Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 26 juin 2003


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le 26 juin 2003 sous la présidence de Monsieur Oumar Khassimou Dia, Secrétaire national chargé du Monde rural et de l'Hydraulique, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du Parti

Le Bureau politique de l'AFP regrette que le gouvernement continue de se livrer à un verbiage stérile, au lieu de traiter en profondeur les problèmes qui hypothèquent une fois de plus la campagne agricole. Le gouvernement tente même de transformer en succès des palliatifs tels que la distribution chaotique de vivres de soudures insuffisants, alors que, par son imprévoyance, son incompétence et ses choix désastreux, il endosse l'entière responsabilité de la situation actuelle du monde rural. Privés de semences et de fertilisants, les paysans s'interrogent et l'exode rurale s'accentue, rendant incertaine une politique d'aménagement du territoire qui, du reste, n'est pas la priorité du pouvoir actuel.

Les mêmes carences affectent l'élevage. Les conditions dans lesquelles évolue aujourd'hui ce secteur se passent de commentaires. Les éleveurs eux-mêmes se sont exprimés à ce sujet, concernant notamment les pâturages, l'aliment de bétail pendant la soudure, les soins sanitaires pour les animaux et la commercialisation des produits provenant de l'élevage. Le Bureau politique de l'AFP estime que des mesures concrètes et immédiates doivent être prises pour résoudre les problèmes qui se posent dans ce domaine. Le Sénégal en a les moyens. Il s'agit de les mobiliser et de les mettre à la disposition des éleveurs.

S'agissant du dossier de la tragédie du " Joola ", l'autoritarisme dont le gouvernement fait montre aujourd'hui, donne à penser que les engagements souscrits au lendemain du 26 septembre 2002 avaient plutôt comme soubassement la gestion d'une situation explosive. Sur ce point précis, le Bureau politique de l'AFP rappelle au gouvernement de Maître Wade qu'il se doit, au nom de l'éthique et de l'esprit de justice, d'honorer ses promesses, sans chercher des faux fuyants.

En République, l'accomplissement de ce devoir élémentaire légitime l'autorité, qui ne prend corps que dans la mesure où elle est acceptée. C'est là qu'il faut chercher l'origine du malaise au sein de la justice de notre pays. La gestion erratique des audits par exemple, conforte les Sénégalais dans leur méfiance vis-à-vis des méthodes d'un pouvoir, pour qui la priorité se résume à la construction d'un système au service du nouveau parti-Etat, au détriment de l'intérêt général.

Même la diplomatie n'échappe pas aux effets d'annonce et au déficit de pondération, qui sont préjudiciables aux intérêts de notre pays et des Sénégalais de l'Extérieur.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a réaffirmé l'ancrage du parti dans une opposition responsable, mais hors du champs des compromissions, pour la mise en œuvre des thèses du premier Congrès ordinaire. A cet égard, le Bureau politique de l'AFP engage l'ensemble des responsables à animer régulièrement les structures de base, dans la transparence, la démocratie interne, dans le respect des procédures réglementaires et dans un esprit de concertation. C'est à ce prix que l'AFP continuera de participer avec succès à l'œuvre de rassemblement de toutes les forces patriotiques, en vue de la construction urgente de l'alternative pour alléger les souffrances de nos populations, face aux ravages des politiques des prétendus libéraux.

Le Bureau politique a tenu, par ailleurs à féliciter tous les députés du Groupe Espoir pour l'esprit de corps et de dépassement dont ils ont fait preuve à l'occasion du renouvellement du bureau de l'Assemblée Nationale. Il les encourage à poursuivre le combat pour la prise en compte des aspirations du peuple sénégalais qui attend toujours un début de réalisation des promesses électorales.

Fait à Dakar, le 26 juin 2003
Le Bureau Politique de l’AFP