Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 5 juin 2003

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 5 juin 2003 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, autour de l'ordre du jour suivant :

  • le dossier de l'énergie dans les facteurs du développement au Sénégal ;
  • l'état des projets d'aménagement de la Vallée du Fleuve Sénégal ;
  • la problématique des questions de partenariat pour le développement : les choix possibles sur l'axe Nord-Sud, à la lumière des programmes du G8 ;
  • la situation économique du Sénégal et les difficultés du monde rural.

Le Bureau politique de l'AFP a entendu une communication du Secrétaire Général, situant le rôle essentiel du volet énergie dans la conception, l'élaboration et la mise en œuvre des programmes du développement. Dans le cas du Sénégal, l'un des obstacles à la croissance économique et à la rentabilité des PME-PMI est constitué par le coût de l'énergie dans les charges d'exploitation des entreprises, le poids de ce coût pouvant représenter jusqu'à 34 % de ces charges.

En outre, le caractère obsolète ou vétuste des équipements de production et de distribution de l'énergie électrique en direction des unités industrielles, des centres de formation et des zones de résidence, génère des phénomènes récurrents comme les délestages répétés et endémiques, les accidents aux conséquences tragiques et les pertes de revenus de tous genres se traduisant par des contre-performances successives et préjudiciables au progrès.

Quand le gouvernement du Sénégal, par la voix du président Abdoulaye Wade, veut faire espérer au peuple une éventuelle baisse du prix de l'électricité, pense-t-il pour autant faire oublier que dans l'espace de 24 mois, ce même gouvernement a imposé aux sénégalais deux augmentations successives de 4% puis de 10% du prix de l'électricité ?

Aujourd'hui, au Sénégal, il n'existe aucune politique cohérente dans le domaine de l'énergie. Cette absence de politique de l'énergie a produit comme conséquence directe l'incapacité des pouvoirs publics à réaliser la privatisation de la SENELEC et plusieurs tentatives infructueuses entre les années 2000 et 2003 ont fini d'administrer la preuve que les problèmes à résoudre ne se trouvent pas dans des cérémonies de pseudo-inauguration d'équipements partiels, lesquels sont loin de permettre de combler le déficit en énergie que connaît actuellement le Sénégal.

Analysant l'état de blocage voire d'abandon des projets de développement dans la Vallée et les conséquences qui en ont résulté au détriment des populations, le Bureau politique de l'AFP engage les autorités de l'État, et en particulier M. Abdoulaye Wade, à tenir les promesses faites aux populations paysannes du Fouta et du Walo, en 2000 et en 2001, pour réduire la grande pauvreté qui sévit dans cette région. L'aménagement des zones de culture et d'élevage du Delta et de la Vallée a déjà occasionné des investissements importants. Dans le prolongement de ces investissements, qui se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards cfa, un programme sérieux doit et peut être mis en œuvre, dans des délais raisonnables, pour rendre à cette région sa vocation naturelle de grenier du Sénégal.

Enfin, examinant la problématique des types d'approche du développement en Afrique, le Bureau politique de l'AFP, tout en saluant les efforts annoncés par les Etats-Unis d'Amérique et la France, pour soutenir la lutte contre la pandémie du Sida (1 milliard de dollars US par an sur 5 ans par le Président Georges Bush et 150 millions d'Euros par an, par le Président Jacques Chirac), le Bureau politique de l'AFP estime que l'approche institutionnelle pour un nouveau partenariat Europe-Amérique du Nord-Asie et Afrique, passe nécessairement par une politique concertée d'intégration des 5 régions du continent africain. Seule cette approche politique, avant même que ne soient identifiés des projets économiques ou d'infrastructures routières, portuaires, ferroviaires, ou aéroportuaires, est susceptible de permettre la solution en amont des phénomènes bloquants que sont les conflits, l'insécurité, la circulation des armes légères et le dossier de la dette africaine.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP considère que les concertations entre les pays riches du Nord et l'Afrique à l'occasion du sommet annuel des pays industrialisés du G8 doivent être préparées préalablement dans le cadre de l'Union africaine et en relation directe avec les pays membres du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) en vue de dégager des positions et propositions reflétant les préoccupations fondamentales et les vraies priorités de développement des Peuples africains .

Sous cet éclairage, il est impératif que tout projet d'intégration du Continent africain dans les relations Nord-Sud soit soumis à un processus de consultation et de concertation avec tous les pays africains, dans un cadre institutionnel bénéficiant d'une expertise africaine avérée reconnue par les partenaires du Nord et dans le cadre de discussions marquées du sceau du respect mutuel et de la prise en compte des intérêts du Nord et du Sud.

Avant de clôturer sa réunion, le Bureau politique de l'AFP a fait le point du dossier du séminaire que la Fondation Jean -Jaurès de France organise à Dakar, du 6 au 8 juin 2003 avec des partis se réclamant de la Gauche. De même, le Bureau politique de l'AFP a évoqué la tenue à Conakry, les 9 et 10 juin 2003, sous l'égide de la même Fondation Jean-Jaurès, d'un séminaire sur l'alternance démocratique en Afrique, séminaire auquel M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, conduira une délégation de l'AFP.

Fait à Dakar, le 5 juin 2003
Le Bureau Politique de l’AFP