Communiqué du Bureau Politique de L'AFP

Jeudi 10 avril 2003


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 10 avril 2003 sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du Parti.

Abordant le premier point de l'ordre du jour, le Bureau Politique a examiné l'allocution du Président de la République à l'occasion de la commémoration du 43è anniversaire de l'accession de notre pays à l'indépendance. Le Bureau Politique regrette que le Président de la République n'ait pas pu, une fois de plus, se décider enfin à s'atteler à la mise en œuvre de politiques méthodiquement élaborées au service exclusif de l'intérêt général.

C'est cette incapacité qui a abouti à la vaine tentative de travestissement de notre histoire récente. Il est impossible d' effacer le rôle déterminant que l'Alliance des Forces de Progrès a joué dans la victoire du 19 mars 2000. Par ailleurs, le Premier Ministre Moustapha Niasse a guidé les premiers pas du gouvernement de l'alternance en s'employant à faire respecter les promesses électorales et à endiguer, dès les premières semaines, nombre de dérives.

Aujourd'hui, les urgences s'articulent autour de l'arrêt de la régression démocratique en cours et de la solution des nombreux problèmes qui assaillent les Sénégalais, toutes couches confondues.

Comment peut-on ignorer que l'ouverture démocratique qui a facilité l'alternance a été mise sous le boisseau, avec à la clef l'organisation d'élections frauduleuses ? C'est bien là que se situent les racines de la frilosité qui entoure le débat sur l'instauration de la CENI et la refonte du fichier électoral.

Comment peut-on ignorer que le monde rural s'est installé dans la famine ? Comment ne pas voir ces nombreuses carcasses d'animaux le long de nos routes nationales qui nous renvoient l'image d'un cheptel à bout de souffle, que les éleveurs n'hésitent pas à brader ? Dans ce contexte, le placebo d'un million de tonnes de maïs, réduit à 250 mille c'est à dire à un quart une semaine après, n'est pas seulement dérisoire. Comme pour les projets mirifiques, c'est une diversion de plus. Toutefois, avec le projet de texte relatif à la nouvelle loi d'orientation agricole, c'est le coup de grâce qui est froidement programmé pour achever le monde rural, en le plongeant dans les profondeurs abyssales du dénuement et du servage, pour le laisser à la merci de nouveaux seigneurs engendrés par un libéralisme au profil archaïque.

En ce qui concerne l'emploi, notamment celui des jeunes, les chiffres reconnus par le Président de la République constituent non seulement un aveu d'échec, mais confirment également l'impossibilité de régler ce problème crucial avec des méthodes bureaucratiques et partisanes.

Ce manque de lucidité dans les choix transparaît dans toute la vie économique de notre pays. Les consommateurs comme le patronat sont victimes d'une politique fiscale inopérante qui freine l'investissement et la relance. Le malaise qui prévaut dans l'administration de la justice constitue un autre obstacle à l'instauration d'un environnement incitatif. Il appartient au gouvernement de Maître Wade de respecter les engagements souscrits avec les acteurs de la justice, pour favoriser la consolidation de l'Etat de droit.

Le dialogue doit être la méthode privilégiée dans la gestion des conflits sociaux, notamment dans les secteurs de l'éducation et de la santé. Le Bureau Politique de l'AFP tient le gouvernement de Maître Wade pour l'unique responsable de l'année blanche qui menace l'école sénégalaise.

La même stratégie de diversion continue d'être utilisée dans la gestion de la tragédie du bateau le " Joola ", notamment en ce qui concerne l'indemnisation des rescapés et des familles des victimes. Le Bureau Politique de l'AFP encourage le CPC à rencontrer le Collectif des Familles des Victimes qui fait l'objet d'un harcèlement illégal de la part du gouvernement de Maître Wade. Le renflouage et le remorquage de l'épave participent d'un devoir de mémoire. Le pouvoir actuel ne peut se dérober.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau Politique de l'AFP engage les responsables et toutes les instances du parti à se pénétrer, dans la démarche et dans les actes, des idéaux qui ont été à la base de l'appel du 16 juin 1999. Ce socle moral et les textes fondamentaux du parti constituent le viatique qui accompagne la construction d'un puissant outil au service des populations, qui attendent la fin de la nuit noire.

Fait à Dakar, le 10 avril  2003
Le Bureau Politique de l’AFP