Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 1 décembre 2005

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 1er décembre 2005, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire National chargé des Relations Extérieures du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique a examiné l'actualité nationale, à la lumière des derniers développements, autour du projet de loi de finances 2006, du processus électoral, bref de la gouvernance des affaires de la République sous Maître Wade.

Un rapide examen du projet de loi de finances laisse apparaître une pression fiscale drastique sur les salariés et les consommateurs. Parallèlement le train de vie de l'Etat poursuit son augmentation débridée, pour des objectifs parfois nébuleux et loin des préoccupations du peuple du 19 mars 2000. La boulimie de la Présidence de la République s'exprime, encore une fois, dans sa volonté de loger des projets normalement dévolus à des ministères techniques. En plus, ses dépenses de personnel augmentent de presque un milliard de francs Cfa. Toutes ces monstruosités expliquent le montant de près de 50 milliards alloués à la Présidence de la République. Par ailleurs, le CRAES qui nous avait été annoncé comme une structure légère, coûtera au contribuable sénégalais près de 3 milliards de francs Cfa.

Le Bureau politique de l'AFP estime que ces choix qui frisent l'arrogance ne relèvent pas du hasard. Ils sont au cœur d'un mode de gouvernance au service d'un pouvoir personnel et d'un groupe peu lucide qui s'emploie à prendre en otage notre pays. A la lumière de la lettre en date du 25 novembre 2005 que le Président de la République, Secrétaire national du PDS, a adressée aux leaders de Clarté Naa Leer, il apparaît clairement que le pouvoir en place a voulu exploiter, de manière inqualifiable, le malheur des sinistrés des inondations, pour arranger le calendrier républicain en fonction des intérêts d'un clan.

C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP adhère totalement au plan d'action de Clarté Naa Leer et invite toutes les structures du parti à se tenir prêtes pour participer activement à la résistance des Sénégalais contre un pouvoir qui entend mettre entre parenthèses notre texte fondamental et notre loi électorale. Aujourd'hui, au-delà des manquements et de l'opacité liés au déroulement du processus électoral, on peut être fondé à se demander si le Gouvernement de Me Wade a réellement l'intention d'organiser des élections.

Les enjeux du combat des démocrates sénégalais dépassent largement la vision réductrice de Me Wade pour qui les activités du pouvoir d'Etat se réduisent à un jeu, sous l'œil d'un l'entraîneur. Non ! Les Sénégalais n'ont pas élu un entraîneur, encore moins un entraîneur qui s'agrippe à ses fonctions malgré les résultats catastrophiques. Les brassards rouges arborés par les populations sur toute l'étendue du territoire national constituent le meilleur bilan d'un gouvernement, qui a épuisé jusqu'à la lie tous les breuvages de la manipulation.

Les médias publics ont tellement été utilisés au service d'un pouvoir personnel qu'ils en ont perdu toute crédibilité. La violence d'Etat constitue l'autre tentation dangereuse pour la démocratie et la stabilité de notre pays. Un journal de la place a fait état des félicitations du Président de la République adressées à un Conseiller régional de Diourbel qui avait brandi une arme à feu, en pleine session. Le Président de la République devrait s'abstenir d'émettre des propos ou d'adopter des attitudes aux conséquences dramatiques. Il doit s'éloigner, sans équivoque, de l'instigation à la violence. Le Bureau politique de l'AFP met en garde le pouvoir en place contre toute volonté d'installer notre pays dans une situation d'exception, qui conforterait et justifierait les nombreuses dérives antidémocratiques.

En ce qui concerne l'affaire Hissène Habré, le Bureau politique considère que les hésitations et autres volte-face du Gouvernement de Me Wade ne sont que l'expression de cette malgouvernance, au plan diplomatique. Dans cette affaire, non seulement la hiérarchie des normes a été foulée aux pieds, mais les traditions diplomatiques et le bon sens ont été soumis à rude épreuve. En effet, comment un arrêté ministériel peut se placer au dessus d'une décision de justice ? Comment un Chef d'Etat d'un pays membre d'une Organisation continentale, a pu penser, un seul instant, qu'il pouvait imposer le fait accompli à tous ses pairs ?

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations aux responsables de la région de Dakar et aux camarades représentant le parti dans les Commissions administratives d'inscription sur les listes électorales. Le Bureau politique les engage à demeurer vigilants pour poursuivre avec efficacité le contrôle de toutes les phases du processus électoral. Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP invite tous les responsables et militants, concernés à accélérer le processus de mise à disposition des cartes, conformément à l'esprit et à la lettre de la Circulaire n° 15.

   

Fait à Dakar, le 1 décembre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP