Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 20 octobre 2005

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le jeudi 20 octobre 2005, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l’absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l’ordre du jour suivant :  

1. Situation nationale ;

2. Vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a constaté qu’en cinq ans d’exercice du pouvoir, le Gouvernement dit de l’alternance a réussi à installer dans notre pays une malgouvernance chronique, où la médiocrité, le désordre, le bavardage et l’arbitraire se disputent les premières loges.  

L’agression inouïe dont Sud Communication a été victime, le 17 octobre dernier, n’est pas un acte isolé. Elle est une composante d’un même ensemble, comme l’est la tentative d’assassinat de Talla Sylla, ou la violence exercée sur la marche de l’opposition du 12 avril, qui fut cautionnée par le Ministre de l’Intérieur lui-même. La construction de l’État de violence participe de la volonté du régime en place de se perpétuer, fût-il au prix de l’installation du chaos. La priorité, c’est d’échapper à tout prix à la sanction du suffrage universel, en refusant d’organiser l’expression de la souveraineté populaire, au terme d’une séquence qui met fin à un mandat déterminé.  

Le Bureau politique de l’AFP exprime sa vive indignation, face à la volonté puérile du Gouvernement de Maître Wade de bâillonner les libertés, et tout particulièrement la liberté de presse. Au-delà du harcèlement dont est victime le Groupe Sud Communication depuis quelques années, il s’agit de défendre la liberté et la sécurité des citoyens, qui sont gravement menacées par la volonté d’un pouvoir qui entend faire disparaître tous les mécanismes démocratiques auxquels il doit sa propre existence.

 C’est la raison pour laquelle le Bureau politique de l’AFP invite toutes les structures du parti à se joindre, avec détermination, au vaste mouvement citoyen qui est en train de prendre forme, pour lutter contre un projet dictatorial insensé, inopérant et suicidaire.  

Ce projet anachronique s’exprime également dans la gestion du processus électoral, gestion jalonnée de reniements de la parole donnée, d’initiatives nébuleuses, le tout enrobé dans un semblant de concertations ponctuées par de graves décisions unilatérales. Après avoir vidé la CENA de son contenu en choisissant des hommes sujets à controverse, après avoir décidé d’inventer 2 millions d’électeurs d’abord à Dakar, acte antirépublicain s’il en fût, le pouvoir est en train de mettre en place, avec un cynisme révoltant, le système qui lui permettra de programmer des résultats en harmonie avec son sinistre dessein d’éviter les vrais rendez-vous électoraux d’un vrai calendrier républicain.  

Le Bureau politique de l’AFP condamne tous ces détournements des missions de l’Etat au profit d’intérêts privés et tire sur la sonnette d’alarme, en invitant les partis politiques, les membres de la société civile, bref tous les citoyens à se dresser comme un seul homme, pour extirper de l’appareil d’Etat les dangereux prédateurs, en les laissant ruminer leur médiocrité et leurs innombrables forfaitures.  

En attendant la déconfiture annoncée du pouvoir en place, des organisations comme le FMI, le PNUD, et Transparency International restituent, tel le soleil au zénith, la réalité accablante. Cette réalité qui met à nu l’inanité du bavardage de nos gouvernants friands de prix, laisse apparaître clairement un Sénégal qui recule, des Sénégalais appauvris, aux prises avec les affres d’un cauchemar aux antipodes de l’immense espoir suscité par le 19 mars 2000. Le discours officiel n’a plus de propriétés anesthésiantes, même s’il continue de conjuguer au futur la lutte contre les inondations, les ordures, le choléra et la rentrée scolaire chaotique.  

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a apprécié l’installation, le samedi 15 octobre 2005, des démembrements de Clarté NA LEER, dans les départements de Rufisque, Pikine, Guédiawaye et Dakar. Dans ce dernier département, l’AFP a eu l’honneur d’accueillir la cérémonie dans son siège. Le Bureau politique de l’AFP a adressé ses vives félicitations aux responsables et militants des départements concernés, pour leur contribution active au succès de ces initiatives qui constituent un jalon important dans la lutte contre le dispositif de fraudes électorales que le pouvoir a mis en place.  

Le Bureau politique de l’AFP engage les responsables et les militants des 30 départements des 10 autres régions à préparer, avec le même sérieux et la même détermination, l’organisation des futurs démembrements de Clarté NA LEER. 

 

Fait à Dakar, le 20 octobre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP