Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 15 décembre 2005

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 15 décembre 2005, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

Situation nationale ;
Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a longuement examiné le climat délétère dans lequel se trouve englué notre pays. Au moment où le monde paysan s'interroge sur le futur et sur son avenir immédiat, au moment où nos principales unités industrielles s'essoufflent, au moment où le front social s'embrase dangereusement, au moment où le désespoir conduit nombre de jeunes Sénégalais à tenter l'aventure de l'émigration clandestine, au moment où les règles les plus élémentaires qui fondent l'Etat de droit sont bafouées, le gouvernement de Me Abdoulaye Wade est en situation de chômage technique, oisiveté insouciante due aux tentatives de pacification du parti-Etat qui prend eau de toutes parts.

L'incertitude qui plane sur les conséquences de la privatisation de la Sonacos ne semble guère préoccuper les tenants du pouvoir qui tardent à communiquer le prix de l'arachide au producteur, ceux-ci préférant s'en tenir aux estimations tournant autour de 105 F le Kg. A ce jour, les multiples interrogations des paysans sont demeurées sans réponses. Les travailleurs de la Sonacos eux-mêmes, ne savent plus à quel saint se vouer, parce que le gouvernement se révèle incapable de respecter ses engagements, en finançant les nombreuses demandes de départ. En outre, le pillage, la gabégie et l'incompétence inouïe qu'ont subi les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) menacent gravement l'équilibre de ce fleuron de la coopération Sud-Sud et les emplois de ses 2.500 travailleurs. Le Bureau politique de l'Afp exige du gouvernement de Me Wade qu'il s'attelle en extrême urgence au traitement de tous ces dossiers qui ont des implications directes sur l'économie nationale et sur le quotidien des Sénégalais.

Par ailleurs, les nombreux délestages de la Sénélec provoquent des désagréments fréquents qui affectent la vie des ménages et les équipements industriels. En outre, ces dernières semaines, la qualité de l'essence distribuée aggrave le phénomène de la pollution automobile et est directement responsable de la recrudescence des maladies pulmonaires. Cette situation est d'autant plus gênante que les infrastructures sanitaires sont laissées à l'abandon, à l'image de l'hôpital Aristide Le Dantec, dont l'agonie semble être délibérément programmée. C'est ce moment qui est choisi pour délester le budget de la santé de quelque 9 milliards.

Précisément, la montée des périls est parallèle à l'expression de la demande sociale qui émane de plusieurs secteurs. Les tensions que connaît ces derniers jours le système éducatif sénégalais ne sont guère rassurantes. A l'Université Cheikh Anta Diop comme à l'Université Gaston Berger le feu couve car, non seulement l'augmentation des effectifs n'a pas été suivie de mesures d'accompagnements idoines, mais, comme d'habitude, de nombreuses promesses n'ont pas été respectées. A Tambacounda et à Ziguinchor, les événements ont pris une tournure tragique, dans la mesure où l'on déplore respectivement un mort et des blessés par balles réelles. Le Bureau politique de l'Afp engage le gouvernement de Me Wade à faire preuve de sang-froid et à négocier avec diligence et sincérité avec les protagonistes de ces crises perlées, qui ne sont que l'expression d'un malaise général qui a gagné tout le pays.

Dans un tel contexte, au lieu d'organiser l'escalade, le gouvernement de Me Wade doit préserver l'Etat de droit et réfréner des réflexes totalitaires d'un autre âge. Après le harcèlement inacceptable dont la presse fait l'objet, voilà que l'Ordre des Avocats subit, à son tour, des agressions qui mettent en cause les droits élémentaires de la défense. Le Bureau politique condamne énergiquement ces dérives qui orientent notre pays dans la voie de la régression démocratique. Qu'il s'agisse des organes de presse, des avocats ou de l'auteur d'un livre, les libertés et les droits reconnus par notre Charte fondamentale ne sauraient être remis en question. Et l'existence de la loi Ezzan ne constitue guère un obstacle au devoir de mémoire et de vérité.

D'ailleurs, à chaque rebondissement de l'affaire Me Sèye, le Bureau politique de l'AFP a pris position pour le triomphe de la vérité. Il en fut ainsi de la grâce accordée aux assassins jugés par une Cour d'Assises, de l'indemnisation de la famille et du vote de la Loi Ezzan. Sous l'éclairage de ces données, il est évident que Maître Abdoulaye Wade doit s'expliquer sur les allégations contenues dans le livre de M. Abdou Latif Coulibaly. De même, les services de l'Etat doivent veiller à la sécurité et à l'intégrité physique de l'auteur.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'Afp s'est penché sur l'état de mobilisation des militants en vue de leur participation massive au grand meeting national de Clarté Na Leer du 17 décembre 2005. Le Bureau politique de l'Afp engage toutes les structures du parti de la région de Dakar à faire preuve de détermination, pour contribuer au succès du déroulement de ce premier jalon du plan d'actions de la vaste coalition de l'opposition. En effet, la résistance contre le duvaliérisme sahélien est un devoir patriotique. Le Bureau politique de l'Afp met en garde le gouvernement de Me Wade contre toute provocation, dont les conséquences lui seront entièrement imputées.

Le Bureau politique a, enfin, accueilli avec plaisir les camarades de la coordination AFP de la région de Ziguinchor, comme membres du Bureau, conformément aux statuts du parti, à la suite de leur élection, le 10 décembre 2005, au rang de dirigeants des instances de cette région. Il s'agit, plus précisément, de M. Sylvain Alphonse Boyer, Secrétaire général régional, de Mme Fatou Badji Aris, Présidente régionale, de M. Gilbert Lambal, 1er adjoint régional et de M. Jules Bassène, Secrétaire général régional des jeunes de l'AFP.

Le Bureau politique a souhaité la bienvenue à ces camarades et les a félicités pour le choix porté sur eux par les structures de base et qui les a conduits à venir occuper les places que le Congrès du Parti avait réservées à cette région.

Le Bureau politique de l'AFP a salué l'esprit démocratique qui a prévalu tout au long des opérations organisées à la base. Celles-ci ont permis, dans le département de Bignona et Oussouye comme dans le département et dans la commune de Ziguinchor, de finaliser ce processus.

   

Fait à Dakar, le 15 décembre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP