Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 23 décembre 2005

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le Vendredi 23 décembre 2005, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination et des Activités du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à des échanges approfondis sur le contexte que traverse notre pays, contexte chargé de nuages qui s'amoncellent, jour après jour. L'augmentation exponentielle du budget de l'Etat du Sénégal est en porte à faux avec la morosité ambiante. Le train de vie des tenants du pouvoir ne résulte pas d'activités productives. Pire, les Sénégalais constatent avec préoccupation le développement du réflexe totalitaire et répressif du Gouvernement de Maître Wade qui ne cesse de poser des actes lourds de dangers pour l'Etat de droit, la paix civile et la stabilité de notre pays.

Les populations sénégalaises sont exsangues et se sont définitivement fait une religion, à propos de la volonté et de la capacité du Gouvernement de Me Wade à se pencher sur les maux de tous ordres qui les assaillent. La complainte généralisée est relayée par plusieurs associations et syndicats qui évoluent dans des secteurs d'activités différents, d'une importance capitale pour notre pays.

La situation du monde rural est si critique, suite à l'absence de financement de la campagne de commercialisation agricole que le Conseil National de Concertation des Ruraux (CNCR) menace de descendre dans la rue. Par ailleurs, face aux interminables louvoiements du pouvoir actuel, le SUTSAS continue de réclamer ses droits. A travers tout le territoire national, les enseignants, particulièrement les corps dits émergents déclenchent des grèves, pour les mêmes raisons. Mais, en ce qui concerne les étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop qui réclament leurs bourses et de meilleures conditions d'études, les affrontements avec les forces de l'ordre se déroulent, depuis un certain temps, au quotidien.

Pour ce qui concerne les Magistrats et les Avocats, les enjeux sont particulièrement sensibles, parce qu'il s'agit du fonctionnement régulier du pouvoir judiciaire, qui est au cœur de notre modèle démocratique. L'exaspération des Magistrats et des Avocats, tout comme celle des gardes pénitentiaires sont consécutives à l'attitude du Gouvernement de Me Wade, qui n'a cure de la séparation des pouvoirs. Les maux de la justice sénégalaise sont l'expression dramatique de la régression démocratique en cours, dont l'unique but est de satisfaire les préoccupations d'un clan, au détriment de l'intérêt général et de l'Etat de droit. Il en est de même du nouvel organe de régulation de l'audiovisuel dont le profil particulièrement restrictif et répressif est dirigé essentiellement contre la presse privée, c'est-à-dire contre les dispositions de la Constitution relative à la liberté d'expression et à la liberté d'information.

C'est la raison pour laquelle le mémorable meeting de Clarté Naa Leer du 17 décembre 2005 est venu à son heure, pour donner le signal de la résistance contre toutes ces dérives anti-démocratiques et le blocage programmé du processus électoral. Après la refonte totale du fichier décidé unilatéralement par Me Abdoulaye Wade, Président de la République et Secrétaire national du PDS, après la nomination des membres de la CENA au mépris de la procédure que la loi impose, voilà que le pouvoir sort de son chapeau le couplage des élections, avec un argumentaire cynique qui exploite maladroitement la détresse des populations victimes d'inondations. Lors de la réunion avec les partis politiques, le mardi 20 décembre dernier, les membres de la CENA ont eux-mêmes enfoncé le clou, en soulignant que le Gouvernement n'a mis à leur disposition ni les moyens logistiques, ni le budget nécessaire à l'accomplissement de leur mission de contrôle et de supervision du processus électoral. Cette nouvelle violation de la loi est une confirmation sans équivoque du refus de Me Wade et de son camp d'organiser des élections régulières et transparentes. L'on est même fondé à se demander, si Me Wade et son régime, face au rejet massif des populations, ont envie d'organiser des élections.

Malgré tous ces louvoiements, le Bureau politique de l'AFP engage les responsables et les militants du parti, à quelque niveau qu'ils se trouvent, à s'inscrire massivement, avec esprit d'organisation et de méthode, sur les listes électorales.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations aux responsables et militants de la région de Dakar qui, par leur mobilisation et leur détermination sans faille, ont contribué massivement au succès éclatant du meeting de Clarté Naa Leer du 17 décembre 2005. Le Bureau politique adresse également ses vives félicitations aux camarades membres du Comité d'organisation du meeting qui ont accompli, avec générosité, les tâches qui leur incombaient.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP, après avoir adopté les programmes d'activités des femmes et des jeunes, pour les semaines à venir, les a exhortés à continuer à faire preuve de détermination dans un combat dont les enjeux, au-delà de toutes les péripéties imposées par les dérives du pouvoir actuel, concernent les intérêts supérieurs de notre pays, qui doit sortir au plus vite de la zone de turbulence qu'il traverse, en mettant fin au règne de l'incompétence, de la médiocrité et du césarisme prétendument éclairé.

   

Fait à Dakar, le 23 décembre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP