Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 3 avril 2003

Le Bureau Politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 03 avril 2003 sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur National, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, en mission à l'étranger, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1) Situation nationale ;
2) Vie du parti.

Abordant le premier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a constaté que, malgré les tentatives de manipulation de l'opinion publique, le Gouvernement de Maître Wade n'a pas réussi à imposer aux Sénégalais le bilan soi disant positif de sa gestion qu'il est le seul à voir. Lors des commémorations folkloriques de l'alternance, partout le peuple du 19 mars a exprimé clairement sa défiance vis à vis d'une équipe incompétente qui continue de tourner en rond, avec comme viatique les incantations doublées d'un verbe haut.

Pendant ce temps, les Sénégalais continuent de souffrir. Le monde rural, qui est une des principales victimes du pseudo libéralisme de Maître Wade, attend toujours les secours sans lesquels la famine risque de faire des ravages. Plus grave, le démantèlement de la filière arachidière est en train d'être parachevé, eu égard à la disparition quasi totale d'un capital semencier de qualité. Les palliatifs annoncés sont dérisoires face à l'immensité des besoins. Dans la Vallée du Fleuve Sénégal tout particulièrement, les conséquences des pluies hors saison de janvier 2002 sont aggravées par une mauvaise politique de crédit et l'étroitesse du marché due principalement à l'absence de vision claire. Par ailleurs, le feuilleton douloureux des bons impayés n'est pas encore clos malgré l'annonce théâtrale du Premier Ministre lors de sa Déclaration de Politique Générale.

Ces errements semblent être érigés en système avec l'annonce de la nouvelle loi d'orientation agricole qui remet en question la loi sur le domaine national dont le caractère sensible est dangereusement ignoré par le Gouvernement du Président Wade. Une réforme agraire conçue et exécutée sans la participation de la nation qui est la véritable propriétaire de la terre, conduit inexorablement à la violence et à l'instabilité, dont notre pays peut et doit faire l'économie, dans un contexte de pénurie et de frustration générale.

Cette pauvreté est exacerbée en Casamance, six mois après le naufrage tragique du bateau " le Joola ". Les populations de cette région vivent plus que jamais leur long cauchemar. Non seulement, elles attendent toujours la paix que ne cesse d'annoncer le Président Wade, telle l'arlésienne, mais la tragédie du " Joola " a accentué leur isolement et aggravé les problèmes économiques et sociaux. Au lieu de s'employer à assumer effectivement l'obligation d'indemniser les rescapés et les familles des victimes, telle que la loi l'y oblige, le Gouvernement de Maître Wade fait preuve d'un autoritarisme de mauvais aloi en prétendant dissoudre, illégalement, le Collectif des familles des victimes, et en essayant de dresser les populations les unes contre les autres.

Cette remise en question des acquis démocratiques est confirmée par les tergiversations du Président de la République qui cultive le flou pour ne pas donner suite à l'exigence légitime de l'instauration d'une CENI et de la refonte du fichier électoral. La prétendue majorité doit surmonter sa panique actuelle, se libérer de la culture de la diversion pour se décider, enfin, au nom de l'intérêt général, à respecter la même volonté populaire qui a abouti à l'alternance trahie.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a exhorté les responsables à mettre en pratique un esprit de dialogue et de concertation avec la base, dans le prolongement du 1er Congrès ordinaire qui a consacré notre parti comme une force politique de premier plan. L'AFP n'a pas besoin de brevet d'opposition, fût-il de Maître Wade. L'ancrage de l'AFP dans l'opposition se définit par rapport à la prise en charge des idéaux et des engagements qui ont mené à la victoire dévoyée du 19 mars 2000. Or, l'AFP a décidé sereinement de maintenir le cap, quoi qu'il advienne.

Enfin, le Bureau politique a adressé ses vives félicitations à son Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, pour le rôle qu'il a joué dans le suivi des Accords de Sun City et de Pretoria, en sa qualité d'Envoyé Spécial des Nations-Unies sur le processus de paix en RDC. Une fois de plus, aux côtés des composantes et entités congolaises et du Président Thabo Mbeki, Président en exercice de l'Union Africaine, il a fait montre de ses talents de diplomate et d'homme d'Etat confirmés.

Fait à Dakar, le 3 avril  2003
Le Bureau Politique de l’AFP