Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 18 décembre 2003


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 18 décembre 2003 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale

2. Vie du Parti

Le Sénégal a le droit de prétendre à un accès opérationnel et utile aux progrès résultant des nouvelles technologies de prise en charge du développement, à la faveur des perspectives ouvertes dans le domaine de l'information et de la communication. Pour ne pas être absent aux rendez-vous programmés, dans ce cadre, par la communauté internationale, et afin de pouvoir y jouer un rôle significatif et durable, notre pays a l'obligation de concevoir une approche technique appropriée, politiquement responsable et totalement adaptée aux exigences d'une telle ambition.. Pour l'Alliance des Forces de Progrès, le Gouvernement du Sénégal doit, dans cet esprit, s'éloigner de toute forme de politisation dans la conduite de la participation de notre pays à cette révolution scientifique des temps modernes. Les régimes passent et les aspirations des peuples demeurent, génération après génération. Et il est particulièrement regrettable que le chef de l'Etat M.Abdoulaye Wade, au mépris du devoir de vérité qui lie tout Gouvernement au peuple, ait tenté, à l'issue de la première phase du Sommet mondial sur l'information, de faire croire aux Sénégalais que son Gouvernement aurait remporté, à cette occasion ,l'on ne sait quelle victoire. Victoire sur qui et sur quoi, au demeurant ? Il faut, dès à présent, arrêter le folklore.

Avant que des dégâts collatéraux irréversibles ne viennent présenter notre pays sous un visage défavorable, il y a lieu de mettre fin à l'exploitation politicienne de la rencontre de Genève qui n'a été, en définitive, qu'un Sommet préparatoire de celui prévu à Tunis, en 2005, et qui continue de faire l'objet d'une préparation sérieuse, par un groupe d'experts de haut niveau, sous l'égide de l'ONU et de ses organes spécialisés. Il y a, enfin, que ce dossier de l'interaction entre les nouvelles technologies de l'information et de la communication, d'une part, et la problématique du développement global, d'autre part, dépasse de loin la question de la fracture numérique, pour trouver son épicentre sur la double question du financement-qui englobe, en son sein, le concept de Fonds de solidarité numérique- et de la place du secteur privé technique de pointe qui gère la maîtrise des données par dessus les Etats proprement dits.

Le fossé de la fracture numérique doit être traité et combattu comme les écarts injustifiables entre les niveaux de développement sur l'axe nord-sud .Il ne saurait, en aucun cas, servir de fonds de commerce politique pour un quelconque pouvoir en mal de popularité et qui cherche, pour cette raison, à détourner l'attention du peuple des urgences et des besoins pressants qui attendent des actions concrètes.

Ni la succession des pseudo- événements ni les campagnes médiatiques, et, encore moins, les annonces de projets nouveaux ou les promesses de taux de croissance sans aucun lien avec le développement réel, ne suffiront jamais à faire baisser les tensions qui prévalent sur le terrain politique et au milieu du front des revendications sociales. Pour l'AFP, gouverner, c'est poser des actes, produire et gérer des programmes vers le progrès en se tenant à l'écoute de ses mandants et respecter, au nom de la morale républicaine, les engagements pris.

A l'occasion de la commémoration de la disparition du Président Léopold Sédar Senghor, le Bureau politique de l'AFP a désigné des délégations qui représenteront le parti aux différentes manifestations prévues dans ce cadre. Le Secrétaire Général du parti, M. Moustapha Niasse, se rendra - personnellement -, comme il le fait chaque année, au cimetière de Bel Air, aux côtés des membres de la Fondation Léopold Sédar Senghor, dont il préside le groupe de réflexion, depuis sa création, en 1974. Il se rendra, également, à la Cathédrale du Souvenir Africain, où une messe de requiem sera célébrée pour le repos de l'âme de l'illustre disparu.

Le Bureau politique de l'AFP a, par ailleurs, évoqué le dossier du processus de paix en Casamance. Après plus de deux décennies de conflit, avec de nombreuses pertes en vies humaines et en destructions subies par le tissu économique et social de cette région-sud du Sénégal, il n'est que temps de voir intervenir, enfin, une solution négociée pour mettre fin, définitivement, à cette guerre.

De telles négociations ne peuvent prospérer que si les autorités gouvernementales appliquent les méthodes classiques et éprouvées, qui permettent de gérer avec efficacité et succès des situations de cette nature. En tout état de cause, une grande discrétion doit entourer les négociations annoncées, en dehors de toute propension en direction d'une théâtralisation qui ne conduirait qu'à des blocages regrettables.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a entendu une communication de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination et des Activités du parti, qui a rendu compte des rencontres que l'AFP a eues avec plusieurs délégations appartenant au monde du travail. Le Bureau politique a engagé le parti à suivre avec attention les préoccupations du mouvement social, conformément à l'option socialiste et démocratique validée par le 1er Congrès ordinaire de mars 2003.

Fait à Dakar, le 18 décembre 2003
Le Bureau Politique de l’AFP