à Dakar, le 01 avril 2008 

Le Bureau politique de l'AFP