DECLARATION SUR LA SUPPRESSION
DE LA TAXATION DES HUILES RAFFINEES IMPORTEES 

Le gouvernement a pris une mesure de suppression de la taxation des huiles raffinées importées.

Cette mesure entre dans le cadre de la mise en œuvre de la " Lettre de Développement de la Filière Arachide " que le gouvernement a signée, en 2003, avec les Bailleurs et dans laquelle il s'est engagé, entre autres, à poursuivre le désengagement de l'Etat des activités de commercialisation primaire de la production arachide ; à réviser la réglementation de la commercialisation des arachides ; à supprimer les prélèvements sur les huiles raffinées importées et à finaliser la privatisation de la Sonacos.

Le gouvernement livre ainsi les huiles localement raffinées, en particulier celles provenant de la production d'arachide, jusqu'alors légitimement protégées, à la concurrence sauvage et inégale des huiles végétales raffinées importées, dont les prix bénéficient de larges économies d'échelle, en plus des subventions dont elles profitent souvent dans leurs pays d'origine.

Une deuxième mesure a été prise par le gouvernement, tout récemment, visant à supprimer la taxation des huiles raffinées arachide localement produites. Cette mesure est destinée à faire croire que la baisse du prix à la consommation de l'huile arachide raffinée qui en résulterait rendrait compétitive cette huile face aux huiles végétales importées.

Alors que le gap de compétitivité s'aggravera, de toute façon, et portera le dernier coup fatal à toute la filière arachide, déjà gravement atteinte en amont par la disparition du capital semencier et par la politique ultra-libérale déployée, depuis fin 2001, par le gouvernement de Me Abdoulaye Wade.

Les conséquences seront catastrophiques tant pour l'emploi dans les unités industrielles de transformation de l'arachide que pour toute la filière, l'absence de débouché industriel signifiant des prix au producteur très bas, et, de ce fait, le dépérissement inévitable de l'ensemble.

Aussi, l'Alliance des Forces de Progrès exprime-t-elle sa solidarité agissante envers les travailleurs des établissements industriels de la Sonacos qui ont manifesté leur inquiétude légitime, ces jours derniers, par des marches de protestation.

L'AFP condamne et fustige l'inconscience et l'irresponsabilité dont fait montre encore le gouvernement de Me Abdoulaye Wade, en prenant une telle mesure qui va parachever le plan de destruction d'une filière qui représente l'épine dorsale de l'économie de notre pays.


Fait à Dakar, le 16 juillet 2004
Le Bureau politique de l’AFP