Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 23 octobre 2003


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 23 octobre 2003 sous la présidence de M. Oumar Khassimou Dia, Secrétaire National chargé du Monde rural et de l'hydraulique, en l'absence du Secrétaire Général, M.Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale

2. Vie du parti

Le Bureau politique s'est d'abord penché sur le contexte national caractérisé par une avalanche de faits de violence politique sans précédent suivie de dénis de justice. Les Sénégalais s'interrogent, s'inquiètent et expriment leur profonde préoccupation face au discours multiforme qui nous renvoie à un projet inacceptable : la remise en question des acquis démocratiques. Après le verdict relatif aux incidents tragiques de la bourse du travail, la télévision nationale franchit allègrement toutes les frontières de la décence en organisant une propagande partisane digne des régimes totalitaires qui tentent de violer les consciences et ignorent la douleur des veuves et des orphelins.

Avec les Sénégalais, le Bureau politique de l’AFP condamne la banalisation de l’impunité. Trop de coupables et de commanditaires de crimes courent toujours.

L'enquête relative à l'agression du leader du Jëf-Jël est un autre test où l'État est attendu. Le respect de notre Constitution, dans sa lettre et dans son esprit, notamment du principe de la séparation des pouvoirs, est la voie royale pour identifier les coupables et les commanditaires et les punir. C'est la seule manière d'envoyer un signal fort aux Sénégalais qui se posent des questions lancinantes sur des dérives qui semblent exprimer une volonté liberticide . Le Bureau politique de l'AFP lance un appel à tous les responsables, à tous les militants du parti et à tous les démocrates pour les inviter à participer massivement, avec discipline et détermination à la marche populaire que le CPC effectuera le jeudi 6 novembre 2003.

Le Bureau politique de l'AFP engage le Gouvernement à prendre la mesure des risques qu'il fait peser sur l'avenir de notre pays avec une politique de mise en scène permanente qui s'emploie à travestir la réalité ou à projeter des chimères, sans rapport avec les difficultés de toutes sortes que vivent les Sénégalais, victimes de l'impéritie, du tâtonnement, des volte-face, des promesses non tenues que n'arrive pas à faire oublier le verbe. Et voilà qu'on nous ressert, sur le plateau des illusions perdues, des prévisions de récoltes et des taux de croissance qui feignent d'ignorer l'appauvrissement qui gagne la majorité des Sénégalais, depuis le démantèlement inconsidéré de la filière arachidière. Il est inutile de chercher des boucs émissaires. Le Gouvernement est l'unique responsable de la mauvaise qualité des semences, qu'il s'agisse de l'arachide ou du maïs.

Le Bureau politique de l'AFP demande au Gouvernement de prendre des mesures urgentes de sauvegarde pour préserver les récoltes suite aux pluies d'octobre et aider les nombreuses populations sinistrées que les inondations ont surprises.

La décision d'autoriser le renflouement du bateau "Le Joola", plus de douze mois après le naufrage, participe de l'art de ne pas traiter les problèmes en temps réel. L'on oppose aujourd'hui le manque de moyens de notre pays alors que, deux jours après la tragédie du Joola, le Secrétaire Général de l'AFP, M. Moustapha Niasse, avait transmis au Gouvernement l'offre d'une société suédoise, qui ne demandait à l'État sénégalais que la couverture de ses frais de fonctionnement.

Le désenclavement de la région sud est un autre dossier sur lequel le Gouvernement, à ce jour, n'a pas apporté de solution. Après avoir annoncé l'arrivée de deux bateaux avant le 26 septembre dernier, il se mure à présent dans un silence peu rassurant.

En abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a fait des recommandations aux responsables des délégations régionales et des délégations départementales, pour que la réunion du Comité directeur du 07 décembre 2003 se tienne avec des militants bien informés sur les orientations, les objectifs et les décisions du parti. La situation nationale peu reluisante exige en effet la mobilisation de toutes les bases pour préparer la conquête démocratique du pouvoir et sauver notre pays pris dans l’étau des politique ruineuses des pseudo libéraux qui ont installé l’alternance dans la nasse.

Enfin le Bureau politique de l’AFP a appris avec consternation l’assassinat de M. Jean Hélène, grand reporter à RFI. Il condamne ce crime odieux contre la libre circulation de l’information et s’incline devant la mémoire de M. Jean Hélène tout en présentant ses condoléances attristées à ses confrères, à sa famille et à ses amis.

Fait à Dakar, le 23 octobre 2003
Le Bureau Politique de l’AFP