COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 09 juin 2009

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 09 juin 2009, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur national, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire du Président El Hadj Omar Bongo Ondimba, chef de l'Etat du Gabon, qui a quitté ce bas-monde après avoir rayonné par sa sagesse africaine, pendant plusieurs décennies, sur notre continent. Toujours disponible pour rétablir les conditions d'un dialogue entre frères ennemis, feu le Président Bongo a œuvré inlassablement pour apaiser les foyers de tensions en Afrique et dans d'autres parties de la planète.

Le Bureau politique de l'AFP, présente ses condoléances attristées à sa famille éplorée, au gouvernement et au peuple gabonais qui doivent, face à cette épreuve, poursuivre courageusement les efforts déjà entamés, pour préserver la stabilité et la paix dans ce pays frère.

Appréciant la situation nationale, le Bureau politique constate que la débâcle subie par Me Wade et ses affidés n'a, en rien, modifié son schéma de succession monarchique, avec une architecture institutionnelle parasitée par une obsession suicidaire. L'allocution du 3 avril que le Président de la République a adressée aux Sénégalais n'était, en fait, qu'une profession de foi de plus, que les actes posés au fil des semaines sont en train de contredire. L'Etat PDS a bel et bien déclenché la guerre contre les collectivités locales contrôlées par l'opposition démocratique.

La convocation des textes par le pouvoir actuel, pour se soustraire à ses obligations face aux inondations, relève d'une médiocrité crasseuse, au milieu d'une cacophonie gouvernementale, savamment orchestrée pour aménager, en temps utile, une porte de sortie en démentant le bouc émissaire du jour. Il est scandaleux, pour un gouvernement responsable et digne de confiance, d'attendre l'appel de détresse d'un élu local, pour voler au secours de populations victimes de catastrophes naturelles.

Le projet de révision du Code de l'Urbanisme s'inscrit dans la même veine politicienne de mauvais goût. Sur ce dossier précis, ce qui est en jeu également, c'est la satisfaction de cette boulimie foncière monstrueuse pourvoyeuse de fonds pour une clientèle insatiable. Sous l'ère des Wade, notre pays et ses populations ont déjà payé un lourd tribut à cet appétit dont les frontières dépassent les limites de l'éthique et de la morale républicaine. Le Bureau politique de l'AFP invite tous les élus du Parti à engager la résistance, aux côtés des autres élus de l'opposition et des populations, pour faire pièces à cette agression inqualifiable contre la souveraineté du peuple et l'intérêt général.

Pendant que le régime de Me Wade s'adonne à son sport favori qui se résume à la ruse dans la gouvernance nébuleuse, les grands dossiers de l'Etat ayant des incidences directes sur la vie des Sénégalais sont toujours en souffrance. Au seuil de l'hivernage, les mêmes manquements auxquels nous ont habitué les pseudos libéraux se manifestent. Abandonnés à eux-mêmes, les paysans exigent en vain des semences de qualité en quantité suffisante, des engrais à des prix accessibles et du matériel agricole naguère distribué abusivement à des parasites, dans le cadre de la sinistre GOANA.

Le secteur névralgique de la santé continue également d'être en ébullition. Le préavis de grève déposé par les Syndicats Uniques des Travailleurs de la Santé et de l'Action Sociale (SUTSAS) et le Syndicat Autonome de la Santé (SAS) n'est que l'illustration du mal qui ronge les hôpitaux. Non seulement le pouvoir actuel ne respecte pas ses engagements, mais il laisse délibérément les structures sanitaires se débattre dans des difficultés qui ont pour noms : sous-équipement, endettement lourd, bref, le dénuement total qui les transforme en cours des miracles, véritables espaces de désolation pour des populations démunies, en proie au désarroi total. Qu'il s'agisse d'Abass Ndao, de l'Hôpital général de Grand Yoff ou de l'hôpital El Hadj Ibrahima Niasse, de celui de Ourossogui ou de Diourbel, pour ne citer que ces exemples là, la situation est devenue tout simplement intenable. Quant à Le Dantec, le plan de liquidation continue d'être froidement exécuté. Las d'attendre, les habitants de Fatick, de Kolda et de Ziguinchor ne croient plus à la livraison d'hôpitaux qu'on leur annonce, telle l'Arlésienne. Me Wade et ses ministres de la Santé savent très bien quelles sont les causes de cette situation. Peuvent-ils donner des explications claires aux Sénégalais ? Ceux-ci sont d'autant plus fondés à les exiger qu'ils souffrent, pour la plupart de malnutrition sévère qui n'affecte plus seulement les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes.

Le secteur minier est étouffé par ce même manque de transparence, malgré le vacarme organisé autour du premier (?) lingot d'or sorti de Sabodala. En tout état de cause, les populations de Kédougou, région périphérique s'il en fût, ruminent toujours leur frustration, devant le manque de transparence et les discriminations à l'emploi. Les menaces et autres tentatives d'intimidation de fonctionnaires zélés ne sont guère une solution. Le dialogue prôné hors des frontières du Sénégal doit être de mise dans notre pays.

C'est le lieu d'encourager, pour une fois, le régime actuel qui a contribué à l'apaisement en Mauritanie, pour maintenir la paix civile dans ce pays frère, où des remous incontrôlables auraient de fâcheuses répercussions dans la sous-région. En tirant les enseignements des échecs de ses nombreuses tentatives de médiation avortées, Me Wade doit enfin comprendre que la scène internationale comporte des exigences, des pratiques et des traditions qui constituent un ensemble de référentiels classiques auxquels il est impossible de se soustraire impunément. Une initiative salutaire en direction de la Guinée Bissau devrait en tenir compte.

Au plan interne, les Assises nationales, qui vont entrer dans la phase du Comité de Suivi, constituent un cadre idoine de dialogue avec les forces vives de la Nation que le pouvoir actuel devrait saisir, pour éloigner notre pays des zones de turbulences qu'il a lui-même créées avec ses nombreuses dérives. A ce stade, la sagesse minimale incite le pouvoir actuel à rejoindre le Comité de Suivi des Assises nationales, en mettant fin aux manœuvres dérisoires et grossières, qui relèvent du cosmétique et n'amuse même pas la galerie.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a engagé le Comité d'organisation de la commémoration du dixième anniversaire de l'Appel du 16 juin à poursuivre ses travaux avec méthode, pour concilier la ferveur militante et l'analyse en profondeur. Bien avant sa création, l'Alliance des Forces de Progrès a occupé sa place dans le cœur des Sénégalais. C'est la raison pour laquelle, elle a pu entrer sur la scène politique nationale, sans frapper à la porte. C'est un parti qui est né dans le combat, sous la conduite de son Secrétaire général, M. Moustapha Niasse et qui a déjà survécu à plusieurs complots provenant d'horizons divers. Un tel parcours ne l'autorise pas à négocier sa liberté d'appréciation et d'action, qui ne se décline qu'en fonction de l'idéal qui l'a mû, c'est-à-dire, de l'intérêt général et des aspirations des Sénégalais.


Fait à Dakar, le 9 juin 2009

Le Bureau politique de l'AFP