Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 24 novembre 2005

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 24 novembre 2005, sous la présidence de M. Louis Dacosta, Secrétaire National chargé des Retraités des secteurs public et privé, des Personnes âgées et des Handicapes, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est de nouveau penché sur la situation du monde rural, qui est menacé par une paupérisation galopante, due en partie à des revenus monétaires irréguliers et insuffisants. A ce jour, les paysans du Sénégal ne sont pas édifiés sur le prix de l'arachide au producteur. En outre, des oiseaux granivores sont en train de ravager les cultures vivrières, notamment, dans le nord du pays. L'équilibre écologique est également menacé par d'immenses feux de brousse, qui ont affecté les régions de Louga, Saint-Louis et Diourbel. Plus de 6.000 hectares ont été détruits. Le tapis herbacé n'a pas été épargné. Sur tous ces dossiers, le Gouvernement de Maître Wade affiche, comme d'habitude, son incompétence et son indifférence.

Le Bureau politique de l'AFP condamne cette attitude qui indique clairement que les priorités des populations sénégalaises ne sont guère les préoccupations du pouvoir en place. C'est ainsi que les difficultés multiples qui assaillent les Sénégalais ont été accrues par l'augmentation subreptice du prix du gaz domestique et celle annoncée du prix de l'électricité. Ces choix peu lucides ont un impact négatif aussi bien sur le pouvoir d'achat des ménages que sur l'économie de notre pays, dont l'essor est déjà gêné par les coûts élevés des facteurs de production.

Le Bureau politique de l'AFP engage le Gouvernement de Maître Wade à mettre un terme à l'improvisation et à s'employer, un tant soit peu, à réfléchir et à agir autour des grandes lignes d'une vision qui l'amène à exécuter, enfin, les politiques pour lesquelles les Sénégalais ont fait leur choix du 19 mars 2000. La révolte des jeunes de Kolda, comme la récente déclaration de l'Union des Magistrats du Sénégal, intègrent le même tempo d'un même malaise généralisé distillé dans toutes les couches de la population. Les problèmes sociaux, associés aux difficultés d'ordre institutionnel et à l'insécurité constituent assurément les composantes d'un tableau lourd de dangers pour la stabilité de notre pays.

Le Bureau politique de l'AFP invite le pouvoir en place à prendre la vraie mesure de la situation, au lieu de continuer à louvoyer et à exercer un embryon d'une terreur d'Etat sur tous les citoyens qui dénoncent les dérives attentatoires à la permanence de la République et aux libertés.

Le Bureau politique de l'AFP condamne avec la dernière énergie le harcèlement exercé sur la presse et l'opacité dans laquelle se trouve plongé le processus électoral, opacité consécutive à la panique du pouvoir en place qui fait l'objet d'un rejet massif de la part des populations exsangues. Le recrutement de 200 jeunes par le ministère de l'Intérieur, pour les mettre à la disposition de l'Administration territoriale, est une digue dérisoire face à la volonté des Sénégalais d'en finir avec un régime incapable d'amorcer le moindre mouvement vers la réalisation de ses promesses prises dans la nasse du populisme et de la démagogie.

Le Bureau politique de l'AFP engage les responsables et les militants du parti, à quelque niveau qu'ils se situent, à se tenir prêts, avec l'ensemble de l'opposition patriotique et des démocrates, pour exécuter le plan d'action de Clarté Naa Leer. Au-delà du processus électoral, ce plan d'action est en fait l'expression d'un combat pour la sauvegarde de l'Etat de droit et des libertés menacées par l'autoritarisme archaïque du pouvoir.

   

Fait à Dakar, le 24 novembre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP