Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Vendredi 25 avril 2003

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le Vendredi 25 avril 2003 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti. La réunion du Bureau politique de ce jour a examiné deux dossiers essentiels :

  • La mise en œuvre des résolutions et recommandations adoptées par le premier Congrès ordinaire de l'AFP le 2 mars 2003
  • La Situation de l'Agriculture sénégalaise et ses conséquences sur l'économie du pays.

Le Bureau politique de l'AFP a passé en revue, secteur par secteur, les domaines dans lesquels le Congrès du parti a défini et arrêté, par delà les orientations à caractère général, les composantes et modules d'actions concrètes. Ces actions consignées dans la résolution générale du Congrès constituent la base même du programme de l'AFP dans les secteurs concernés.

Il s'agit notamment, de la relance de l'économie sénégalaise, de la politique de l'emploi, du développement des PME et PMI, de la réhabilitation des infrastructures, routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, de la construction de nouveaux axes reliant les régions entre elles, et des aménagements urbains destinés à faciliter la fluidité de la circulation des automobiles dans l'agglomération de Dakar.

Il s'agit, par ailleurs, des conditions de création d'un environnement économique et industriel attractif, pour les investisseurs et les partenaires extérieurs, sans ignorer la nécessité d'encourager et soutenir les opérateurs nationaux de toutes catégories, pour la part qui leur revient dans le développement de notre pays.

L'AFP entend mettre en œuvre progressivement l'ensemble des résolutions et recommandations du Congrès constituant ce programme.

Le Bureau politique de l'AFP évoquant la situation de l'agriculture sénégalaise, a analysé le contenu du " projet de loi d'orientation agricole " d'une part, et la prochaine campagne agricole d'autre part, à la lumière des annonces faites par les pouvoirs publics, à propos des semences d'arachides et de la demande paysanne en intrants agricoles.

En ce qui concerne les semences d'arachides, le Bureau politique considère qu'il y a deux aspects : d'abord le déficit au plan des quantités nécessaires pour cette année, ensuite la perte du capital technologique accumulé au terme d'une longue période de recherche qui avait permis de créer des semences sélectionnées qui firent la réputation de notre pays. En outre, il est prouvé qu'il a toujours été nécessaire de réaliser une première multiplication puis une seconde, pour disposer en qualité et en quantité, de semences à même d'assurer une production optimale d'un million de tonnes. Un tel programme requiert au moins quatre années. La destruction avérée du capital semencier et la non valorisation des résultats acquis au plan technologique et scientifique, ont ainsi fait reculer notre pays, par rapport aux attentes légitimes des populations, au regard des progrès accumulés grâce aux travaux des chercheurs sénégalais.

S'agissant de l'option vente au comptant ou distribution des semences sous forme de crédit et du transport des dites semences dans les zones paysannes, le Bureau politique de l'AFP tient à mettre en garde le gouvernement contre toute nouvelle opération impliquant les opérateurs sans garantie, dans des conditions non transparentes et non sécurisées comme cela a déjà été le cas, au détriment des paysans sénégalais.

A cet égard, il est inquiétant que l'annonce de 35 000 tonnes de semences faite par le gouvernement, ait fait l'impasse sur la qualité et les conditions de distribution, et ne corresponde guère à une réalité tangible. Il est juste que le peuple demande au gouvernement de s'expliquer sur le contenu réel de cette annonce à quelques semaines seulement des premières pluies.

Dans le même temps, et alors que tous ces problèmes, attendent solution, le gouvernement met sur la table l'idée d'un " projet de loi d'orientation agricole ", au lieu de s'atteler à prendre de mesures concrètes face aux exigences de la période pré-hivernale.

Une fois de plus, le gouvernement confond, dans ce dossier comme dans d'autres, le verbe et le sujet. Le million de tonnes de maïs brandi est un leurre, tout comme la " nouvelle loi d'orientation agricole " est un instrument de spéculation foncière qui met sous le boisseau le dialogue et la décentralisation, avec un relent d'autoritarisme d'un autre âge. C'est, en quelque sorte, la déstabilisation programmée de notre pays, avec la multiplication de foyers de tension et de violence.

Fait à Dakar, le 25 avril  2003
Le Bureau Politique de l’AFP