Communique du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi 8 août   2002

 

Le Bureau politique de l'A.F.P s'est réuni le jeudi 8 août 2002, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti. Lors de sa séance, le Bureau politique a examiné l'ordre du jour suivant :

  • Examen de la situation nationale
  • Vie du parti

Le combat pour la démocratie que l'AFP et son leader, M. Moustapha Niasse, ont entrepris s'inspire du souci de respecter les engagements pris et de la volonté de rester mobilisés au service du peuple en général et des masses déshéritées en particulier.

Sur le détournement d'objectifs des 6 milliards de la SONACOS, perpétré il y a plus d'un an, les échecs de la privatisation de la SENELEC et de la politique énergétique, sur les déficits budgétaires et enfin sur le drame du monde paysan, la vérité a éclaté au grand jour et donne aujourd'hui raison à M. Niasse, à l'AFP et aux patriotes sincères qui, loin des considérations de politique politicienne et de recherche effrénée de sinécures, avaient prédit ce que tout le monde admet à présent. Ainsi, le Sénégal connaît une famine aux conséquences terribles pour l'ensemble des populations. La faute n'est pas à chercher ailleurs. Seul Maître Abdoulaye Wade et son Gouvernement en portent la responsabilité devant l'histoire et devant le peuple sénégalais.

En effet, en l'espace de moins de trois années, le Président de la République a précipité, par une politique dépourvue de vision et de tout contact avec la réalité nationale, le monde rural dans un véritable gouffre. Les conséquences immédiates de cette crise sont connues : l'exode rural, la désintégration de l'économie nationale, l'approfondissement des déséquilibres entre la ville et la campagne, avec comme corollaire, l'insécurité urbaine, la grande pauvreté partout dans le pays.

Le Bureau Politique rappelle que depuis août 2001, l'A.F.P n'a cessé d'attirer l'attention du Gouvernement de Maître Abdoulaye Wade, sur la politique programmée d'abandon des paysans. Aujourd'hui, confondu par les paysans eux-mêmes, le Gouvernement passe aux aveux. Le Bureau politique dénonce la politique populiste en cours qui a consisté à trouver quelques boucs- émissaires, pour évacuer la lourde responsabilité de Maître Wade en personne sur les causes et les conséquences de la famine. Pendant ce temps, les membres du Gouvernement sont en congé et voyagent à l'étranger alors que l'administration publique est sans budget.

Evoquant la détérioration drastique des termes du débat politique, qui vient de s'illustrer par les attaques proférées par le Chef de l'Etat contre le rapport du PNUD sur le développement humain ainsi que les rapports de l'Union Européenne, de la Coopération suisse et de Transparency International sur la corruption au Sénégal, le Bureau Politique tire la conclusion que le spectre d'un goulag intellectuel menace la démocratie sénégalaise.

C'est pourquoi, le Bureau politique de l'A.F.P dénonce la violence, par laquelle le Président de la République s'en prend aux protagonistes et animateurs du débat sur la situation nationale au Sénégal. En effet, les exemples ne se comptent plus, où Maître Abdoulaye Wade, faisant fi des règles élémentaires du protocole, a inconsidérément attaqué des représentants d'organismes publics et privés, de partis politiques, des leaders, de syndicats, du patronat et des travailleurs, des personnalités de la société civile, des universitaires et des journalistes, dont le seul tort est de ne pas verser dans la flagornerie et le culte de la personnalité. L'intimidation et l'autoritarisme archaïques qui ont accompagné les sorties du Chef de l'Etat, sont l'expression d'un recul manifeste du débat intellectuel, devant des institutions du développement et des partenaires extérieurs de bonne foi.

Le Bureau Politique de l'A.F.P fait observer au Chef de l'État, qu'un pouvoir bâti sur la vérité, articule sa démarche sur l'autorité de l'argument et non sur les arguments d'autorité. En conséquence, le Bureau politique exhorte l'ensemble des acteurs de la vie politique à lutter pour sauvegarder la liberté d'opinion et de conscience dans notre pays, malgré les dérives causées par les adeptes de la pensée unique.

Examinant l'ampleur de la corruption qui sévit dans notre pays, le Bureau Politique de l'A.F.P. réaffirme que des cas avérés, connus et reconnus, sont en train de gangrener l'économie du Sénégal, parce qu'ils éloignent l'investissement privé national et étranger. Les marchés de gré à gré se font dans de ténébreuses conditions.

Pour le triomphe d'une alternative à cet échec patent, le Bureau politique de l'A.F.P réitère son adhésion à une politique de large rassemblement des forces démocratiques socialistes et de gauche pour sauver le Sénégal d'un enlisement grave que les médias d'État instrumentalisés, tentent vainement de masquer.

Par ailleurs, le Bureau Politique de l'A.F.P suit avec une très grande satisfaction et une fierté légitime l'évolution positive et favorable à la paix, du dossier congolais, sous la conduite de M. Moustapha Niasse et a tenu à saluer la réalisation, à Prétoria, d'un Accord de paix entre la République Démocratique du Congo et la République de Rwanda, signé à Prétoria, le 30 juillet 2002, comme étape importante vers l'Accord inclusif et global devant mettre fin à la crise congolaise.

Enfin, le Bureau politique de l'AFP engage les militants et responsables politiques à la base à assurer une bonne exécution du programme de vacances du Progrès.

Dakar, le 8 août  2002

Le Bureau Politique de l'AFP