Communique du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi 26 septembre  2002

 

Le Bureau Politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 26 septembre 2002, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur national, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

  • Situation politique nationale
  • Vie du parti

Abordant le premier de l'ordre du jour, le bureau politique s'est penché une fois de plus sur la situation dramatique du monde rural. La distribution lente, insuffisante et désordonnée des vivres de soudure n'a pas permis de pallier, en temps utile le déficit alimentaire criard que le gouvernement de Maître Wade s'est évertué à masquer avec des mots.

La même culture de la manipulation s'est exprimée à propos de la politique économique, notamment du taux de croissance et du déficit budgétaire. A cela s'ajoute un encours de crédit impayé, à la date du 11 septembre 2002, de 21 milliards 450 millions de francs CFA, soit la moitié du principal de 42 milliards 900 millions CFA de la dette contractée suite à l'appel public à l'épargne par émission de bons du Trésor lancé le 28 septembre 2001, pour une durée de six mois à un an, à un taux d'intérêt de 5 à 7,5%

Il serait surprenant que le déficit actuel des finances publiques ainsi que l'état de l'économie permettent le remboursement à l'échéance du 28 septembre 2002 d'autant que, dans le programme d'émission de bons et obligations du Trésor des Etats membres de l'UEMOA, le Sénégal envisage d'intervenir au cours du troisième trimestre (juillet-août- septembre 2002), par adjudication, aux taux multiples, pour un montant de 21 milliards 500 millions de francs CFA.

Au cas où ce nouvel emprunt serait destiné à rembourser le précédent, non seulement il risque de coûter plus cher, mais il devrait être difficile à réaliser sans remettre en cause les principes de base des autorités monétaires.

Au demeurant, en dépit des récentes dénégations et mises au point du Ministre de l'Economie et des Finances tendant de répondre aux appréciations de l'opposition et des économistes indépendants sur les mauvaises performances de l'économie sénégalaise, le gouvernement n'a aucune politique économique pour une juste répartition des fruits de la croissance, encore moins de la résorption du chômage des jeunes et des moins jeunes et une réduction significative de la pauvreté.

Ces difficultés s'étalent au grand jour dans un contexte où les relations du gouvernement de Maître Wade avec les Bailleurs de fonds sont de plus en plus tendues, suite à des choix incongrus et opaques, alors que dans le même temps on assiste à une désagrégation totale du secteur agricole et du tissu industriel.

L'année 2003 sera probablement une année de récession. Récession qui risque d'être amplifiée par les perspectives d'évolution en baisse de l'économie mondiale, de la hausse des cours du pétrole brut en cas d'attaque de l'IRAK et, plus récemment, de la situation en Côte d'Ivoire dont l'économie représente 40% de l'ensemble UEMOA.

A ce stade, la politique du verbe connaît toutes ces limites.

D'autres urgences frappent à nos portes à la veille de la rentrée scolaire et universitaire, avec des perspectives sombres. Face à la dégradation des conditions de travail et à la paupérisation croissante des acteurs du système éducatif, le gouvernement de Maître Wade se contente, encore une fois, de gesticulations et promesses dérisoires, alors que l'école sénégalaise est asphyxiée par la non satisfaction des besoins élémentaires comme l'encadrement pédagogique minimal , l'insalubrité des locaux, les programmes incohérents . De guère lasse, plusieurs organisations syndicales d'enseignants ont déposé des préavis de grève qui annonce une rentrée laborieuse.

Ces tensions ne sont rien d'autre que les prémices qui annoncent l'embrasement généralisé du Front social, car les travailleurs et les populations en ont assez des errements d'un gouvernement pour qui la parole donnée n'a aucune signification.

A cet égard, les diversions autour d'un remaniement ou d'un changement de Premier Ministre ont une portée nulle.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a effectué les derniers réglages relatifs au programme de Vacances du Progrès dont l'exécution se poursuivra le samedi 28 septembre 2002, à Saint-Louis, sous la présidence effective de Monsieur Moustapha Niasse, Secrétaire général de l'AFP.

En ce qui concerne la situation internationale, le Bureau politique s'est penché sur les derniers développements en république sœur de Côte d'Ivoire. Le Bureau de l'AFP réaffirme son attachement à la dévolution démocratique du pouvoir par les urnes et condamne la violence comme méthode de règlement des conflits. Le Bureau politique invite le Président de la République, Maître Abdoulaye Wade, à accomplir son devoir en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO et à faire preuve de la mesure et de la sagesse que commandent la complexité et la délicatesse d'un tel dossier.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP condamne avec la dernière énergie l'acharnement insensé dont fait preuve le gouvernement d'Ariel Sharon et exige l'arrêt de la violence dont Son Excellence le Président Yasser Arafat, Président de l'Autorité palestinienne et ses collaborateurs font l'objet jusque dans leur quartier général de Ramallah.

 

Dakar, le 26 septembre 2002

Le Bureau Politique de l'AFP