Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 17 novembre 2005

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le jeudi 17 novembre 2005, sous la présidence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :  

1.  Situation nationale ;

2.  Vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP s’est penché sur la situation nationale, caractérisée par un condensé de problèmes sociaux aggravé par les tensions volontairement provoquées par le gouvernement de Me Wade, qui croit pouvoir sortir de l’impasse, en faisant le choix périlleux de la fuite en avant. Les travailleurs de la santé, de la justice et les journalistes sont en train  de résister contre les abus et les réflexes autoritaires du pouvoir actuel. Cette  agitation sociale est venue se greffer au désastre provoqué par les pluies et l’incurie d’un gouvernement bavard et imprévoyant.  

A l’occasion des inondations qui ont causé d’importants dégâts à Dakar et dans les autres régions, un élan de solidarité nationale avait été entretenu par le gouvernement, l’opposition, la société civile, les ong, et les partenaires extérieurs du Sénégal, pour trouver les solutions curatives face au phénomène. Mais il avait été question aussi d’élaborer des stratégies, pour éviter de nouvelles calamités. C’est dans cet esprit, selon les tenants du pouvoir, que le plan « jaxaay» avait été agité, sans étude préalable, avec un coût estimé à 52 milliards cfa.  

Aujourd’hui, les populations sinistrées vivent encore dans des conditions précaires au plan hébergement, alimentation et salubrité, dans des sites dispersés dans l’agglomération de Dakar, parfois dans des établissements scolaires, au moment de la rentrée des classes. Certes des écoles ont été libérées, mais les sinistrés subissent l’entassement et la promiscuité à Thiaroye, notamment. Le plan «jaxaay», qui n’a pas encore connu un début d’exécution, est confié à une agence, une agence de plus. Que sont donc devenus les fonds recueillis auprès des Sénégalais ? 3.000 maisons neuves avaient été promises, au mois d’août, par le Président de la République. Et dans sept mois, il y aura, si Dieu le veut, une nouvelle saison des pluies !  

L’inefficacité gouvernementale ressort également au grand jour, dans la gestion des problèmes épineux du monde rural. C’est ainsi que le prix au producteur de l’arachide n’a pas encore été traité avec sérieux. En effet, il est incompréhensible et inacceptable que le prix soit fixé à 105 FCFA/kg, alors que l’eau, l’électricité, les produits pétroliers et les denrées alimentaires connaissent des hausses au fil des semaines, surtout en brousse, où le coût du transport aggrave l’inflation. Le gouvernement n’a pas hésité à annoncer que la commercialisation de l’arachide ne relève pas de sa compétence. Cette fuite grave  des responsabilités laisse les paysans à la merci des spéculateurs. Au surplus, les autorités ont fait savoir que sur les 850.000 T. annoncées, la commercialisation ne concernerait que 120.000 tonnes, au maximum 200.000 T. c’est-à-dire, moins du quart de la production nationale.  

Ce tableau catastrophique ne semble pas émouvoir les tenants du pouvoir qui ont décidé, dans l’arrogance et l’inconscience totales, de revenir sur la suppression du Sénat. L’on se souvient que pendant la campagne électorale des présidentielles de 2000, le candidat Wade s’était solennellement engagé, devant les Sénégalais a supprimer cette Institution. Mieux, cet engagement figure en bonne place dans un document du Front pour l’Alternance (FAL), signé entre les deux tours par les plénipotentiaires de Me Wade. Ce reniement est inopportun pour deux raisons :  

o   d’abord, dans la situation actuelle du pays, l’osmose entre l’Administration de l’Etat, au plan technique et l’Assemblée nationale qui représente le peuple, permet encore d’accompagner notre démocratie ;  

o   en deuxième lieu, l’insuffisance des ressources nationales est tellement criarde que la santé, l’éducation, l’emploi des jeunes et la sécurité en pâtissent. Si une deuxième chambre était inopportune hier, elle l’est encore plus aujourd’hui, dans un contexte d’appauvrissement accéléré des Sénégalais. On a vite oublié la modernisation de l’habitat social et le déplacement salutaire des populations habitant dans des cuvettes inondées, vers des zones plus salubres. En réalité, le retour au Sénat est une pirouette de plus pour caser des politiciens laissés en rade sur la route cahoteuse du Sopi.  

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l’AFP réitère son opposition totale au projet de Sénat, qui heurte frontalement l’éthique et le bon sens.  

Ici et maintenant, la consolidation de notre démocratie passe plutôt par le respect scrupuleux de notre Constitution, de nos lois et de nos règlements et, par conséquent, l’organisation d’élections transparentes, sincères et libres, dans le cadre du calendrier républicain. A cet égard, le Bureau politique de l’AFP a réaffirmé sa totale adhésion à l’ensemble des mesures déjà prises au sein du CPC et de CLARTE NE LEER, sur la base des études réalisées par les plénipotentiaires des différents partis de l’opposition qui ont déjà consacré plusieurs séances au dossier électoral.  

En ce qui concerne la vie du parti, le Bureau politique exhorte les camarades étudiants et élèves des Universités, des Lycées et des Collèges à mettre à profil la période d’inscription sur les listes électorales pour s’inscrire massivement et mobiliser tous les sympathisants élèves et étudiants en vue de mettre un terme, aux prochaines échéances, au régime de Me Abdoulaye Wade.  

Enfin, le Bureau politique se félicite de la participation des camarades :  

o             Falilou Kane, Secrétaire National chargé des Relations Extérieures, au symposium international organisé par le Rassemblement constitutionnel démocratique (R.C.D.) sur «l’Etat au 21e siècle », qui s’est tenu les 8 et 9 novembre 2005 à Tunis ;  

o             Bouna Mohamed Seck, Secrétaire National chargé des Elections, à la table ronde des partis politiques de la République Démocratique du Congo ( R.D.C.) sur la future loi électorale, qui s’est déroulée les 9 et 10 novembre 2005 à Kinshasa ;

o             Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités et Léopold Diouf, de la Section AFP des Etats - Unis, au Congrès du Parti socialiste français, qui se tient du 18 au 20 novembre au Mans.

   

Fait à Dakar, le 17 novembre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP