Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 18 mars 2004


Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le jeudi 18 mars 2004 , sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du Parti


Le Bureau politique a tout d’abord observé une minute de silence pour s’incliner devant la mémoire de M. Siradiou DIALLO, Secrétaire général de l’UPR de Guinée, journaliste et militant infatigable de la promotion de l’Afrique et des Droits Humains. Le Bureau politique de l’AFP adresse ses vives condoléances à la famille du disparu, ainsi qu’aux membres de sa formation politique.

Après cet hommage rendu à un grand militant de la démocratie, le Bureau politique s’est penché sur les dossiers nationaux. A ce propos, la situation que subissent les populations de notre pays, toutes catégories confondues, conduit à de multiples interrogations demeurées sans réponse. Aujourd’hui, il est en effet évident que le Sénégal n’est pas gouverné, comme il se devrait, c’est-à-dire par une application rigoureuse des principes républicains et dans le seul souci d’aboutir à des résultats palpables, secteur après secteur, au profit de l’intérêt général. L’évocation de certaines dispositions de la Constitution, ouvrant des voies de droits nouveaux en faveur de certaines catégories de la population et qui ne sont pas concrétisées par des mesures formelles, n’y changeront rien.

La malgouvernance, visible et constatée par tous, y compris dans les rangs du pouvoir, ne cesse d’envahir tous les domaines de la vie nationale. Et les fausses statistiques, qui ne reposent sur aucune donnée vérifiable, sont déclinées, comme toujours, au futur. De même, la floraison des marchés de gré à gré, l’affairisme et les pratiques d’enrichissement sans cause, les partis pris, l’intolérance, le favoritisme et les promotions non méritées, illustrent à suffisance cette malgouvernance.

La délégation du Bureau politique de l’AFP, en rendant compte du déroulement de la tournée effectuée, récemment, à l’intérieur du pays par le Secrétaire Général du parti, a pu mettre le doigt sur les vrais problèmes, parmi lesquels l’état de délabrement avancé des infrastructures routières. Cela constitue un handicap sérieux face à tout projet de développement. L’état des routes au Sénégal est d’autant plus inquiétant que les pouvoirs publics ne semblent prévoir, ni préparer un programme cohérent et réaliste avec des dispositions pratiques pour en assurer la réhabilitation, avec des moyens techniques appropriées et des crédits inscrits à cet effet. Evidemment, le gouvernement ne doit pas baisser les bras et adopter la politique de l’autruche. Il a l’obligation de s’attacher, sans attendre, à prendre en charge ce dossier et à lui trouver une solution. En particulier, il convient de réinstaller, dans les chefs-lieux de régions, des Brigades d’entretien des routes, en les équipant de moyens techniques et en les dotant de crédits appropriés.

Dans le même registre, le Bureau politique de l’AFP a examiné les questions de développement et de promotion de l’investissement au Sénégal. La discussion engagée a permis de dégager une perception alternative de la politique actuellement menée au Sénégal, à la lumière d’une expertise tenant compte de l’environnement économique et de l’évaluation du financement du développement dans les pays du SUD. Le développement d’un pays n’obéit ni au hasard, ni à des réflexes improvisés. Il repose sur une planification des programmes, dans leur financement comme dans la localisation rationnelle des actes à poser, dans une dynamique maîtrisée de croissance, de bien – être et de performances de qualité.

A cet égard, il est indispensable que l’investissement productif soit considéré aujourd’hui comme une priorité, de manière à multiplier et à densifier les initiatives et synergies qui répondent le mieux aux exigences de l’heure, dans un contexte d’intégration sous-régionale et régionale. De même, tout investissement aujourd’hui décidé et tout engagement pris dans ce cadre, doivent tenir compte des générations futures et obéir aux objectifs de décentralisation des investissements publics vers les régions.

A la lumière de ces données intangibles, le Bureau politique de l’AFP a décidé d’adopter les propositions issues des discussions contenues et de les inclure dans la démarche qui sous-tend les projets de réforme de l’économie nationale, tels que les conçoit l’AFP, comme les bases d’un programme alternatif en matière de développement.

Par ailleurs, le Bureau politique s’est penché sur la situation de l’Etat de droit au Sénégal, au moment où les tenants du pouvoir tentent, laborieusement, d’établir un bilan sur la base d’éléments approximatifs, dans le but de manipuler l’opinion des Sénégalais vers des promesses nouvelles et sans fondement réel. Le cas que représente le dossier de la tentative d’assassinat de M. Talla Sylla , leader du Jëf-Jël, a été évoqué de nouveau. En effet, les données fournies par la presse dans le courant de la présente semaine, indiquent, clairement, que cette affaire n’est pas traitée dans la transparence et pour le triomphe de la vérité.

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique a exhorté les responsables des coordinations régionales et des délégations départementales à répercuter à la base les recommandations du parti, notamment en ce qui concerne le maillage sur le terrain, de la cellule jusqu’au sommet de la pyramide.

Fait à Dakar, le 18 mars 2004
Le Bureau politique de l’AFP