Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 25 mars 2004


Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le jeudi 25 mars 2004 , sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur national, en l’absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission à l’étranger, autour de l’ordre du jour suivant :

1. Situation nationale

2. Vie du Parti

Le 4è anniversaire de l’alternance survenu le 19 mars 2000 vient d’être fêté par les tenants du pouvoir actuel, conformément à leur style et à leurs objectifs réels. Incapables de percevoir les récriminations des Sénégalais qui se sentent trahis et abandonnés, le gouvernement et ses laudateurs ont organisé des carnavals coûteux qui frisent l’indécence, eu égard aux nombreuses difficultés qui assaillent les Sénégalais des villes et des campagnes.

L’absence d’une politique agricole cohérente a accéléré l’appauvrissement du monde rural plongé aujourd’hui dans une misère scandaleuse, à la suite de la non maîtrise, trois années durant de la campagne de commercialisation. Le clientélisme du parti-Etat a provoqué le phénomène inédit des bons impayés, tandis que son incompétence a détruit le capital semencier. Son manque d’imagination au service de l’intérêt général l’a amené à penser aux bassins de rétention et aux pluies artificielles annoncées, en lieu et place d’une vraie politique aux fins de maîtriser l’eau.

Dans les villes, les jeunes et les masses suburbaines ne sont guère mieux lotis, car, comme pour l’agriculture, le gouvernement projette à tout vent des chiffres fantaisistes relatifs à l’investissement et à l’emploi. De 2000 à 2002, la moyenne annuelle des investissements étrangers tourne autour de quelque 30 milliards alors qu’en 1999, le montant des investissements étrangers avait atteint 60 milliards de f CFA. Ces chiffres implacables mettent à nu une baisse de moitié, que les contre-vérités officielles ne sauraient occulter. La mal gouvernance et l’affairisme ambiants ne constituent pas, en effet, un stimulant pour les investisseurs étrangers effrayés par un environnement non transparent , parsemé de multiples scandales qui remettent en question l’Etat de droit.

Dans ce contexte, la gestion par le parti-Etat du Fonds National pour la Jeunesse (FNPJ) a produit des résultats dérisoires, par rapport aux 120.000 demandeurs qui investissent chaque année le marché de l’emploi. La politique d’investissement du pouvoir actuel, au lieu de se mettre au service d’une vraie promotion économique et sociale, est régie par l’obsession relative aux grands projets du Président de la République qui, à l’image de l’aéroport de Ndiass sont mirifiques, mal conçus et mal engagés. Bref, l’économie nationale est devenue une série de points d’interrogation auxquels le pouvoir actuel répond en prétendant bâtir l’avenir sur la base de données fausses.

Notre système éducatif, qui a permis pendant longtemps de mettre à la disposition de notre pays des ressources humaines de qualité prend aujourd’hui eau de toutes parts et le malaise a gagné tous les acteurs de l’Ecole sénégalaise.

Ce malaise n’épargne pas les autres travailleurs des secteurs public, privé et informel qui se mobilisent partout dans le pays pour organiser la résistance contre l’arbitraire. La même frustration est palpable dans les régions périphériques, où le populisme pseudo-libéral se révèle jusqu’ici incapable de promouvoir l’aménagement du territoire et de mettre un terme à l’enclavement. De ce point de vue, le cas de la Casamance constitue l’exemple le plus douloureux, avec l’inoubliable tragédie du Joola, dont nombre de familles attendent encore la réalisation effective des promesses liées aux indemnisations et à l’acquisition de bateaux pour assurer la desserte maritime Dakar-Ziguinchor.

Face à ce sombre tableau, le Gouvernement au lieu de s’employer à trouver des solutions réalistes, opte pour la mise en scène aux fins de pallier son impopularité grandissante. Les dépenses somptuaires qui ont abouti aux nouvelles dérives de la Place du Millénaire, le 19 mars 2004, épousent les contours de la caricature de la démesure et du grotesque, que le réflexe totalitaire engendre traditionnellement. Le chiffre de 2 millions de manifestants n’est pas seulement une contrevérité de plus qui trahit la panique et le manque de sérénité qui se sont emparés de ceux qui nous gouvernent. Ce chiffre qui heurte le bons sens exprime en fait l’arrogance et la volonté du pouvoir actuel de mettre sous le boisseau les acquis démocratiques pour détourner la volonté populaire, au nom d’une prétendue nouvelle majorité, dont les instruments de mesure sont incompatibles avec la République et la Démocratie.

Le Bureau politique de l’AFP met en garde le pouvoir actuel contre ces dérives dangereuses pour la stabilité de notre pays. Après les élections frauduleuses d’avril 2001 et de mai 2002, l’image du Secrétaire National du PDS et non moins Président de la République, foulant aux pieds le calendrier républicain en scandant « 2007 MATUKO », conforte notre parti dans l’exigence d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Le Bureau politique de l’AFP invite tous les démocrates à engager dès à présent, le combat salutaire contre les dérives monarchistes du parti-Etat et de ses laudateurs impénitents qui sont incapables d’appréhender la portée historique du 19 mars 2000, qui est avant tout un moment fort de l’expression de la citoyenneté.

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a adressé ses chaleureuses félicitations à l’Alliance Nationale des Etudiants et Elèves pour le Progrès (ANEEP) dont le dîner débat organisé le 19 mars 2004, a connu un succès éclatant.

Le Bureau politique a également adressé ses félicitations à la délégation qui a représenté le parti au séminaire co-organisé le 20 mars 2004 par le Bureau Permanent de AND-JEF/PADS et le Secrétariat Permanent de la LD/MPT sur le thème « L’alternance à mi-parcours et les responsabilités de la Gauche »

Enfin le Bureau politique engage les Coordonnateurs régionaux à préparer les prochaines étapes des tournées du Secrétaire Général du parti, M. Moustapha Niasse, dans le respect des objectifs fixés.


Fait à Dakar, le 25 mars 2004
Le Bureau politique de l’AFP