Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 23 janvier 2003

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 23 janvier 2003 sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur National du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission à l'étranger. Lors de sa séance, le Bureau politique a examiné l'ordre du jour suivant :

1.  Situation nationale
2.  Vie du parti

Devant l'angoisse poignante que suscitent les interrogations multiples des Sénégalais, auxquelles le Gouvernement de Me Wade reste insensible, le Bureau politique de l'AFP considère que notre pays est plus que jamais en danger. Le manque de vision et la malgouvernance ont des conséquences qui frappent tous les secteurs de la vie nationale.

En effet, la misère profonde et la désolation du monde rural, le désarroi des éleveurs, la détresse de l'école sénégalaise, la déliquescence du système sanitaire, la dégradation du pouvoir d'achat des populations, l'insécurité, la corruption sont de la responsabilité exclusive du gouvernement sénégalais.

Pour cette raison, le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité avec les syndicats d'enseignants et avec l'ensemble des forces sociales qui luttent contre le sort que leur réserve un gouvernement incapable de tenir ses promesses et de conduire une politique cohérente et responsable.

Le Bureau politique de l'AFP invite le Gouvernement à nouer un vrai dialogue avec les organisations paysannes et les associations d'éleveurs pour, enfin, abandonner sa politique de l'autruche et sa fuite effrénée en avant, face au désastre.

Le dialogue doit être noué également avec tous les acteurs de l'école sénégalaise qui, décidément, ne semble pas être une priorité du Gouvernement de Me Abdoulaye Wade. La revalorisation de la fonction enseignante n'est pas une exigence déraisonnable face au train de vie de l'État qui continue d'augmenter. La suppression du Lycée Lamine Guèye, malgré les subterfuges du discours, est inacceptable. Par ailleurs, la transparence et la concertation doivent présider aux décisions qui concernent tous les partenaires de notre système éducatif. Il devrait en être ainsi, notamment, du recrutement des sortants des Ecoles de formation, comme les Efi.

Dans ce sens, les risques de violence dont est porteur la culture du jeu dans la société sénégalaise et particulièrement chez les jeunes, sont réels et menaçants. Il est donc important pour le gouvernement, de donner à l'école de notre pays et à ses enseignants des moyens suffisants de travail pour occuper sainement la jeunesse sénégalaise et lui ouvrir des perspectives d'étude, de travail et de loisirs sains.

Par ailleurs, les prétendus grands projets du Chef de l'État n'échappent pas aux méthodes opaques. La maquette de l'aéroport de Ndiass, qui a été présentée aux téléspectateurs sénégalais a heurté, à juste titre, l'opinion et l'Ordre des Architectes qui exigent le respect des lois et des règlements en vigueur. Ce nouvel exemple de malgouvernance n'est qu'une facette du refus permanent du Gouvernement de Me Wade de se soumettre aux exigences minimales de la République.

La régression démocratique à travers les tentatives de manipulation de la Constitution participe de cette volonté d'échapper aux principes du pluralisme et de la transparence.

Le Bureau politique de l'AFP s'oppose, avec toutes les forces démocratiques, à cette politique archaïque que l'État-PDS, telle une camisole de force, veut imposer à l'ensemble du corps social et à la vie politique de notre pays.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau Politique de l'AFP réaffirme son option pour l'émergence au Sénégal d'une gauche moderne et démocratique, dont le programme économique, social et culturel s'inscrit dans une perspective de réformes, sur des bases consensuelles et sur les idéaux de partage, tout en créant par ailleurs, pour le privé national, étranger, comme pour le secteur public, les conditions suffisantes et transparentes du renforcement des capacités de développement du Sénégal.

En vue de la tenue des assises du 1er Congrès ordinaire, les 1 et 2 mars 2003, le Bureau Politique de l'AFP invite les instances habilitées du parti à poursuivre et à approfondir toutes les réflexions politiques économiques et idéologiques, pour créer les conditions optimales d'échanges fructueux qui portent la vision et le programme de l'Alliance des Forces de Progrès. Aussi, à cette occasion, le Bureau Politique réaffirme son option pour l'unité dans l'action, de toutes les forces progressistes, socialistes et démocratiques de notre pays, afin de donner à cette alternative tous les moyens de sa réalisation.

Fait à Dakar, le 23 janvier 2003
Le Bureau politique de l’AFP