Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 4 novembre 2004


Le Bureau Politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 04 novembre 2004, sous la présidence de
M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale
2. vie du parti

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale qui présente un tableau totalement assombri par le trop plein de dérives et d'errements du gouvernement. Plus de quatre ans après le 19 mars 2000, l'échec de Me Abdoulaye Wade est patent. Dans tous les secteurs de la vie nationale, le pays et les populations paient au prix fort les conséquences de l'incompétence et de la mal gouvernance qui ont des impacts négatifs sur les volets économiques, financiers, sociaux et culturels. Par ailleurs, les tensions artificielles attisées par Me Abdoulaye Wade lui-même, mettent gravement en danger les équilibres sur lesquels reposent le socle de notre nation. La désillusion générale et la profonde frustration du peuple gagne tous les espaces de notre société et les risques d'explosion se dessinent de plus en plus. Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP, après des échanges approfondis, partage la démarche du PIT et de son Secrétariat National qui réclament, avec des millions de Sénégalais, la démission du Président de la République, Me Abdoulaye Wade, comme mesure urgente de sauvegarde nationale.

Dans sa lutte folklorique contre le péril acridien, tout comme dans son inefficacité pour faire face à l'épidémie de choléra, le gouvernement ne finit pas de faire étalage d'une incompétence dangereuse pour notre économie et la sécurité des populations. Le Syndicat Démocratique des Techniciens du Sénégal (SDTS) a déjà souligné l'imprévoyance, les lenteurs et les moyens inadaptés, qui n'ont pas pu juguler la multiplication des foyers larvaires.

Quant à l'épidémie du choléra qui était circonscrite dans la région de Dakar, elle gagne progressivement le monde rural, un espace où l'extrême pauvreté et le manque d'infrastructures et la faiblesse du plateau technique commandent la mobilisation rapide de ressources importantes, en dépassant le folklore et l'agitation du gouvernement. Sans délai, il doit être fait appel, à l'OMS et aux ONG animées par les professionnels de la santé et à la communauté internationale pour faire face au mal.

Le mouvement social, qui n'est guère mieux loti, ne décolère pas après les augmentations de salaires effectuées dans l'impréparation et le manque total de clarté. Pris dans sa spirale populiste, le pouvoir actuel tente de revenir en arrière, en remettant en question des droits acquis. Pour réduire la combativité des travailleurs, le gouvernement se réfugie, une fois de plus, dans le louvoiement, espérant ainsi organiser des élections de représentativité en faveur de syndicats jaunes. Sur ces deux dossiers, le Bureau politique de l'AFP engage le pouvoir à entamer des négociations sincères avec les travailleurs, pour éviter à notre pays un bras de fer coûteux.

L'imagination doit se mettre au service des populations qui souffrent, au lieu de l'investir dans des constructions diaboliques qui nous remémorent, par le biais d'une presse des caniveaux, des crimes odieux. Le Bureau politique de l'AFP tient le gouvernement actuel pour responsable de la sécurité de M. Amath Dansokho, un patriote intransigeant avec qui, notre parti, partage des principes et des idéaux non négociables. Le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité au Secrétaire Général du PIT et à Maître Aïssata Tall Sall qu'il encourage à aller jusqu'au bout de la procédure enclenchée pour confondre les pyromanes de la République et de l'Etat de droit.

La volonté d'instaurer la pensée unique ouvre la voie à la logique de l'intolérance et de la violence dont l'Etat PDS est fortement imprégné. Tout récemment, à Saint-Louis comme à Kaolack, cette culture de violence s'est encore manifestée, en troublant gravement l'ordre public. Les incidents de Kaolack montrent à souhait que le FNPJ est d'abord un outil de propagande au service du pouvoir obnubilé par son impossible survie. En annonçant la création d'un fonds pour les émigrés, le Président de la République met en avant la même logique électoraliste qui l'amène à gérer unilatéralement le processus électoral.

La nomination du quatrième ministre de l'Intérieur depuis l'alternance participe de cette préoccupation permanente. Les démocrates, qui sont interpellés, doivent conjuguer leurs efforts pour déjouer le dispositif de fraude qui est en train de se mettre en place. Quant à la commission cellulaire qui est censée évaluer les élections de l'ère Wade et le système électoral, tout en proposant un projet de CENA, elle ne saurait remplir correctement ses missions sans un cadre juridique adéquat qui assure son indépendance et consolide celle de ses membres. La frilosité gouvernementale devrait accepter ce prérequis, pour éviter une régression démocratique intolérable.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a examiné le bilan d'étape des travaux du Comité de Coordination du parti. Le BP a par ailleurs, invité les responsables, dans les villes comme dans les campagnes, à organiser méthodiquement la participation des militants à la campagne patriotique que l'opposition démocratique entend mener pour exiger la démission salutaire du Président de la République.


Fait à Dakar, le 4 novembre 2004
Le Bureau politique de l’AFP