Communiqué du Bureau politique de l'AFP 

Jeudi 10 novembre 2005

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Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le jeudi 10 novembre 2005, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

1.   Situation nationale ;

2.   Vie du Parti.

Le Bureau politique s’est penché sur d’importants dossiers concernant :

1.                           la situation du monde paysan à la veille de l’ouverture officielle de la campagne de commercialisation des produits agricoles que sont : l’arachide, le mil, le riz local, le maïs et les productions de l’horticulture dans la Vallée du Fleuve Sénégal et dans la zone des Niayes ;

2.                           l’administration du cadre de vie des populations, notamment l’état des mécanismes d’enlèvement et de gestion des ordures ménagères ;

3.                           les maladies infectieuses et en particulier, les mesures à prendre pour lutter contre les fléaux du paludisme et du choléra, qui sévissent dans les villes et dans les campagnes ;

4.                           le chômage des jeunes Sénégalais et les prolongements sur les flux d’émigration marqués d’incertitudes, d’insécurité et d’errance pour des milliers d’Africains ;

5.                           les lenteurs et les questions sans réponses que se posent les Sénégalais au sujet de la conduite du processus électoral.

6.                           la situation politique créée à la suite de rumeurs concernant la santé du Président de la République et sur les relations heurtées entre le pouvoir et la presse privée.

Le Bureau politique de l’AFP après une analyse approfondie, sereine et objective de chacun de ces dossiers, tient à souligner que chacun des problèmes posés, dans les divers domaines, au Sénégal et aux Sénégalais, a une solution.

Gouverner étant pour l’essentiel, l’exercice d’un pouvoir qui se fonde sur la prévision, le sens de l’intérêt général et la capacité d’évaluation nécessaire des données et grilles d’analyses des problèmes à résoudre, le Bureau politique de l’AFP estime que doivent être bannies du paysage politique sénégalais les initiatives entreprises sans étude préalables de faisabilité technique, les décisions spontanées à seuls effets d’annonce et les promesses et projets sans lendemain.

Ainsi,  le prix au producteur de l’arachide, projeté autour de 100 francs le kilogramme, s’ajoute à la proposition d’achat de seulement 200.000 tonnes d’arachide d’huilerie par l’ensemble des industriels (Sonacos 200.000 tonnes, Novasen 70.000) pour une production nationale que le Ministère chargé de l’Agriculture estime à 820.000 tonnes. Ces données à leur tour viennent aggraver la situation sociale délétère qui prévaut au sein de la Sonacos dont les travailleurs annoncent le boycott du traitement de la campagne en cours, notamment si le gouvernement ne règle pas la facture de 11 milliards,  coût des départs négociés figurant dans l’accord signé par deux Ministres et parfaitement exécutoire.

Ce sont là quelques uns des maux dont souffre la filière du fait de la responsabilité entière du gouvernement qui n’a eu de cesse, depuis septembre 2001, de prendre des mesures menant à la disparition de la culture de l’arachide au Sénégal qui fait pourtant vivre, directement ou indirectement, 60% des sénégalais, en particulier dans les zones rurales.

Par ailleurs, comme prévu et annoncé par tous les observateurs objectif de la filière arachide, la privatisation de la SONACOS  subit actuellement, et depuis la prise de fonction des nouveaux dirigeants du groupe en avril 2005, les contre coups d’un processus raté que le gouvernement doit revoir entièrement comme il l’a fait pour la Sénélec sans que cela ne soit justifié outre mesure ou pour la société AMA  chargée de la collecte et du traitement des ordures ménagères de Dakar.

Le blocage du plan social, la mévente d’huiles brutes imprudemment stockées à des fins spéculatives en Europe, depuis plusieurs mois, la mévente des tourteaux non détoxifiés faute de disponibilité d’ammoniac après la rupture unilatérale, par la direction de la Sonacos, des contrats sur citernes sécurisées, l’absence de débouchés externes pour les produits finis faute de partenaires, perte de parts importantes de marchés sur la consommation locale des huiles raffinées face à la concurrence insupportable depuis la suppression, par le gouvernement, de la taxation des huiles raffinées importées d’Asie et de la sous région qui sont, en outre, de qualité très douteuse, sont autant de réalités regrettables à corriger en urgence.

Au surplus, le gouvernement vient de lâcher les spéculateurs générés par le régime de l’alternance et sa triste idéologie de libéralisation derrière les producteurs en raison du retard constaté dans la mise en place des financements et dans le démarrage effectif d’une campagne à venir.

Pour le Bureau Politique de l’AFP, la question fondamentale qui se pose aujourd’hui est celle de la survie de l’économie rurale de notre pays qui est en train de péricliter sans autre alternative que celles proposées par le gouvernement en l'absence d’étude, dans l’improvisation totale et qui ont vite fait de montrer leurs limites, comme les programmes Mais, Manioc et autres Bissap. 

Par ailleurs, selon l’analyse faite par le Bureau politique de l’AFP, en ce qui concerne les questions de santé et de salubrité, il existe une corrélation directe entre le déficit de la politique gouvernementale en matière d’assainissement et la survenance des endémies comme le paludisme et le choléra.

En effet, depuis plus d’une année et malgré les dénégations officielles, il est aujourd’hui établi et reconnu que le choléra fait des ravages au Sénégal pendant que des citoyennes et citoyens meurent en grand nombre de paludisme et, particulièrement de neuropaludisme .

Les déclarations de principe ne suffisent plus pour faire face à une telle situation. Il convient de prendre des mesures préventives et des dispositions pratiques pour faire face à ce fléau d’autant que les progrès de la médecine, lorsqu’ils sont mis en œuvre avec intelligence, permettent d’atteindre un tel objectif, dans le but de protéger les populations s sénégalaises dans un cadre sain et dans un environnement maîtrisé.

S’agissant du processus électoral, il est regrettable de constater que les autorités en place, à commencer par le Chef de l’Etat lui-même, semblent vouloir tout entreprendre pour que ne se tiennent pas au Sénégal et à date échue, des élections régulières et transparentes notamment en ce qui concerne les élections législatives au mois de mai 2006.

Le Bureau politique de l’AFP réaffirme, dans une parfaite solidarité avec les patriotes sénégalais et dans le cadre du front qui s’est constitué pour veiller au respect du calendrier républicain, sa détermination sans faille pour refuser tout report des élections programmées de même que tout projet tendant à coupler les élections présidentielles au scrutin législatif .

De ce fait, l’AFP ne ménagera aucun effort pour apporter sa contribution à toute initiative destinée à faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et celles du code électoral portant organisation des élections au Sénégal.

Sur un autre plan, le Bureau politique de l’AFP, analysant la situation créée par les rumeurs distillées sur la santé du Président de la république, estime que la responsabilité en incombe entièrement au Gouvernement qui doit tenir les Sénégalais mieux informés des actes et déplacements du Chef de l’Etat.

Les sénégalais sont, en effet, en droit d’exiger du Président de la République qu’ils ont librement élu, la transparence aussi bien dans la gestion des dossiers de l’État que pour ce qui concerne ses activités quotidiennes, notamment lors de ses déplacements à l’étranger.

Examinant les rapports entre le pouvoir et la presse privée sénégalaise, le Bureau politique a tenu à féliciter le Secrétaire Général de l’AFP pour l’initiative prise de rendre visite au Président Babacar Touré et à l’ensemble des journalistes du groupe Sud Com, le mercredi 2 novembre dernier, pour leur manifester la solidarité actives des citoyens dans leur combat pour la liberté de la pensée et d’expression.

C’est pourquoi, l ’Alliance des Forces de Progrès tient à réaffirmer, avec le Secrétaire général du parti, son soutien à l’endroit de la presse privée de notre pays dont le rôle a été déterminant dans  l’élargissement et l’approfondissement des acquis démocratiques.

Enfin, sur ce chapitre, le Bureau politique dénonce les mesures arbitraires et contraires à la Constitution que le gouvernement a prises pour interdire le « Sit in  » prévu devant l’Ambassade de Gambie, du Collectif des journalistes pour la défense de la liberté de presse. Le gouvernement poursuit ainsi sa fuite en avant dans ses tentatives de museler l’expression pacifique des citoyens, en faisant de la possibilité d’exercer le droit de marche, que Me Abdoulaye Wade avait bruyamment inscrite dans la nouvelle Constitution, une exception devenue rare.

Concernant la vie du parti, le Bureau politique a apprécié positivement les résultats des concertations libres qui se sont déroulées entre les responsables des quatre délégations de la région pour la mise en place des instances régionales de Ziguinchor.

A cet égard, le Bureau politique de l’AFP a retenu la date du 10 décembre 2005 pour l’installation de la CA et du bureau des instances de  la région de Ziguinchor, en présence d’une importante délégation représentant la direction du parti.

 

 

Fait à Dakar, le 10 novembre 2005

Le Bureau Politique de l'AFP