Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 8 mai 2003

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 8 mai 2003 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du Parti

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché, au cours de sa réunion, sur la situation du Sénégal, à un moment où la vie des Sénégalais se heurte à des difficultés sans cesse croissantes.

En ce qui concerne le projet de loi présenté par le Gouvernement, tendant à ressusciter, au sein d'une même Chambre, l'ancien Sénat et l'ancien Conseil Economique et Social, sous l'appellation de Conseil de la République, l'AFP maintient la position qui a toujours été la sienne depuis le Front pour l'Alternance (FAL). Elle s'oppose à toute initiative de cette nature, en raison de son coût dispendieux, de son caractère inopportun, au moment où les finances publiques devraient être investies plutôt pour faire face aux urgences nationales et plus particulièrement pour lutter contre la grande pauvreté.

Dans le même esprit, le Bureau politique de l'AFP a insisté sur la nécessité de gérer les relations entre le Sénégal et la Gambie dans l'intérêt des populations des deux pays, dans la solidarité et dans un souci permanent de vérité.

Le projet de pont sur la Gambie doit être pris en considération avec ce même souci de vérité.
En effet, c'est en 1978 qu'à l'issue de contacts entre les gouvernements du Sénégal et de la Gambie, la décision de principe avait été prise de construire un pont reliant les deux rives du fleuve Gambie. Il avait été envisagé ensuite, d'évoluer vers un pont-barrage. Ainsi, le projet en cause est un projet de pont-barrage, dont le concept n'a pas varié pour des raisons liées aux objectifs de développement du bassin du fleuve Gambie. C'est la raison pour laquelle un système de péage avait été conçu pour permettre de couvrir, en partie, les échéances de remboursement des coûts de l'ouvrage aux bailleurs de fonds, une partie des recettes devant être affectée à la maintenance de ce pont-barrage. Et déjà en 1977, des pays membres de la Communauté Economique Européenne (CEE), qui sont connus, avaient donné leur accord pour participer au financement de cet ouvrage, dans le cadre des investissements CEE - ACP relatifs aux infrastructures du développement et en faveur de l'intégration économique africaine.

Si de récents développements sont intervenus sur ce dossier de pont simple ou de pont-barrage sur la Gambie, le gouvernement doit les exposer au Peuple et en particulier, il doit fournir des indications précises sur des éléments essentiels comme le coût global actualisé du projet, les sources de financement et les accords obtenus de la part de ces sources pour la réalisation de l'ouvrage et également sur le calendrier de réalisation de ce pont-barrage.

Le Bureau politique de l'AFP a, par ailleurs, examiné, à la veille de l'hivernage, la question des liaisons maritimes entre Dakar et Ziguinchor. L'agression dont des passagers civils ont fait l'objet à Mampalago, le 7 mai dernier, est la traduction de l'insécurité permanente à laquelle sont livrées les populations de la région Sud qui n'ont plus, pour la plupart, que la route comme moyen de déplacement.

C'est le lieu de souligner qu'il est regrettable que le dossier du naufrage du bateau " Le Joola " continue de traîner en longueur, en ce qui concerne notamment le renflouement et le remorquage du bateau demandés depuis plus de 6 mois par les familles de victimes et le règlement rapide de la question de l'indemnisation pour les pertes en vies humaines occasionnées par cette tragédie.

Ces problèmes ont des solutions, tout comme le dossier de la campagne agricole.
Sur ce dernier point Le Bureau politique de l'AFP fait sienne la déclaration adoptée et rendue publique le 4 mai 2003 par la coordination régionale de Kaoalck. Dans cette déclaration, il a été souligné, avec vigueur, les risques vers lesquels une mauvaise préparation de cette campagne agricole va conduire les paysans, notamment sur le dossier des semences, des engrais, des produits phytosanitaires et des vivres de soudure. Les attentes du monde paysan doivent être prises en compte par le gouvernement et celui-ci a l'obligation de trouver des solutions convenables à ces attentes. Il en est de même concernant le monde du travail et la classe ouvrière.

C'est pourquoi, le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité aux masses laborieuses, qui viennent de célébrer, sur l'ensemble du territoire national, la fête du 1er mai. Il réitère son engagement aux côtés de la classe ouvrière et des travailleurs pour partager leur combat, pour la défense des libertés syndicales et des acquis sociaux. A cet égard, le respect des engagements pris par le Président de la République est une exigence qui ne saurait souffrir de retard.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur le suivi des recommandations du 1er congrès ordinaire et a rappelé la nécessité, pour tous les responsables du parti, de coller à la base pour suivre l'implantation et le développement de l'AFP sur toute l'étendue du territoire national. C'est à ce prix que l'AFP assumera sa contribution, toute sa contribution au sauvetage de notre pays que l'insouciance et l'incompétence du pouvoir actuel ont plongé dans de graves zones de turbulences.

Avant de clôturer sa réunion, le Bureau politique a tenu à adresser ses félicitations à la commission technique de l'AFP chargé des questions sociales présidée par Mme Maïmouna Guèye Fall membre du Bureau politique, à la suite de la visite qu'elle a effectuée dans un centre médical pour enfants dans la région de Dakar le lundi 5 mai 2003.

Fait à Dakar, le 8 mai 2003
Le Bureau Politique de l’AFP