Communiqué du Bureau politique de l'AFP

Jeudi 13 octobre 2005

 

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le jeudi 13 octobre 2005, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination et des Activités du parti, en l’absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission à l’étranger, autour de l’ordre du jour suivant : 

1.                       Situation nationale ;

2.                       Vie du Parti.

 

Le  Bureau politique de l’AFP a passé en revue la situation nationale caractérisée par un malaise profond. Face à la multiplication de scandales financiers, à l’incurie asphyxiante, à l’insalubrité et aux épidémies, les interrogations des Sénégalais et des observateurs internationaux demeurent sans réponse. Malgré le tableau idyllique dépeint par le pouvoir en place, la pauvreté est en train de conquérir tous les espaces, y compris le bassin arachidier naguère pourvoyeur d’emplois, pour d’autres régions et même pour certains pays limitrophes. 

La rentrée scolaire et universitaire en cours n’échappe pas à l’étau de la malgouvernance. Dans l’enseignement élémentaire, le taux de scolarisation  risque de connaître une baisse drastique, du fait de l’appauvrissement des ménages. L’insalubrité qui a gagné les écoles ne saurait être couplé plus longtemps avec le manque d’eau, dont les conséquences peuvent être dramatiques dans le contexte de l’épidémie de choléra que le gouvernement continue de minimiser, et qui affecte notamment les enfants. En ce qui concerne l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les projections relatives aux effectifs attendus, achèvent de démontrer que le ratio enseignants-enseignés ne favorisera plus des conditions de travail exigées par tout système éducatif sérieux.

 Cet environnement peu attractif n’épargne pas les secteurs du tourisme, de la pêche et de l’agriculture. Le monde rural ne finit pas de subir le corollaire de la destruction de la filière arachidière, victime de la disparition du capital semencier, de la non-maîtrise de la carte variétale, de la dissolution de la Sonagraines suivie de l’intervention d’opérateurs véreux, qui ont privé les paysans de revenus réguliers et conséquents. La privatisation laborieuse de la Sonacos, ajoutera aux problèmes de commercialisation et de financement. Les paysans risquent de subir les rigueurs d’une libéralisation mal enclenchée, où ni le Conseil national interprofessionnel pour l’arachide  (CNIA), ni le gouvernement n’auront aucune emprise sur le prix aux producteurs. Dans ce contexte, on peut légitimement se demander si le repreneur s’intéressera  à l’achat des graines, en proposant un prix rémunérateur.

 Le pouvoir en place devrait tirer les leçons de tous ces choix inefficaces, en ayant une perception de l’Etat qui l’éloigne des luttes d’influence féroces entre intérêts privés nationaux ou étrangers, au détriment de l’intérêt général. Dans le même ordre d’idées, en matière de politique extérieure, le pouvoir en place doit appliquer un principe universel et élémentaire qui dicte les choix en fonction de l’intérêt national. Les déclarations intempestives et l’agitation stérile n’ont pas leur place dans la gestion de dossiers sensibles, dès lors que des données géopolitiques entrent en jeu. Nul n’a le droit de remettre en question la sécurité de notre pays, en développant une stratégie de confrontation avec nos voisins, qui mène à toutes les aventures.  

Naguère, des régimes décadents ont échoué dans leurs tentatives de mettre un voile sur les problèmes intérieurs, en instrumentalisant le réflexe nationaliste. 

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a engagé les responsables des 4 départements de Dakar, à participer avec méthode,  le 15 octobre prochain à l’installation des structures décentralisées de « CLARTE NA LEER ». Cet acte d’une grande portée démocratique et patriotique participe de la surveillance du processus électoral, que le pouvoir en place est en train de vider de son contenu, pour échapper à la sanction populaire.


Fait à Dakar, le 13 octobre 2005
Le Bureau politique de l’AFP