Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 31 juillet 2003


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 31 juillet 2003 sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, en mission à l'étranger, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suit :

1. Situation nationale
2. Vie du parti

Examinant le premier point, le Bureau politique de l'AFP a tout d'abord exprimé sa préoccupation face aux menaces qui pèsent sur la démocratie sénégalaise. En République, les questions soulevées dans l'ouvrage de M. Abdou Latif Coulibaly Wade, un opposant au pouvoir : l'Alternance piégée appellent des réponses précises et claires sans louvoiements et autres faux-fuyants. Face à des questions de cette gravité, il n'y a pas de place à des procès en sorcellerie ou à l'invite à la délation.

Les lois et règlements de la République s'imposent à tous les citoyens, y compris les tenants du pouvoir actuel, à quelque niveau qu'ils se situent. L'exigence de vérité et de transparence ne saurait réduire soudainement la scène politique à une arène de gladiateurs ou à un ring. Les tentatives d'intimidation et d'instauration d'une terreur qui ne dit pas son nom, pour transformer tous les hommes libres en otages, sont inacceptables.

La liberté étant indivisible, le Bureau politique de l'AFP considère que les menaces de mort proférées contre le journaliste Abdou Latif Coulibaly constituent une agression frontale contre la démocratie et les libertés. Le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité sa solidarité totale et entière à M. Coulibaly tout en appelant l'ensemble des démocrates à s'ériger en sentinelle de la démocratie. Le Gouvernement a le devoir d'assurer la sécurité des personnes et des biens. A ce titre, le Bureau politique engage le Gouvernement à assurer la protection du journaliste Abdou Latif Coulibaly, connu pour son indépendance d'esprit et sa combativité en faveur de la liberté.

Un tel choix, qui implique le dépassement d'une frilosité quasi morbide, pourrait entraîner une plus grande capacité d'écoute du Gouvernement, notamment en ce qui concerne les problèmes liés au mouvement social. Comment comprendre par exemple le dilatoire parsemé de rebondissements qui enveloppent la gestion de la tragédie du bateau "Le Joola" ? Dix mois après la catastrophe, les familles des victimes et les rescapés ne sont toujours pas équitablement indemnisés et moins de 20 % des dossiers ne sont pas ficelés. Les familles continuent de se heurter à l'incohérence de l'Exécutif et aux tracasseries administratives. Le Bureau politique engage le Gouvernement à donner suite, pour une fois, à ses promesses, au nom du respect dû à la mémoire des victimes, des trop nombreuses victimes.

Par ailleurs, le Bureau politique exprime sa solidarité à l'Association des habitants de la Cité Ibrahima Sarr de Thiès (ex-Ballabey), victimes de choix aventureux du Gouvernement. La tentative de réorienter la destination des logements construits depuis 1925 vers des objectifs touristiques est inacceptable. Du reste, le Président de la République ainsi que le Conseil d'Administration de la Société Nationale des Chemins de Fer du Sénégal (SNCS) avaient accepté le principe de la cession de ces logements au bénéfice des actuels occupants.

Dans le même esprit, le Bureau politique de l'AFP dénonce la délocalisation improvisée et injustifiée des carrières de Thiès. En effet, non seulement plus de 2.000 emplois sont en jeu mais le renchérissement brutal des coûts dans les Travaux publics et le Bâtiment doit être évité. En outre, les investisseurs aspirent légitimement à un minimum de sécurité juridique pour mener leurs activités économiques. La décision autoritaire du Gouvernement a été prise au mépris de la concertation avec les opérateurs économiques et les travailleurs des carrières, et de l'exigence d'un délai de préavis raisonnable pour éviter le bouleversement de l'équilibre économique et juridique des contrats en cours.

Cet autoritarisme est confirmé dans l'ouvrage de M. Jacques Habib Sy, intitulé Crise de l'audiovisuel au Sénégal, qui illustre éloquemment l'instrumentalisation des médias d'État aux fins de propagande, avec des relents totalitaires, au service de Maître Abdoulaye Wade et de sa formation politique

Le pouvoir actuel sait bien que le développement de la conscience citoyenne dans notre pays l'empêche de conquérir démocratiquement une majorité. C'est la raison pour laquelle l'Alliance des Forces de Progrès demeure vigilante, en vue de la surveillance de l'ensemble du processus électoral, surtout si l'on considère le recul des acquis démocratiques, à travers les deux dernières élections entachées de fraudes. A cet égard, l'AFP exige le respect, par le pouvoir actuel, de la souveraineté du peuple qui ne doit pas être piétinée, notamment à la faveur de la refonte du Fichier électoral. L'exigence de l'instauration d'une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est plus que jamais actuelle, pour garantir effectivement la transparence, la régularité et la sincérité de tout le processus électoral. Notre pays mérite une démocratie apaisée, qui règle définitivement le problème du mode de dévolution du pouvoir.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP adresse ses vives félicitations au Mouvement National des Jeunes de l'AFP, dont la Journée d'études organisée le samedi 26 juillet 2003, a connu un succès éclatant. Le Bureau politique exhorte les jeunes de l'AFP à exécuter avec esprit d'organisation et de méthode, leur programme d'activités pendant la période des vacances. Par ailleurs, le Bureau politique leur adresse ses vives félicitations à la suite de leur engagement responsable et courageux dans le débat national consécutif aux nombreuses révélations relatives à la malgouvernance, contenues dans l'ouvrage de M. Abdou Latif Coulibaly Wade, un opposant au pouvoir : l'Alternance piégée.

Fait à Dakar, le 31 juillet 2003
Le Bureau Politique de l’AFP