Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 17 avril 2003

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 17 avril 2003 sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des activités, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, en mission à l'étranger, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du parti

Abordant le premier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a estimé que le Gouvernement de Me Wade continue à feindre d'ignorer l'ampleur des difficultés dans lesquelles il a plongé le pays du fait d'une politique où le traitement des vraies questions ne retient pas son attention.

Dans le monde rural, les poches de famine se développent et le bétail, faute d'aliments, risque d'être décimé dans les mois à venir. Le pouvoir actuel attend-il qu'il y ait mort d'hommes pour se décider enfin à avoir recours, avec humilité et responsabilité, à l'aide internationale ? Les enjeux dépassent de loin les états d'âme et les calculs politiciens. Il s'agit non seulement de sauver des vies humaines, mais également de parer à l'effondrement du système de production du monde rural, et par delà celui de l'économie nationale. Pour éviter l'irréparable, il est donc grand temps de prendre à bras le corps les problèmes réels, en distribuant des vivres de soudure, des semences en quantité et qualité suffisantes et des aliments de bétail.

Dans ce contexte, le train de vie de l'État, en considérant notamment les innombrables voyages du Président de la République et la création programmée du Conseil de la République, relèvent d'une insouciance désarmante. Comment, dans ces conditions, les familles des victimes de la tragédie du "Joola" peuvent croire en la bonne foi du pouvoir actuel malgré ses multiples déclarations et dénégations ? Lasses d'attendre, des familles des victimes françaises ont saisi la Justice de leur pays. Le Bureau politique de l'AFP réaffirme que le montant des indemnités doit être réglé par les voies de droit qui sont le corollaire naturel de cette tragédie inédite, dans un pays comme le Sénégal, où le pouvoir clame à tout vent que l'État de droit n'est pas une fiction.

A cet égard, le Gouvernement de Me Wade doit encore des explications aux Sénégalais, après la multiplication des charters qui convoient à Dakar des émigrés. L'on se souvient de la nébuleuse récente des déboutés du droit d'asile et des refoulés de Suisse à laquelle le pouvoir s'est empressé de renoncer, à la suite de l'indignation générale qu'elle a suscitée. Le Bureau politique de l'AFP engage le pouvoir actuel à mettre tout en œuvre pour que ces problèmes soient traités avec transparence, esprit d'humanité et dans le respect des Droits Humains.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a effectué le contrôle des tâches attribuées aux différents Secrétaires nationaux. Le Bureau politique de l'AFP les exhorte à concevoir l'exécution du calendrier des activités, tant au niveau national qu'à la base, avec esprit de méthode et d'organisation, dans la concertation, et avec la participation du plus grand nombre.

Fait à Dakar, le 17avril  2003
Le Bureau Politique de l’AFP