Communique du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi 18 juillet 2002

 

Le Bureau Politique de l'A.F.P s'est réuni le jeudi 19 juillet 2002 sous la présidence de son Coordonnateur National, M. Madieyna Diouf, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission à l'étranger. Lors de cette séance, le Bureau politique a examiné l'ordre du jour suivant :

  • Situation nationale
  • Vie du Parti.

Le Bureau Politique exprime sa vive préoccupation face à la détérioration progressive de l'image de la diplomatie sénégalaise. Cette perte de crédit, qui porte la marque du Président Wade, expose notre pays à de graves périls. Malgré les effets d'annonce et le martelage médiatique, digne de l'époque de Ceausescu, des tensions régulières caractérisent les relations entre le Sénégal et les bailleurs de fonds, le Sénégal et ses voisins, le Sénégal avec des pays frères africains. Le dernier exemple en date, qui est le résultat des maladresses de Maître Wade sur la crise malgache, traduit des actes irréfléchis, pris en dehors des dispositions consensuelles du Sommet des Chefs d'État qui, lors de leur rencontre de Dakar, d'Addis-Abeba et de Durban, avaient entériné des propositions de gestion concertée de ce dossier épineux.

Le Bureau Politique dénonce la précipitation par laquelle Maître Wade tente, sans raison, de contourner ses pairs d'Afrique. Des exemples de cette nature ont abouti, comme dans la conduite du dossier du NEPAD, de son fameux pacte africain contre le terrorisme et aujourd'hui la gestion de la crise malgache, à des conflits affligeants. Ces crises, à l'image de l'affaire des cent mannequins, qui se terminent par de plates excuses, ternissent l'image de notre pays et participent à un isolement, préjudiciable à l'entente entre les États, la coopération internationale et la solidarité.

Sur ce plan, le Bureau Politique rappelle à l'attention de Maître Wade, que le prestige de la diplomatie sénégalaise est le fruit d'efforts consentis par plusieurs générations de Sénégalais, d'hommes d'Etat, d'intellectuels et de personnalités religieuses qui ont hissé le Sénégal à une hauteur, sans commune mesure avec ses performances économiques

Le Bureau Politique de l'AFP fait observer au Chef de l'Etat que la diplomatie est un précieux auxiliaire de développement, qu'il se doit de préserver, à défaut d'augmenter ce patrimoine, par ailleurs indispensable à la paix et la cohésion et à travailler dans le sens du maintien de cet outil irremplaçable.

Enfin, le Bureau Politique de l'AFP a salué la naissance de l'Union Africaine après avoir enregistré la communication faite sur ce sujet par la camarade Falilou Kane.

Le Bureau Politique constate en toute objectivité que l'amateurisme de Maître Wade précipite le Sénégal vers une situation, qui a déjà compromis la solution des épineux problèmes de développement et de la lutte contre la grande pauvreté.

En effet en plusieurs occasions, le Bureau Politique a attiré l'attention des autorités sur l'importance stratégique d'une solution réfléchie sur la SENELEC, qui se trouve face à une impasse, hypothéquant toute politique énergétique d'amélioration de la productivité dans les entreprises et les services. Le Bureau Politique de l'AFP invite le gouvernement à admettre humblement ses errements sur ce dossier. Après avoir caché la vérité au peuple sénégalais, tenu un double langage aux bailleurs de fonds, Maître Wade et son gouvernement se sont résolus, suite aux vaines et inutiles acrobaties, à la résignation devant un échec patent, que les entreprises et les ménages payent et continueront de payer, à travers des factures lourdes et des délestages intempestifs. L'État aura investi 126 milliards, pour une opération qui s'est avérée être un fiasco total : 46 milliards, pour une séparation à l'amiable, 40 milliards pour payer les fournisseurs et 40 milliards pour l'augmentation du capital de l'entreprise

Evaluant la situation économique et sociale, le Bureau Politique s'inquiète des risques de famine dans le monde rural. Le Bureau Politique dénonce le cynisme, par lequel le Directeur de la Sonacos et le Ministre de l'Agriculture ont voulu évacuer la lourde responsabilité du Gouvernement dans la gestion catastrophique de la filière arachidière. Aucun opérateur économique, aucun secteur ne peut assumer la responsabilité de l'État dans sa politique d'abandon des paysans sénégalais. Où était le Gouvernement, quand, dans les marchés hebdomadaires, des spéculateurs achetaient aux paysans, 60 francs le kilogramme d'arachide, alors que le prix officiel est de 120 francs ? Où était l'État, quand, ces mêmes usuriers prenaient à de vils prix le mil aux paysans, qu'ils revendent aujourd'hui à 220 francs le kilogramme ? Quid des missions de protection et de régulation de l'État ?

Le laxisme du Gouvernement de Me Abdoulaye Wade est patent.

Cette politique s'observe dans la gestion du conflit du trafic transgambien. Le Bureau Politique insiste pour rappeler, que la solution à ce problème est la construction d'un pont sur le fleuve Gambie et l'établissement de relations de coopération franche et fructueuse qui prennent en charge les intérêts des deux pays et peuples frères. Les études techniques et de faisabilité existent à ce sujet et ont été finalisées sous la supervision de l'OMVG. Les dossiers d'appels d'offres sont disponibles depuis longtemps.

Pour le moment, les abondantes récoltes fruitières en Casamance pourrissent, faute de moyens et surtout du fait de l'inexistence du trafic maritime, interrompu depuis de très longs mois, du fait de l'incurie et de l'incompétence caractérisée du Gouvernement de Me Abdoulaye Wade.

Il devient insupportable à cet égard d'entendre le président Wade parler dans de pareilles conditions d'un projet, reliant l'Afrique à l'Europe, par un tunnel Sic ! Si ce n'est pas de l'insouciance par rapport aux malheurs et à la souffrance des populations sénégalaises, cela lui ressemble fort bien.

A cet égard, on peut citer le projet mirifique de construction d'un port à Saint-Louis, le projet d'un port dit du troisième millénaire à Dakar, le projet de chemin de fer à grand écartement sur Dakar-Bamako via Kédougou, le projet de route Dakar-Abidjan, le projet de l'Université du futur, le projet d'une Université des sports et loisirs, celui d'une usine de plats cuisinés ainsi que le projet de construction d'un aéroport international sur le site de Diass.

Par ailleurs, le Bureau Politique dénonce les visées malsaines de domestication que recherche le pouvoir boulimique de Me Wade sur l'IPRES. Il exhorte les représentants d'organisations de travailleurs à plus de vigilance. Sur le plan social, le Bureau Politique manifeste, aux grévistes de la faim du Programme nutritionnel communautaire, sa solidarité et souhaite un dénouement rapide et heureux de cette grave crise sociale.

Enfin avant de clôturer ses travaux, le Bureau Politique a entendu une importante communication sur la structuration du parti et félicite les camarades pour leur dévouement et leur expertise.

Dakar, le 18 juillet 2002

Le Bureau Politique de l'AFP