Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 24 juin 2004

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 24 juin 2004, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, empêché, autour de l'ordre du jour suivant :

  • Situation nationale
  • Vie du parti

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation politique nationale, caractérisée par les déclarations faites à Kaolack, le 18 juin 2004, par Maître Abdoulaye Wade, contre les libertés publiques, la paix sociale et le maintien d'un climat politique apaisé au Sénégal.

Après avoir examiné, avec toute l'attention nécessaire, les conséquences de telles déclarations sur le moral des populations rurales et urbaines, à un moment crucial de préparation des activités de la période des cultures, le Bureau politique estime que gérer un pays ne saurait plus longtemps se réduire à formuler des promesses jamais respectées et des menaces sur la vie des citoyens, en laissant en rade, délibérément, les actes à poser et les chantiers à entreprendre, que tout peuple a le droit d'attendre de ceux qu'il a désignés pour accomplir des missions d'Etat, pour la satisfaction des aspirations d'intérêt collectif.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP condamne les prises de positions partisanes de Me Abdoulaye Wade et lui rappelle que les dirigeants des formations politiques, à commencer par l'AFP, entendent utiliser le droit d'expression et la liberté d'opinion prévues par la Constitution de la République, au Sénégal comme partout ailleurs, pour la consolidation de la démocratie dans notre pays, la restauration du crédit de l'Etat et l'arrêt sans délai du bradage et du pillage des ressources nationales.

Crédibiliser l'Etat, c'est promouvoir une croissance multisectorielle pour faire reculer la pauvreté, en établissant, sur cette base, un ordre de priorités pour dynamiser l'activité économique. Le Gouvernement de Me Wade devrait renoncer à recourir à l'arbitraire et au fait accompli qui nuisent au renforcement de l'efficacité des Institutions de la République. Les atteintes aux droits humains et aux libertés publiques accompagnent, dans ce contexte, le blocage de la quasi-totalité des projets de développement et installent le pays dans une situation d'immobilisme qui affecte de nombreux secteurs de la vie nationale.

C'est pourquoi, s'agissant de la crise du monde rural et de la pauvreté qui en résulte au détriment des populations, le Bureau politique de l'AFP a constaté, avec regret, que le Président de la République n'a abordé aucune des questions prioritaires, ni à Fatick ni à Kaolack, lors de sa tournée de chef de parti. C'est d'autant plus surprenant que les paysans espéraient, à tout le moins, des assurances ou des informations sérieuses sur les semences d'arachide, sur les céréales, sur le programme annoncé de production d'un million de tonnes de manioc, sur les intrants agricoles et les vivres de soudure. En lieu et place, la promesse d'extension du port de Kaolack jusqu'à Kahone, en dehors de toutes considérations techniques fiables et la transformation des maisons inondables dans la zone des abattoirs de Ndangane en bassins de pisciculture, annoncées en grande pompe, n'ont point convaincu, y compris même les militants de son propre parti, le PDS.

C'est dans ce contexte que le Bureau politique de l'AFP a situé la décision prise, le mardi juin 2004, par les partis membres du CPC, par ceux du G 10, par le Jef Jel, le MDRS, le PTP, et le RTAS, de créer un cadre commun de concertation et de lutte pour endiguer les dérives dangereuses du pouvoir actuel embourbé dans les eaux fangeuses de la malgouvernance caractérisée et imposer, quoi qu'il en coûte, la transparence du processus électoral. Le Bureau politique de l'AFP salue cette décision et rend un hommage vibrant aux dirigeants politiques et aux militants des droits de la personne humaine qui ont contribué à donner corps à ce projet.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a évalué la tournée que le secrétaire général, M. Moustapha Niasse, a effectuée dans la région de Thiès, du 15 au 18 juin 2004. Le Bureau politique a tenu à adresser ses plus vives félicitations à tous les responsables et militants de la région de Thiès et ses trois départements (Mbour, Tivaouane et Thiès) pour leur mobilisation exemplaire et leur détermination à lutter aux côtés des populations, afin de résister contre les politiques meurtrières du pouvoir pseudo libéral.

Le Bureau politique adresse tout particulièrement ses félicitations aux camarades de Ndiass, Ndiaganiao,Sandiara, Nguékhokh, Mbour, Mboro et Ngoudiane. Dans cette dernière localité, non seulement l'anniversaire de la déclaration du 16 juin 1999 a été célébré, mais le parti a décidé de présenter la candidature du secrétaire général, M. Moustapha Niasse, aux prochaines élections présidentielles.

Pour assumer ces responsabilités historiques avec toutes les forces de progrès de notre pays, le Bureau politique exhorte le parti à poursuivre, dans tous ses démembrements, son programme d'animation, de formation et d'information pour libérer le Sénégal de l'emprise néfaste du pouvoir actuel.


Fait à Dakar, le 24 juin 2004
Le Bureau politique de l’AFP