Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 5 février 2004

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 5 février 2004, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la coordination des activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du parti

Le Bureau politique a examiné la situation créée par l'adoption, par la majorité mécanique de l'Assemblée nationale, du projet de loi autorisant la privatisation de la Loterie Nationale Sénégalaise (Lonase), du Centre Expérimental de Recherches et d'Etudes pour l'Equipement (CEREEQ) et du Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal (CICES).

Le Bureau politique de l'AFP rejette cette nouvelle vague de privatisation - bradage d'entreprises publiques et demande au Gouvernement d'engager, plutôt, des réformes sérieuses susceptibles d'assurer à ces sociétés les équilibres d'une gestion saine, transparente et libérée de la main mise politicienne de l'État-PDS.

Le Bureau politique de l'AFP estime, en effet, qu'à l'instar de la SAPCO, pour laquelle le Gouvernement a annoncé un report, sine die, de la privatisation sous le prétexte d'une amélioration notable des résultats financiers, la Lonase doit, d'abord, faire l'objet de mesures hardies de restructuration et d'assainissement d'une gestion calamiteuse, aggravée par les immixtions inadmissibles de l'État-PDS.

Le Bureau politique s'est aussi inquiété des rumeurs persistantes et concordantes sur un éventuel contrôle du capital privatisé de la Lonase par des repreneurs potentiels, issus d'un lobby international du jeu, réputé pour son implication dans divers trafics contraires à la morale. A ce sujet, le gouvernement a l'obligation de se conformer à la lettre et à l'esprit de la loi votée par les pays membres de l'UEMOA, contre le blanchiment de l'argent sale.

Le Bureau politique souligne que le Gouvernement ne doit pas permettre à des spéculateurs professionnels, de surcroît liés à des organisations combattues dans le monde entier pour leurs activités douteuses, de capter et d'exploiter, à leur profit et à celui de leurs associés locaux, l'épargne des "gorgorlous", c'est-à-dire des démunis, en lieu et place du financement prioritaire de programmes d'investissements sociaux.

La Lonase doit rester sous le contrôle de l'État. Au demeurant, selon les propres mots du ministre du budget, la Lonase est l'unique entreprise du genre au monde à être déficitaire. Iil s'agit donc, plutôt, de résoudre des questions liées à la gestion de l'entreprise.

S'agissant de la privatisation du CEREEQ, le Bureau politique dénonce la légèreté et le manque de vision du Gouvernement, lequel prive l'État du seul organe de recherche et de contrôle, en amont comme en aval, dont il dispose pour s'assurer de la qualité des travaux d'infrastructures exécutés par les entreprises privées, au moment où les populations souffrent, plus que jamais, de la dégradation continue du réseau routier sénégalais. Le CEREEQ doit faire l'objet de réformes visant à le rendre plus efficace et plus souple dans ses procédures, tout en restant sous le contrôle total de l'État.

Concernant le CICES, le Bureau politique s'est vivement inquiété de la destination de l'important patrimoine foncier et qui risque de devenir l'enjeu de transactions aux antipodes de l'intérêt général.

Le Bureau politique s'est aussi penché sur les modifications apportées par l'Assemblée nationale au Code Général des Impôts.

A ce propos, le Bureau politique tient à attirer l'attention de l'opinion publique sur les effets inévitables de la sur-taxation du bâtiment, avec la réduction de l'exonération décennale (de 10 ans) de l'impôt foncier bâti, qui devient une exonération quinquennale (de 5 ans) et qui va engendrer, ipso facto, une hausse des coûts dans ce secteur important de la vie économique sénégalaise.

De même, le Bureau politique exprime sa préoccupation à propos de la nouvelle patente calculée sur la base du chiffre d'affaires, eu égard à ses conséquences sur les prix à la consommation. Les Sénégalais, déjà frappés par une hausse continue des denrées de première nécessité (riz, huile, pain, sucre, etc) doivent s'attendre, dès lors, à de nouvelles flambées des prix dont le Gouvernement de Me Abdoulaye Wade est le seul responsable, du fait d'une politique économique désuète et aventureuse.

S'agissant de l'allègement de la fiscalité de l'entreprise introduit dans le nouveau Code Général des Impôts, le Bureau politique demande au Gouvernement de mettre en place et d'appliquer des normes strictes d'éligibilité, ainsi que des instruments de contrôle des entreprises, afin que cet allègement serve réellement à l'amélioration de la compétitivité et à la promotion de l'investissement créateur d'emplois et non à l'augmentation des bénéfices, au seul avantage du capital.

Le Bureau politique a, en outre, examiné la situation dramatique du monde rural. Il demande au Gouvernement de prendre, d'ores et déjà, les mesures qui s'imposent au plan national, comme au plan international, pour assurer l'assistance au monde rural en vivres de soudure ; et, également, de faire cesser les tracasseries de l'administration envers les producteurs de maïs pour le remboursement des dettes de semences, alors que ces derniers n'ont récolté que du fourrage invendable.

Par ailleurs, le Bureau politique a tenu à adresser ses vifs encouragements aux Lions de la Téranga, pour leur qualification au second tour de la Coupe d'Afrique des Nations. Il renouvelle ses prières, en faveur des joueurs et de l'encadrement, pour une poursuite de leur parcours jusqu'à la victoire finale.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adopté les conclusions du groupe de travail ad hoc, mis en place par le Secrétaire Général, sur les questions liées à l'organisation, à l'animation, à l'orientation et à la mise à disposition des cartes du parti à la base.

Le Bureau politique a, définitivement, adopté le programme de tournée nationale de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général de l'AFP, qui se déroulera du 21 février au 30 juin 2004 sur toute l'étendue du territoire national.

 

Fait à Dakar, le 5 février 2004
Le Bureau Politique de l’AFP