Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 30 septembre 2004

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 30 septembre2004, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. la situation nationale
2. la vie du parti


Abordant la situation de la campagne agricole présente, le Bureau politique de l'AFP a fait des projections sur le niveau des récoltes, établi au terme de plusieurs semaines de visites effectuées dans les régions de l'intérieur, par les délégations locales et par des envoyés de la direction du parti, pour se rendre compte de visu et sur le terrain de l'état réel des champs d'arachide, de mais , de mil et de manioc notamment. Les mêmes mesures ont permis de faire l'état d'évolution des superficies de riz paddy dans la vallée du fleuve Sénégal, et plus précisément dans la zone de Dagana.

Les précédentes campagnes agricoles et leurs prolongements naturels, les programmes de commercialisation de produits agricoles tels qu'ils ont été organisés, depuis 2002, par le pouvoir de l'alternance, ont révélé un degré élevé d'improvisation et une incompétence avérée. Les conséquences qui en ont résulté ont généré un accroissement de la pauvreté au sein du monde rural et un manque à gagner important en termes de revenus au détriment du monde rural de même
qu' un découragement général des populations.

Cette année-ci encore, les agriculteurs ont dû mobiliser leurs dernières ressources pour acheter eux-mêmes leurs semences d'arachide, engrais et les aliments de base pour boucler la période de soudure. Au surplus les semences distribuées par le gouvernement de Me Wade ont été de mauvaise qualité et en quantité insuffisante.

Malgré cette situation, déjà fort préjudiciable au rendement des diverses spéculations, comme l'arachide, le mais et le mil, notamment, les paysans ont fourni des efforts surhumains, au point que les récoltes d'arachides peuvent avoisiner des niveaux significatifs par rapport aux années passées.

Le Bureau politique de l'AFP, devant une telle perspective qui sera le fruit du courage de l'opiniâtreté des paysans sénégalais, ramène la question que l'AFP a posée au Président de la République, à l'issue du séminaire de l'Ecole du parti, le 19 septembre 2004, concernant la fixation du prix du kg de l'arachide au producteur.

Devant ces données, le Bureau politique de l'AFP souligne, de nouveau, la nécessité d'assurer une production et une sécurisation des populations paysannes face au risque d'un bradage prématuré des récoltes de mais , de mil et d'arachide, à partir du mois d'octobre et à bas prix, pour couvrir leurs besoins immédiats. Dans tous les cas, aucun prétexte ne pourra être invoqué par le gouvernement de Me Abdoulaye Wade, si les mesures nécessaires n'étaient pas prises à temps sur de telles préoccupations.

C'est pourquoi, d'ores et déjà, devraient être mises en place toutes les dispositions qu'appelle dans ce domaine, une prise en charge responsable et transparente des intérêts des paysans sénégalais.

Examinant la perte en vies humaines et les dégâts causés par les inondations survenues à Kaffrine, Koussanar et Kédougou et aussi, comme cela se produit, chaque année, dans la ville de Saint Louis, le Bureau politique rappelle que le caractère cyclique de ce phénomène induit une politique cohérente et planifiée, que le gouvernement a l'obligation d'élaborer et de mettre en œuvre, dans le moyen et dans le long termes.

Il s'agit, plus précisément, de construire des digues de protection des agglomérations, d'installer les populations dans des zones éloignées des bas-fonds et d'anciens marigots asséchés et d'édifier des canalisations à ciel ouvert pour détourner les eaux de pluie vers des espaces non habités et insubmersibles.

Et la profusion de soi-disant dons de riz et autres matelas offerts aux populations, avec un grand renfort de publicité politicienne, ne peut rien y changer. Le phénomène des inondations peut être combattu, hors de toute improvisation, comme l'exemple en a été donné dans d'autres pays. L'année dernière c'étaient Vélingara, Nioro, Ziguinchor, Tambacounda et, encore Saint - Louis.

Si rien n'est fait de durable et de solide, l'année prochaine ce sera le tour d'autres villes et villages, tout comme dans l'agglomération dakaroise, plusieurs quartiers comme Médina Gounasse, se trouvent envahis par des eaux de pluie.

Par ailleurs, le Bureau politique l'AFP s'est penché sur la situation économique du Sénégal et de ses récurrences multiples sur la vie des populations.

A cet égard, le Bureau politique de l'AFP a regretté la confusion que le pouvoir en place tend à imposer aux Sénégalais sur la relation existant dans une économie moderne, entre la croissance qui mesure l'accumulation de richesses et le développement qui suppose l'amélioration des conditions et de la qualité de vie des populations.

Les Sénégalais doivent savoir que le PIB qui sert de référence à l'évaluation de la croissance ne tient pas compte du secteur informel qui est devenu l'un des plus importants de notre économie.

Mieux, le taux de croissance de 6,3% dont le gouvernement se glorifie est assorti, selon leurs propres statistiques, d'une baisse du rythme d'activités de tous les secteurs : primaire, secondaire et tertiaire.

C'est la raison pour laquelle, l'AFP en tire la conclusion que la question du taux de croissance telle qu 'elle est présentée aux populations est un miroir aux alouettes.

De même, le Bureau politique de l'AFP, a fait le lien naturel entre le développement des communautés de base et les infrastructures routières, ferroviaires maritimes et fluviales, pour un pays qui aspire à la modernité. L'état de dégradation avancée des voies de communication au Sénégal, et plus particulièrement des routes est un facteur bloquant pour toute politique de croissance économique.

Dans le même ordre d'idées, le Bureau politique demande instamment au gouvernement d'étudier sérieusement les causes réelles des nombreux accidents mortels récemment constatés sur les nouveaux tronçons Diamniadio - Mbour - Fatick et de mettre en œuvre des solutions efficaces.

Au surplus , les tronçons routiers, totalement délabrés et impraticables, qui existent sur les routes Tamba - Kaffrine, Keur Ayib - Kaolack, sur la trans-gambienne, Dagana - Matam, sur la route du Diéry, Matam - Bakel, Gossas - Kaoalck, Diourbel - Fatick et d'autres axes vitaux, hantent l'esprit des transporteurs et des usagers, chaque jour.

Aucun de ces axes n'est aujourd'hui entretenu, de façon sérieuse, lorsque des trous sont simplement bouchés avec des matériaux précaires qui disparaissent dès la moindre pluie. De même, le bateau appelé à remplacer le Joola, annoncé tous les six mois, tarde à venir, et cette situation contribue à prolonger le l'enclavement de la région sud. Or, il est vain de parler de développement au Sénégal, si cette question des infrastructures n'est pas réglée dans les règles de l'art.

Evoquant les assauts, de la transhumance perpétrés par le parti au pouvoir contre la démocratie et ses principes le Bureau politique de l'AFP a relevé les méthodes utilisées par le Président de la République et certains de ses alliés pour continuer de vouloir débaucher des militants d'autres formations politiques, dans des conditions et selon des pratiques que lui-même condamnait naguère lorsque son parti, le PDS, semblait en être la victime. Et tout y passe : argent, promotions administratives, menaces d'audits, inspections tous moyens ainsi utilisés par le Secrétaire général du PDS pour combler le déficit de cadres et de militants dont, depuis toujours, souffre son parti.

Même les Présidents de Communauté rurale se trouvent sous le feu de menaces d'une autre nature lorsqu'il leur est dit que les projets locaux de développement élaborés par les Communautés rurales ne seront financés que si ces Présidents de Communauté rurales adhèrent au parti du Président de la République, comme la Télévision nationale en a administré la preuve, il y a seulement quelques semaines, en présence du Chef de l'Etat lui même. L'AFP ne se laissera pas impressionner par de telles méthodes qui sont utilisées que par des partis faibles, qui usent et abusent des attributs et moyens de la puissance publique ainsi mis au Service d'ambitions partisanes.

Examinant la vie du parti, le Bureau politique de l'AFP a décidé d'organiser à Dakar, le 09 octobre 2004, une journée d'études regroupant tous les élus du parti, Conseillers ruraux, Conseillers municipaux, Conseillers régionaux et Députés.

Par ailleurs, le Bureau politique se félicite de l'initiative prise par les responsables du parti de la Commune de Saint-Louis d'organiser une université d'hivernage, les 2 et 3 octobre 2004, à Saint-Louis, sur le thème : " l'AFP ou le Socialisme Démocratique accordé à nos réalités " et d'installer par la même occasion, l'antenne communale de l'Ecole du parti.

Le Bureau politique a tenu à adresser ses encouragements et ses félicitations au Mouvement National des Jeunes pour le Progrès (MNJP) pour la bonne tenue de ses assises à Kaolack, le 21 août 2004, à l'Alliance Nationale des Universitaires pour le Progrès (ANUP) pour la réussite de sa table ronde le 25 août à Dakarainsi qu'à la Direction de l'Ecole du parti pour la parfaite organisation de sa première session de formation des formateurs, les 18 et 19 septembre 2004.

Avant de terminer ses travaux, le Bureau politique a tenu à féliciter chaleureusement les responsables du département de Foundiougne, pour le succès éclatant du meeting organisé dans le Niombato à Keur Saloum Diané, le mardi 21 septembre 2004 et qui administre la preuve de l'inanité des tentatives de déstabilisation entreprises par l'adversaire au niveau des communautés rurales.

Fait à Dakar, le 30 septembre 2004
Le Bureau politique de l’AFP